Ce camp d'été pour riches petits Américains indigne: «C’est absurde»
Oubliez le passeport vacances et ses activités diverses, de la poterie à l'initiation à la grimpe, en passant par les balades en forêts, qui rythment chaque année la pause estival de milliers de petits Suisses. Ce que propose le réseau d'écoles privées Alpha School, basé au Etats-Unis, est d'un tout autre acabit.
Cheval de Troie et omakase
Mais d'abord, plantons le décor. Avec des campus situés dans une douzaine de villes à travers les Etats-Unis, notamment dont Austin, Miami, San Francisco et, tout récemment, Manhattan, Alpha School propose à ses étudiants, de l'école maternelle au lycée, un modèle pédagogique exclusif baptisé le «2 Hour Learning».
Comprenez: les élèves ne consacrent que deux heures par jour à des matières comme la lecture et les mathématiques, sous l'égide de logiciels d'intelligence artificielle. Le reste du temps, l'IA et un «guide» adulte (et non un enseignant), les aident à développer des compétences pratiques dans des domaines tels que l'entrepreneuriat, la prise de parole en public et la culture financière, lors d'ateliers pratiques.
Comptez entre 10 000 et 75 000 dollars de frais de scolarité par an pour profiter de ce concept qui, vous l'imaginez, fait largement polémique parmi les experts et les enseignants américains.
Autant dire tout de suite que, lorsqu'Alpha School organise un camp d'été pour ses têtes blondes, l'organisation n'y va pas dans la dentelle. Direction les Hamptons, site de villégiature huppée au nord-est de l'île de Long Island, dans l'Etat de New York, pour plus de deux mois.
Organisé autour de modules d'une semaine chacun, le camp proposera notamment à ses participants d'apprendre l'art subtil de fabrication des macarons et des cocktails sans alcool, ou encore à réaliser un omakase (un menu de dégustation japonais, réputé pour sa présentation soignée et ses ingrédients de saison) des plus raffinés.
Votre enfant n'est pas trop branché cuisine? Il sera peut-être plutôt sensible au programme de la septième semaine, baptisé «Soirée de concert», qui enseignera à votre marmaille à fabriquer des guitares et des percussions avec des boîtes à cigare.
Et comme cette seule compétence ne suffit pas à survivre en société à l'âge adulte, les élèves seront également initiés, la dernière et neuvième semaine, à la construction d'un véritable cheval de Troie fonctionnel. Lequel finira «brûlé dans un feu de joie sur la plage», selon le site de l'institution.
Coût des opérations, selon Page Six? 4500 dollars la semaine, soit 40 500 pour la totalité du camp, si vous tenez absolument à ce que votre progéniture sache aussi mettre sur pied un musée interactif et surfer sur les vagues comme un professionnel.
Autant dire que ce tarif fait aussi mal que cette zone de peau où vous avez lamentablement oublié d'appliquer de la crème solaire avant une virée en stand up paddle. Y compris parmi de riches Américains ayant les moyens de débourser beaucoup pour se débarrasser de leurs enfants, le temps d'aller se dorer la pilule en Europe ou dans les Bermudes.
«C’est absurde», persifle une maman anonyme auprès de Page Six, avant de faire remarquer: «Un bon camp de vacances coûte environ 15 000 dollars à New York.»
15 000 dollars, c'est vrai que ça change tout. Bon, on en reste au passeport vacances?
