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La Suisse est-elle soudée? Les UDC en doutent fortement

Quel est l'état du lien social en Suisse? Cette étude répond.
La cohésion en Suisse est forte dans les quartiers résidentiels, mais les pôles politiques s'éloignent les uns des autres.Image: Keystone / Getty, montage watson

Des UDC peuvent être amis avec des gens du PS (c'est prouvé)

Les Suisses s'inquiètent de l'unité de leur pays. Cependant, à l'échelle locale, l'entraide persiste, transcendant les clivages partisans et les divergences politiques, comme le révèle une nouvelle étude.
07.02.2026, 07:0107.02.2026, 07:01
Vera Leuenberger / ch media

Une discussion dans les escaliers, une conversation à la caisse de la Migros, une partie de Jass au bistrot ou un entraînement au club de sport; voilà ce qui unit les habitants de la Suisse. Parallèlement, la polarisation sociale se renforce et devient un défi croissant.

Une nouvelle enquête met en lumière cette réalité: dans leur quartier, les Suisses se sentent très proches de leurs voisins. En revanche, sur le plan national, les clivages politiques s'accentuent. Cela, bien que des amitiés transpartisanes soient plus courantes qu'on ne le pense.

C'est ce que révèle une enquête menée par l'institut de recherche Sotomo, commandée par la brasserie Feldschlösschen. 2500 personnes ont été interrogées, représentant les différentes régions linguistiques et la population dans son ensemble.

Des liens sociaux fragiles à l'échelle nationale

Les résultats montrent que, dans leur propre quartier, plus de 60% des participants jugent le lien social «plutôt fort» à «très fort». Toutefois, à une échelle plus large, seuls 39% partagent ce sentiment positif.

Près des deux tiers des sondés estiment que la cohésion sociale en Suisse est «plutôt faible». Environ la moitié d'entre eux juge que les crises géopolitiques et la situation mondiale tendue renforcent cette fracture.

Les perceptions de la cohésion varient selon des lignes de clivage bien connues: entre la gauche et la droite, les riches et les pauvres, les immigrés et les locaux, ainsi qu'à travers les frontières linguistiques.

Les personnes à revenu élevé, celles ayant un niveau d'éducation supérieur ou les immigrés évaluent la cohésion en Suisse de manière plus positive. Cependant, ces derniers constatent un manque de lien entre eux et la population autochtone.

Les fractures sociales se creusent

Les partisans de la droite, notamment de l'UDC, sont particulièrement pessimistes. A peine un quart d'entre eux perçoivent une cohésion «plutôt forte» entre les Suisses, un chiffre bien inférieur à celui des sympathisants des partis de centre-gauche.

Comparées à l'année dernière, les fractures nationales semblent s'être accentuées. Les participants jugent particulièrement plus faible la cohésion entre les femmes et les hommes, la gauche et la droite, ainsi qu'entre les riches et les pauvres.

Seule la relation entre la ville et la campagne est perçue de manière plus positive qu'auparavant.

Ces résultats rejoignent ceux d'une étude précédente menée par le think tank Pro Futuris l'année dernière, qui indiquait que, bien que la Suisse reste attachée à l'idéal d'un dialogue démocratique, elle se heurte de plus en plus à la polarisation. La volonté d'exclure les opinions opposées se renforce.

Cependant, le Baromètre Feldschlösschen semble contredire cette tendance. Près des deux tiers des sondés affirment entretenir des amitiés solides au-delà des frontières politiques. Plus encore, ils considèrent ces relations comme enrichissantes et affirment aborder les divergences d'opinions de manière ouverte et apaisée.

Des rapprochements, mais aussi des difficultés

L'étude révèle également des données intéressantes sur les connexions interpartisanes. Par exemple, 10% des personnes proches de l'UDC ont une amitié avec un sympathisant du PS. De même, environ 15% des personnes de gauche entretiennent des amitiés avec des individus de droite.

Malgré ces amitiés, un nombre considérable de participants mentionne des tensions dans leur environnement personnel. Plus de 40% ressentent les thèmes politiques comme un fardeau dans leurs interactions quotidiennes. Parmi les sujets les plus sources de conflit figurent l'immigration, la question de l'Europe et la politique climatique.

L'importance de la démocratie

L'enquête explore aussi les solutions potentielles pour combler ces fractures. En plus des lieux de rencontre, une majorité considère la démocratie directe comme un pilier essentiel de la cohésion sociale. 80% estiment qu'ils contribuent à cette cohésion en participant aux votations. Cependant, cette autoévaluation semble optimiste: le taux de participation effectif aux urnes se situe généralement entre 40 et 50%.

Cela pourrait expliquer pourquoi les résultats des votations en Suisse sont de plus en plus rarement acceptés par la population. Un tiers des sondés partagent cette perception.

En outre, beaucoup se retrouvent frustrés par les résultats des votations. C'est particulièrement le cas chez les électeurs des partis polarisants, qui comptent souvent parmi les «perdants» des référendums.

Ainsi, environ un tiers des électeurs du PS et des Verts se sentent régulièrement déçus après les dimanches de votation. Chez l'UDC, ce chiffre dépasse même les 40%.

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