
«Murat Yakin ressemble à une cigarette après l’amour»
Le football, c’est du grand cinoche. On ne parle pas uniquement ici des simagrées et de l’art de la simulation des joueurs sur la pelouse. Quand les Américains se retrouvent emportés, chez eux, au pays du base-ball, dans le tourbillon de la Coupe du monde, ça donne parfois lieu à des envolées romanesques plutôt originales.
Exemple aujourd’hui avec le podcast baptisé Cannonball, du prestigieux New York Times: «Des dégaines et des allures de stars de cinéma, d’incroyables séquences au ralenti et une émotion digne d'un opéra qui font de ce tournoi un spectacle immanquable». Carrément.
Ce podcast est piloté par le célèbre critique de cinéma Wesley Morris. Pour vous situer le bonhomme, sachez simplement qu’il est le seul récipiendaire de deux prix Pulitzer de la critique. Dans l’épisode publié dans la nuit de jeudi à vendredi, Wesley papote de la Coupe du monde avec un autre prix Pulitzer (décidément), à savoir le journaliste Pablo Torre. Ici, pas d’analyse de but ni de véritable commentaire footballistique. On cause ballon rond comme du dernier Christopher Nolan, avec «des matchs dignes d'un Oscar».
Il faut dire que les stars charismatiques n’ont pas manqué cette année. Au micro de Cannonball, le binôme s’arrête d’abord sur le cas du Norvégien Haaland, chouchou incontesté de ce Mondial, qu’il décrit comme un acteur potentiel des films Die Hard.
Très vite, les punchlines fusent:
Pablo Torre:
Wesley Morris:
Pablo:
Welsey:
Pablo:
Wesley:
Pour Pablo Torre, suivre un match de la Coupe du monde depuis les tribunes, c’est comme regarder les Avengers dans un cinéma climatisé. Des phrases de jeu qui font penser à «Captain America qui s'empare du marteau de Thor et tout le monde dans la salle de cinéma perd la tête».
Wesley embraie en faisant remarquer que le Mondial a même réussi à «éclipser le mariage people du siècle» entre Taylor Swift et Travis Kelce et que Ronaldo a «définitivement tout de la grande star hollywoodienne» avec sa «mâchoire carrée».
Il faut dire que les Américains n’ont pas tant l’habitude du théâtre proposé par les joueurs de foot quand il cherche la faute ou demande une sanction à l’arbitre «comme si quelqu’un dans la rue criait au secours, police, on m’a volé mon sac!». De vrais acteurs.
Le cas Murat Yakin
Puis, soudain, la Nati déboule dans le film que se font les deux podcasteurs, comme un antihéros qu’on n’attendait pas. «J’aimerais parler de Murat Yakin, l’entraîneur suisse», balance alors Wesley Morris. «Mmmmmh, quelle attraction», renchérit son interlocuteur. S’en suit une courte digression sur le sélectionneur suisse:
Wesley
Pablo
Wesley:
Pablo:
Le binôme s’est aussi lâché sur le sélectionneur argentin des Etats-Unis:
Wesley:
Pablo:
Wesley:
Pablo:
Wesley:
Les cheveux seront aussi abondamment évoqué, notamment en lien avec la coupe de Murat Yakin. «Quelle quantité de lotion a été utilisée durant cette compétition?», «Non, parce que... c’est quand même l’événement le plus important au monde en ce qui concerne les cheveux.», «On veut savoir les marques qui ont été utilisées.», «Pourquoi personne n’a été sponsorisé par une marque pour les cheveux?», «Et toi, Cristiano, c’est quoi ta marque pour les cheveux?».
Enfin, le duo terminera cette conversation en évoquant les Suisses en général, dans un échange lunaire. Alors que Pablo évoque l’époque actuelle, l’Amérique et la politique, il affirme que la Coupe du monde offre une petite bulle qui permet «de regarder des gars frotter leur coude nu contre un autre coude nu et de tomber brièvement amoureux de ce Suisse, le temps d’une journée». Wesley demande alors des précisions:
Wesley:
Pablo:
Wesley:
Pablo:
Ont-ils évoqué ici le Suisse Sandro Schärer, qui n’a officié qu’en qualité de quatrième arbitre durant cette Coupe du monde? Mystère.
Pour écouter l’entier du dernier épisode de Cannonball, c’est ici.
