Suisse
UDC

Pas de Suisse à 10 millions: l’UDC veut sanctionner Beat Jans

L’UDC exige des sanctions contre ce conseiller fédéral

Le ministre de la Justice s’est présenté lundi aux côtés de deux représentants de l’économie et de deux représentants syndicaux pour s’opposer à l’initiative de l’UDC. Le parti veut désormais sanctionner Jans, faute de quoi les apparitions du Conseil fédéral risqueraient de dégénérer.
18.03.2026, 11:4118.03.2026, 11:58
Othmar von Matt / ch media

Lundi, la tribune était exceptionnellement fournie, comme rarement lors d’une conférence de presse du Conseil fédéral avant une votation. Pas moins de cinq personnes ont pris place autour du ministre de Justice et Police, Beat Jans. Elles s’opposaient à l’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions d’habitants», sur laquelle les Suisses se prononceront le 14 juin.

Fabio Regazzi, Praesident Schweizerischer Gewerbeverband sgv, Severin Moser, Praesident Schweizerischer Arbeitgeberverband SAV, Markus Dieth, Praesident Konferenz der Kantonsregierungen KdK, Bundesrat ...
Fabio Regazzi, président de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), Severin Moser, président de l'Union patronale suisse (UPS), Markus Dieth, président de la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC), le conseiller fédéral Beat Jans, Pierre-Yves Maillard, président de l'Union syndicale suisse (USS), et Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse.Keystone

Markus Dieth, président de la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC), était également présent. A ses côtés figuraient deux représentants syndicaux: Pierre-Yves Maillard, président de l’Union syndicale suisse, et Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse. Deux représentants de l’économie participaient aussi: Fabio Regazzi, président de l’Union suisse des arts et métiers, et Severin Moser, président de l’Union patronale suisse.

Pour l’UDC, c’en était trop. «L’apparition de Beat Jans était clairement contraire à la Constitution et à la loi», a critiqué le chef du groupe UDC au Parlement auprès de TeleZüri:

«Cela aura des conséquences politiques»

Jans aurait fait de la politique «avec ses copains syndicalistes de gauche». Pour Thomas Aeschi, «ce n’est pas digne d’un conseiller fédéral. Le Conseil fédéral doit sanctionner Beat Jans» et le gouvernement devrait lui retirer ce dossier.

Thomas Aeschi, Fraktionspraesident SVP Schweiz und Nationalrat SVP-ZG, spricht waehrend der Delegiertenversammlung der Schweizerischen Volkspartei SVP, fotografiert am Samstag, 25. Oktober 2025 in Wim ...
Thomas Aeschi, président du groupe UDC au Conseil national.Keystone

Mardi, le chef du groupe UDC a déposé une interpellation. Le conseiller fédéral Jans aurait enfreint les directives du gouvernement pour les interventions avant les votations, écrit-il. Il demande:

«Quelles sanctions le Conseil fédéral dans son ensemble entend-il prendre à l’encontre du conseiller fédéral socialiste Jans?»

Thomas Aeschi reproche à Beat Jans d’avoir fait intervenir des invités extérieurs à l’administration fédérale. Il estime en outre que lundi, celui-ci a «manifestement mené une campagne, au lieu de s’en tenir à l’information du Conseil fédéral».

Quelles sont les directives applicables aux conseillers fédéraux?

Dans un document du 10 décembre 2024, la Chancellerie fédérale précise les «principes de base de l’information avant les votations». Elle y cite les bases légales. Ainsi, l’article 10a de la loi fédérale sur les droits politiques prévoit que le Conseil fédéral «présente les principales positions exprimées dans le processus parlementaire». La Chancellerie en conclut que le gouvernement doit également tenir compte des positions opposées.

Les directives recommandent en outre de «renoncer autant que possible à inviter des intervenants extérieurs à l’administration fédérale» lors des conférences de presse du Conseil fédéral consacrées aux votations.

