«Je voyais la Nati perdre»: cette star fait rire les fans de foot
Chaque levé de sourcil est capital. Aucune voix n’est dispensable. Les mots sont choisis à la pince à épiler. Des ingrédients qui offrent une impressionnante saveur cinématographique aux courtes vidéos d’Achref Tabi sur les réseaux sociaux.
Depuis le début de la Coupe du monde, ce jeune Québécois né en Algérie imagine les débriefs d’après-match pour le plus grand bonheur de sa nuée d’abonnés (plus d’un million sur Instagram et bientôt deux millions sur TikTok). «Messi dans le vestiaire argentin après la victoire de l’Egypte», «le vestiaire du Brésil après l’élimination contre la Norvège». Sa dernière œuvre sur l’Espagne et la Belgique dépasse les trois millions de vues.
Des saynètes inventées de toutes pièces, mais jamais hors de propos, comme autant de petites analyses sportives expresses. Une fois son téléphone en main, Achref est un véritable homme-orchestre hyperactif. L’écriture, les personnages, les (nombreuses) voix, les bruitages, les mimiques, c’est lui. Et les internautes sont à chaque fois subjugués par son aisance.
Il faut avouer que le mec a du talent. Au coup de sifflet final, celui qui se fait appeler «Zequoiza» en ligne n’a besoin que d’une bonne heure de boulot avant d’être en mesure de publier sa nouvelle vidéo: «J’ai la chance de pouvoir écrire très vite», nous explique Achref Tabi par écran interposé.
L’Espagne et la Belgique qui s’engueulent:
On n’est pas très étonné lorsqu’il nous avoue son faible pour le travail de Raymond Devos, Louis de Funès ou encore Gad Elmaleh. L’absurde, la clownerie, un certain sens de l’observation, la bonne émotion au bon moment, des mimiques irrésistibles font de ce jeune comédien l’une des grandes stars de l’humour francophone de la Coupe du monde aux Etats-Unis.
Le plus impressionnant est peut-être l’attention qu’il porte aux voix, surtout celles en fond sonore. Grâce au volume et aux intonations, on a vraiment l’impression d’être dans les vestiaires en compagnie d’uen vingtaine de joueurs: «Je voulais me rapprocher de la réalité. Dans la vraie vie, on est bien sûr entouré de brouhaha, mais également de réactions verbales en marge de la discussion principale», confie le célèbre créateur de contenu.
D’autant que le bonhomme sait de quoi il parle, puisqu’il a joué au football et même arbitré des matchs jusqu’au niveau semi-professionnel au Canada, après des problèmes au genou.
Son avis sur la Nati?
La plupart du temps, dans les commentaires postés sous ses vidéos, les internautes en profitent pour refaire le match. «Oui, c’est marrant. C’est comme si j’incarnais un espace communautaire où les gens se réunissent après le coup de sifflet final pour rire un peu et analyser la rencontre.»
Un univers footballistique bien à lui qui lui a d’ailleurs permis d’élargir son audience il y a quatre ans déjà: «Je savais que j’allais faire des vidéos durant ce tournoi, parce que c’est comme ça que mon succès a véritablement démarré, en 2022.»
Si le ballon rond est la star de ses créations, nous, on a découvert le travail du Montréalais à travers ses vidéos où il s’amuse à donner la parole à des choses inanimées. Des maladies qui se rencontrent à une soirée, les lettres de l’alphabet ou les jours de la semaine en pleine thérapie de groupe, les organes du corps humain qui s’écharpent, une virgule et un point-virgule en pleine discussion, un podcast d’insectes. Comme s’il décidait de laisser son âme d’enfant prendre les commandes de sa créativité.
Un univers carrément absurde et plutôt irrésistible.
Des médicaments découvrent leurs effets secondaires:
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le monde médical est très présent dans son travail. Achref Tabi, qui croit dur comme fer que l’humour «est un remède», vient de terminer son doctorat en pharmacie à l’Université de Montréal. Et il était hors de question que son succès sur les réseaux sociaux le fasse quitter prématurément sa formation.
Maintenant que le diplôme est dans la poche? «On verra. J’ai des envies, bien sûr, mais je fonctionne surtout à l’opportunité et à la passion. Le plus important, c’est de continuer à m’amuser», nous confie celui qui se souvient avoir bricolé ses premières vidéos à l’âge de onze ans déjà, en compagnie de sa petite nièce. «J’ai ça dans le sang, je crois bien.»
On le croit sur parole.
