Voici sur quoi bute l'identification des victimes de Crans-Montana
Après l’incendie meurtrier survenu à Crans-Montana, l’identification des victimes est une priorité afin que les gens qui ont perdu la trace d’un proche présent sur les lieux du drame puissent obtenir des certitudes le plus rapidement possible. Mais la tâche s’annonce complexe et devrait, selon la procureure générale du Valais, Béatrice Pilloud, encore durer «un certain temps». Et ce, malgré le déploiement de moyens «considérables», comme elle l’a indiqué jeudi soir.
Cinq facteurs majeurs compliquent l’identification et entraînent une attente prolongée, comme le rapporte le Tages-Anzeiger.
Les incendies posent des difficultés particulières
Les brûlures subies par de nombreuses victimes sont si sévères qu’elles ne sont plus reconnaissables. Même des moyens d’identification habituellement fiables, comme les empreintes digitales, ne peuvent plus être utilisés. Dans de nombreux cas, il est donc nécessaire de recourir à des analyses ADN et de les comparer à celles de proches potentiels. Une procédure longue et éprouvante pour les familles.
L'âge des victimes
La reconnaissance visuelle par un proche ne suffit plus, en règle générale, à établir une identification formelle, en raison des erreurs qu’elle a pu entraîner par le passé. Les experts privilégient désormais des méthodes plus fiables, comme l’identification par implants médicaux ou dentaires dotés de numéros de série. A Crans-Montana, de nombreuses victimes sont très jeunes, et donc moins susceptibles de porter ce type d’implants. Cette réalité complique le travail des autorités et allonge les délais d’identification.
Des victimes originaires de nombreux pays
Les difficultés d'identification s’accentuent lorsque les victimes sont originaires de l’étranger. C’est le cas à Crans-Montana: selon les autorités, de nombreux clients étrangers figurent parmi les personnes touchées. Des victimes françaises et italiennes ont notamment été confirmées. Le transport des échantillons prend du temps et les méthodes d’analyse varient selon les pays, ce qui peut entraîner des retards supplémentaires.
Listes de personnes manquantes
Contrairement à d’autres catastrophes, comme les accidents aériens, aucune liste des personnes présentes n’existe dans le cas d’un bar librement accessible. Il est donc impossible de savoir précisément qui se trouvait sur place et à quel moment. Cette incertitude pousse davantage de proches à se manifester, ce qui alourdit encore la tâche des enquêteurs.
Un grand nombre de victimes dans un endroit reculé en vacances
La situation devient un scénario du pire pour la médecine légale lorsqu’un événement survient dans un lieu difficilement accessible, en pleine période de vacances, et fait de nombreux blessés et morts. Les difficultés apparaissent dès la récupération et le transfert des victimes. Ici, elles sont réparties entre plusieurs hôpitaux suisses et étrangers.
En principe, une tomodensitométrie est nécessaire pour rechercher des implants ou d’autres éléments distinctifs. Ce qui est routinier lors d’un accident de la route devient un problème majeur de ressources lorsqu’il s’agit de dizaines de victimes. Si de nombreux touristes sont concernés, il faut en outre collecter des profils dentaires ou des échantillons ADN à l’étranger, sous une forte pression pour obtenir rapidement des résultats.
L’identification des victimes est un processus particulièrement sensible. Toute erreur doit être exclue avec une certitude absolue. Dans des conditions aussi difficiles que celles observées à Crans-Montana, ce travail ne peut donc qu’être long. (con, adapt jah)
