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CdM: «Murat Yakin, c’est comme une cigarette après l’amour»

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Un podcast du New York Times est tombé amoureux de Murat Yakin et des Suisses en général.image: watson

«Murat Yakin ressemble à une cigarette après l’amour»

Dans un podcast du New York Times, le célèbre critique ciné Welsey Morris et le journaliste Pablo Torre dissertent sur la Coupe du monde, qu’ils considèrent comme le blockbuster de l’été. Et la Nati y joue un rôle plutôt rigolo: «J’ai arrêté de compter tous les Suisses dont tu es tombé amoureux».
17.07.2026, 11:5717.07.2026, 11:57

Le football, c’est du grand cinoche. On ne parle pas uniquement ici des simagrées et de l’art de la simulation des joueurs sur la pelouse. Quand les Américains se retrouvent emportés, chez eux, au pays du base-ball, dans le tourbillon de la Coupe du monde, ça donne parfois lieu à des envolées romanesques plutôt originales.

Exemple aujourd’hui avec le podcast baptisé Cannonball, du prestigieux New York Times: «Des dégaines et des allures de stars de cinéma, d’incroyables séquences au ralenti et une émotion digne d'un opéra qui font de ce tournoi un spectacle immanquable». Carrément.

Ce podcast est piloté par le célèbre critique de cinéma Wesley Morris. Pour vous situer le bonhomme, sachez simplement qu’il est le seul récipiendaire de deux prix Pulitzer de la critique. Dans l’épisode publié dans la nuit de jeudi à vendredi, Wesley papote de la Coupe du monde avec un autre prix Pulitzer (décidément), à savoir le journaliste Pablo Torre. Ici, pas d’analyse de but ni de véritable commentaire footballistique. On cause ballon rond comme du dernier Christopher Nolan, avec «des matchs dignes d'un Oscar».

Il faut dire que les stars charismatiques n’ont pas manqué cette année. Au micro de Cannonball, le binôme s’arrête d’abord sur le cas du Norvégien Haaland, chouchou incontesté de ce Mondial, qu’il décrit comme un acteur potentiel des films Die Hard.

KEYPIX - Norway's Erling Haaland gets off the plane after his national soccer team landed at Oslo Airport, in Gardermoen, Norway, Monday, July 13, 2026. (KEYSTONE/Jan Langhaug/NTB Scanpix via AP)
Le «Cyborg» et son raton-laveur empaillé, de retour des USA.Image: AP NTB Scanpix

Très vite, les punchlines fusent:

Pablo Torre:

«C’est quoi son problème au Viking blond? »

Wesley Morris:

«Je veux dire, il cherche à obtenir un rôle dans le film Die Hard 5»

Pablo:

«Son incroyable chevelure... Il est adorable en vrai»

Welsey:

«Hans Gruber a appelé. Il a besoin de son homme de main»

Pablo:

«Si seulement Hans Gruber avait eu la même précision avec son crâne…»

Wesley:

«Ce film aurait duré sept minutes»

Pour Pablo Torre, suivre un match de la Coupe du monde depuis les tribunes, c’est comme regarder les Avengers dans un cinéma climatisé. Des phrases de jeu qui font penser à «Captain America qui s'empare du marteau de Thor et tout le monde dans la salle de cinéma perd la tête».

Wesley embraie en faisant remarquer que le Mondial a même réussi à «éclipser le mariage people du siècle» entre Taylor Swift et Travis Kelce et que Ronaldo a «définitivement tout de la grande star hollywoodienne» avec sa «mâchoire carrée».

Il faut dire que les Américains n’ont pas tant l’habitude du théâtre proposé par les joueurs de foot quand il cherche la faute ou demande une sanction à l’arbitre «comme si quelqu’un dans la rue criait au secours, police, on m’a volé mon sac!». De vrais acteurs.