En revanche, les représentants de la Conférence des gouvernements cantonaux peuvent s’exprimer en cas «d’implication notable». La situation est différente pour les conférences spécialisées cantonales: elles sont explicitement exclues de ce type de conférences de presse.

En 2014, trois conseillers fédéraux étaient intervenus ensemble

Il n’est pas inédit qu’un membre du Conseil fédéral convie des représentants syndicaux et économiques à une conférence de presse liée à une votation. En 2020, la ministre de la Justice de l’époque, Karin Keller-Sutter, avait procédé de la même manière dans le cadre de l’initiative de limitation de l’UDC. Elle s’était présentée aux côtés de Benedikt Würth, alors président de la CdC, ainsi qu’avec deux représentants syndicaux et deux représentants de l’économie.

En 2014, lors de l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse, la ministre de Justice et Police, Simonetta Sommaruga, avait opté pour une présentation irréprochable. Elle était apparue avec les conseillers fédéraux Johann Schneider-Ammann et Didier Burkhalter, ainsi qu’avec le président de la CdC Pascal Broulis. Les partenaires sociaux n’étaient pas présents.

La présence conjointe de trois conseillers fédéraux avait alors une forte portée symbolique. «On s’est demandé si le fait que le Conseil fédéral apparaisse aujourd’hui à trois n’était pas un signe de nervosité», avait commencé la conseillère fédérale au début de la conférence de presse, avant d’ajouter: «Nous vous laissons bien sûr en juger.» L’initiative, qui visait à réguler l’immigration par des contingents et des plafonds, avait été acceptée de justesse avec 50,3% de oui.

L'UDC se montre désormais plus modéré

Face à nos questions, Thomas Aeschi adopte désormais un ton plus conciliant. Il commence par souligner:

«Beat Jans a clairement enfreint les directives du Conseil fédéral, notamment l’obligation de prendre en compte de manière appropriée la position opposée. En tant que conseiller fédéral, on doit informer de manière objective et non de façon unilatérale et orientée.»

Mais ajoute toutefois: «Je pense que c’était un faux pas de Beat Jans. Il n’est pas encore depuis très longtemps au Conseil fédéral. A l’avenir, il respectera certainement les lignes directrices du gouvernement.» Il ne s’empêche pas une pique:

«On a parfois l’impression qu’il est encore davantage un politicien de parti qu’un conseiller fédéral»

Il est important que Beat Jans fasse preuve de discipline, insiste-t-il. Sans cela, les campagnes de votation menées par des conseillers fédéraux risqueraient de dégénérer. «Sinon, Albert Rösti se retrouvera lors de la conférence de presse sur le contre-projet à l’initiative Blackout aux côtés du secteur de l’électricité.»

Au Département fédéral de justice, on ne reconnaît aucune faute: «Le Conseil fédéral a informé de manière objective.» Lors de la conférence de presse, Beat Jans a au moins consacré trois phrases aux objectifs des initiants et le communiqué de presse leur réserve au moins son dernier paragraphe. (trad. hun)

Voici à quoi ressemblent les nouveaux emojis Apple
1 / 10
Voici à quoi ressemblent les nouveaux emojis Apple

Le coffre au trésor

source: emojipedia
partager sur Facebookpartager sur X
C'est le grand retour des années 2000
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
1
«Et là, on apprend qu'un élève est concerné»: la syndique de Chiètres raconte
L’incendie du car postal à Chiètres la semaine dernière a complètement pris la commune au dépourvu. La syndique Andrea Kaufmann se confie.
Andrea Kaufmann, syndique de Chiètres, rentrait chez elle mardi après le travail lorsqu’elle a appris le dramatique incendie d'un car postal. En l’espace de quelques minutes, il a fallu gérer la crise et soutenir les équipes d’intervention. Celles-ci sont désormais reparties, mais le travail des autorités se poursuit. L'élue raconte.
L’article