L'Observatoire des précarités tire un bilan «très positif» après 4 ans
En 2020, la pandémie de coronavirus avait révélé au grand jour l'ampleur de la précarité en Suisse. Deux ans plus tard, la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL/HES-SO) créait un observatoire dédié à cette thématique.
Aujourd'hui, alors que la structure vient de fêter ses quatre ans, sa responsable, Emilie Rosenstein fait le point. Elle se rappelle:
Un bilan très positif
Dans la continuité de la crise sanitaire, la HETSL avait fondé l'Observatoire des précarités en mai 2022 par envie de «garder la précarité en lumière et de fédérer ses acteurs autour d'une cause commune». Quatre ans plus tard, la responsable en tire un bilan «très positif»:
Elle se réjouit également de l'intérêt citoyen qui n'a pas fléchi:
Entre recherche et terrain
Les objectifs de la structure sont multiples et consistent entre autres à comprendre les mécanismes qui créent la précarité, à rendre l'action sociale plus adéquate et à favoriser la cohésion sociale. Emilie Rosenstein résume:
Depuis sa création, l'Observatoire a contribué à la réalisation de 17 études, dont treize mandatées par des administrations publiques ou des associations. Plusieurs portent sur le thème du non-recours aux prestations sociales, à l'instar du mandat confié par la Direction générale de la cohésion sociale de l'Etat de Vaud pour mieux comprendre les causes et conséquences du non-recours à l'aide sociale.
L'Observatoire est également actif sur le thème du logement. Il a par exemple été sollicité par la Ville de Lausanne pour organiser une journée consacrée au sans-abrisme en septembre 2022. Emilie Rosenstein souligne:
Large spectre de compétences
L'équipe opérationnelle, constituée de la responsable et de deux adjointes scientifiques, répond aussi bien aux demandes d'associations locales qu'à des défis scientifiques d’envergure. L'Observatoire porte ainsi un projet de recherche financée par le Fonds national pour la recherche scientifique (FNS) dans le cadre du programme «Covid et société». Emilie Rosenstein remarque:
Une des caractéristiques de l'Observatoire réside aussi dans sa dimension participative. «Tous les points de vue sont bienvenus, y compris ceux des citoyens», insiste la responsable. Des personnes en situation de précarité se manifestent parfois, se réjouit Emilie Rosenstein:
Des problématiques toujours d'actualité
Aujourd'hui, alors que le souvenir du Covid s'estompe dans les esprits, l'Observatoire des précarités reste d'actualité. Inflation, crise du logement, guerre en Ukraine ou encore transformation du marché du travail mettent sous pression les personnes en situation précaire ainsi que les professionnels qui les accompagnent. Emilie Rosenstein constate:
L'équipe ne manque d'ailleurs pas de projets. Parmi ceux-ci, on peut mentionner la rédaction d'une charte contre le non-recours aux prestations sociales, des travaux sur la thématique des expulsions et la perte du logement, ainsi qu'un futur chantier sur le secteur bas-seuil. (btr/ats)