«La différence entre la NBA et le football, c'est que le jeu d'acteur n'est pas nécessaire en NBA. Et quand il intervient, c'est de mauvais goût. Les arbitres de basketball ne se laissent pas berner»
Wesley Morris
«C’est un peu agaçant d’assister à cela et de se dire qu’il n’y a pas eu faute. C’est comme une fraude fiscale, non? Voilà votre Oscar!»
Pablo Torre
«Cette théâtralité semble à la fois encouragée par l’histoire du football et culturellement rétrograde je trouve»
Wesley Morris

Le cas Murat Yakin

Puis, soudain, la Nati déboule dans le film que se font les deux podcasteurs, comme un antihéros qu’on n’attendait pas. «J’aimerais parler de Murat Yakin, l’entraîneur suisse», balance alors Wesley Morris. «Mmmmmh, quelle attraction», renchérit son interlocuteur. S’en suit une courte digression sur le sélectionneur suisse:

Wesley

«J'adore regarder Murat Yakin. Il est… comment dire… comme la cigarette qu'on fume après l'amour. C'est l’impression qu'il me fait. Avec ses lunettes à monture épaisse et ses cheveux gris plaqués en arrière, il n'a rien d'un beau gosse»

Pablo

«Il est récalcitrant»

Wesley:

«Il ressemble un peu à Javier Bardem, mais en même temps pas du tout à Javier Bardem. C'est… je ne sais pas. C'est juste que certains entraîneurs entraîneurs, avec leur look… Murat, lui, il porte un blazer et un t-shirt et ça donne vraiment un look très marquant»

Pablo:

«C’est une véritable icône de la mode. C’est souvent le cas dans le football... surtout face à la tyrannie de l’abominable pull à col zippé qui a longtemps dominé la NBA»

Le binôme s’est aussi lâché sur le sélectionneur argentin des Etats-Unis:

Wesley:

«Mauricio Pochettino n’est pas sport chic. C’est plutôt un service de conciergerie de boutique-hôtel»

Pablo:

«Ouais, c’est un peu le style à dire: voici les trois restaurants les plus en vogue en ville, je peux vous réserver une table si vous voulez»

Wesley:

«Tout le monde dit qu’il ressemble à Russell Crowe, mais genre Russell Crowe à l’époque des Misérables»

Pablo:

«Comme si Channing Tatum était coincé dans le corps de Russell Crowe»

Wesley:

«Comme si Russell Crowe se retrouvait dans une situation à la 21 Jump Street»

Les cheveux seront aussi abondamment évoqué, notamment en lien avec la coupe de Murat Yakin. «Quelle quantité de lotion a été utilisée durant cette compétition?», «Non, parce que... c’est quand même l’événement le plus important au monde en ce qui concerne les cheveux.», «On veut savoir les marques qui ont été utilisées.», «Pourquoi personne n’a été sponsorisé par une marque pour les cheveux?», «Et toi, Cristiano, c’est quoi ta marque pour les cheveux?».

Enfin, le duo terminera cette conversation en évoquant les Suisses en général, dans un échange lunaire. Alors que Pablo évoque l’époque actuelle, l’Amérique et la politique, il affirme que la Coupe du monde offre une petite bulle qui permet «de regarder des gars frotter leur coude nu contre un autre coude nu et de tomber brièvement amoureux de ce Suisse, le temps d’une journée». Wesley demande alors des précisions:

Wesley:

«De qui parles-tu?»

Pablo:

«J’allais dire que je ne connais pas son nom. C’est peut-être encore un personnage de fiction. Je n’ai pas vérifié»

Wesley:

«Tu parles de mon entraîneur ou de mon arbitre?»

Pablo:

«De toute façon j’ai arrêté de compter tous les Suisses dont tu es tombé amoureux»

Ont-ils évoqué ici le Suisse Sandro Schärer, qui n’a officié qu’en qualité de quatrième arbitre durant cette Coupe du monde? Mystère.

Pour écouter l’entier du dernier épisode de Cannonball, c’est ici.

Victoire historique et dérapage politique de l'Argentine
Video: watson
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