Ce festival barré investit les lieux les plus fous de Genève
Thuy-San, pour ceux qui sortent d'une cryogénisation depuis 2011: c'est quoi l'esprit Antigel?
C’est une sorte de carnaval hivernal qui refuse de rester enfermé dans une seule salle. Pour cette 16ème édition, on investit le Grand Genève jusqu’au 28 février. C’est un festival hybride: on propose du rock, de l’électro, du sport avec l'Antigel Run, et des créations Made in Antigel qui s'ancrent dans la réalité locale. C’est une déclaration d’amour au territoire genevois.
Justement, votre spécialité, c'est de squatter des lieux improbables. Pourquoi ce besoin de «tout casser»?
Ici, la ville entière devient un terrain de jeu géant. On ne veut pas d'un site unique et monotone. On investit une trentaine de lieux insolites: des piscines, des églises, des friches industrielles ou même des parkings. L’idée, c’est que le lieu résonne avec l’artiste.
En parlant de lieux bizarres, vous envoyez des artistes dans le vide cette année?
Exactement! Avec le projet En Plein Ciel, on déplace les lignes. C’est une performance à haute altitude où les musiciens jouent en suspension (sur une grue ou un toit) face à l’horizon. Au Lignon, on aura même un slackliner qui traversera le quartier entre deux immeubles. C’est spectaculaire, mais c’est surtout une invitation à prendre de la hauteur, au propre comme au figuré.
Côté programmation, on retrouve de gros noms. Qui sont les immanquables ?
On mélange les têtes d'affiche internationales et les pépites émergentes. On reçoit par exemple le rappeur culte américain Earl Sweatshirt le 18 février pour un concert rare en Suisse. Il y aura aussi le crooner belgo-égyptien Tamino au Victoria Hall le 22 février, ou encore la pop sophistiquée de The Divine Comedy le 27 février. C'est notre rôle de dénicheur de tendances. On compte aussi sur des artistes réputés, comme Sofiane Pamart, Sébastien Tellier, ou encore Anna Von Hausswolff.
On nous murmure qu'on peut finir le festival dans un bal masqué version Kubrick ?
C'est notre soirée iconique: Extravaganza, le samedi 28 février à la HEAD - Le Cube. On oublie le clubbing classique pour un mélange de performances sensuelles, de voguing et d'immersion totale. Le masque est obligatoire pour entrer. C'est une invitation à l'audace et au lâcher-prise, un peu comme dans Eyes Wide Shut.
Si je suis perdu dans les dates restantes, vous avez une astuce?
Foncez sur l’Antigeloscope sur notre site internet. C’est notre «Tinder» de la programmation. Vous swipez ce qui vous plaît et l’outil vous sort votre sélection personnalisée. C'est rapide, ludique, et vous pouvez réserver votre place en deux clics.
L'aspect le plus bizarre du festival?
On peut finir à un concert dans un tunnel, une usine, un parking, une patinoire, une salle de sport ou au milieu d’un bassin vide.
- Le site web: antigel.ch
- Le programme au complet
- La billetterie
LES INCONTOURNABLES DE WATSON
- TAMINO au Victoria Hall (22 février): Le crooner belgo-égyptien à la voix d'ange investit la plus belle salle de Genève pour un concert solo qui s'annonce suspendu.
- GRAND CENTRAL (jusqu'au 7 mars) Le club éphémère se niche dans un ancien hangar industriel entre la Praille et le Bachet. Antigel x Motel Campo transforment une friche en plateforme nocturne dédiée à l'électro. Programmation qui déboîte: Partiboi69, Héctor Oaks, SPFDJ, Marie Montexier... Des week-ends pour faire la fête jusqu'au bout de la nuit.
- BDRMM À LA PISCINE DU LIGNON (20 février) Un concert de shoegaze britannique... dans une piscine! Le groupe présente son album Microtonic dans ce lieu complètement inattendu. L'acoustique d'une piscine + guitares vaporeuses + électronica = expérience immersive totale.
- La soirée EXTRAVAGANZA: (28 février) Inspirée par l’univers énigmatique du cultissime film de Stanley Kubrick, la soirée s’annonce comme un rituel envoûtant. Si vous n'avez pas de masque, passez à La Mascarade (Rue des Rois). Les détenteurs de billets ont 10% de réduction.
(jod)
