On a testé le grand retour de ce jeu vidéo culte des années 80
Sorti à l’origine sur borne d’arcade en 1988 et développé par le studio japonais Toaplan, l'emblématique Truxton a ensuite été porté sur SEGA Mega Drive l’année suivante en 1989 et sur NEC PC Engine en 1992. Le jeu de l’époque était au format TATE, c’est-à-dire à défilement vertical avec un écran positionné en «portrait» afin d’avoir un affichage plein écran.
Truxton II déboule quant à lui en Arcade en 1992, avant de connaître un unique portage sur FM Towns et FM Marty, ces ordinateurs et consoles de Fujitsu réservés au marché japonais. Ces dernières années, la licence a refait surface avec des portages sur Steam et Nintendo Switch.
Une prise en main classique et efficace
Maintenant que les présentations sont faites, passons à cette suite tant attendue et redoutée. Dès le lancement du jeu, on arrive sur un rapide tutoriel assez efficace et heureusement court, sur la mécanique très classique du jeu. Rien de bien révolutionnaire, mais le module a le mérite d’exister pour les néophytes et les plus jeunes.
On y apprend que détruire des ennemis remplit une jauge EX, permettant de déclencher un tir surpuissant dont la durée dépend du niveau de charge. S’ensuit une rapide revue des bonus de vitesse, des power-ups et des différents types d’armement.
Des modes de jeu complets et un scénario bien ficelé
Truxton Extreme propose plusieurs modes de jeu. Si tous ne sont pas accessibles d’emblée, ils se débloquent très rapidement au fil des parties:
- Heart Starter: un mode invincible cantonné au tout premier niveau. L’intérêt reste très limité.
- Story: les niveaux y sont enrichis d’une intrigue narrée sous forme de bande dessinée.
- Arcade: Pas d’histoire, les niveaux s’enchaînent à l’ancienne
- Team: Mode coop où les vies et bombes sont partagées entre les deux joueurs
- ARENA: Du score attack dans un temps limité
Mention spéciale au mode Story, sa BD apporte une vraie consistance au titre en posant un contexte et des enjeux aussi bien globaux que personnels pour les trois protagonistes (Ash, Bergamot et Cyrilla). Pour tout débloquer, il faudra parcourir les 6 niveaux du jeu avec chacun des trois personnages. N’attendez pas une intrigue d’une complexité folle, mais l’histoire se lit avec plaisir et donne envie d’en voir le bout. Cerise sur le gâteau: terminer les chapitres débloque des visuels dans la galerie ainsi que des modificateurs de jeu.
Les modes de jeu Story et Arcade proposent un classement en ligne pour se mesurer aux joueurs du monde entier. Seule condition, ne pas changer le nombre de vies et de bombes à disposition par défaut, seuls éléments pour ajuster la difficulté en jeu.
Un gameplay simple mais redoutablement efficace
Maintenant, abordons le point le plus important pour un shmup, le gameplay, car il peut être magnifique ou très laid, au final, ce qu’on veut c’est une jouabilité et une précision exemplaires. Truxton Extreme ne déçoit pas de ce côté-là, la hitbox (la zone d’impact) de l’appareil que l’on dirige est assez petite et bien située afin que l’évitement des tirs se fasse de manière précise et sans sensation d’injustice. Le fait de pouvoir régler sa vitesse de déplacement selon le nombre de bonus de vitesse récoltés pourra satisfaire le plus grand nombre.
Le principal grief provient plutôt de la mise en scène 3D des décors et des effets de parallaxe. Les bonus ont tendance à se déplacer légèrement de manière latérale, ce qui s’avère perturbant: en voulant attraper un item, celui-ci peut s’éloigner au pire moment. Au milieu d’un rideau de tirs, cette mécanique peut placer le joueur dans une situation périlleuse, voire provoquer une mort injuste.
Du côté de l’armement, éléments signatures de la série, chaque type de tir possède sa propre couleur et sa trajectoire spécifique (le vaisseau change d’ailleurs de teinte selon le module équipé). Impossible de cumuler les armes, un bonus ramassé écrase le précédent. Il faut donc constamment faire un choix stratégique, conserver son tir actuel ou en changer pour s’adapter à la situation.
Chaque arme alimente sa propre jauge EX au fil des éliminations, utilisable à tout moment pour faire le ménage face aux vagues ennemies trop denses. Les sensations de tir sont excellentes, le rendu visuel pète à l’écran tout en restant très lisible la majeure partie du temps.
Concernant les tirs ennemis, c’est une autre paire de manches. S’ils arborent des couleurs vives bien visibles, il arrive que les étincelles générées par les explosions se confondent avec les projectiles adverses, ce qui nuit à la lisibilité générale.
De plus, certains tirs ennemis sont particulièrement rapides, il faut rester constamment en mouvement. Cela fait partie de l’ADN du genre, mais préparez-vous à voir débarquer des ennemis par l’arrière ou sur les flancs sans toujours pouvoir réagir à temps. Comme dans la grande majorité des shmups, l’apprentissage et le par cœur restent au cœur de la progression.
Un shmup accessible et peu punitif
Si l’on peut qualifier Truxton Extreme de shmup grand public, ce n’est pas tant par sa facilité manette en main que par ses mécaniques purement old-school, choix de l’arme, mémorisation des patterns et déclenchement de bombes au moment opportun. Le plaisir du jeu est immédiat.
De plus, la mort n’est pas trop punitive, lorsqu’on réapparaît, on ne perd qu’un seul niveau de puissance de tir (on ne se retrouve donc pas totalement à poil). En contrepartie, le jeu vous renvoie parfois un peu loin en arrière, ce qui peut agacer.
Les boss de fin de niveau sont tous impressionnants et plus ou moins intéressants à battre. Par exemple, le boss du deuxième niveau tire de gros missiles qui servent de bouclier: au lieu de les détruire immédiatement, il vaut mieux les conserver pour s’abriter lorsqu'il balaye l'écran avec son laser.
Globalement, l’une des techniques qui fonctionne pour la plupart des boss est de cumuler durant tout le niveau des bombes et de les lâcher à chaque salve de tirs trop compliquée, cela enlèvera une grande partie de la barre de vie du boss et facilitera grandement sa destruction.
Plaisir des yeux et des oreilles?
Autant j’avais des choses à dire sur le gameplay et la mécanique de jeu, autant sur la direction artistique côté graphismes, mon avis sera beaucoup moins détaillé car il n’y a pas grand-chose à relever. Notre vaisseau, les ennemis ainsi que les boss sont tous très bien modélisés, de ce côté-là, il n’y a rien à redire. Le jeu propose même une galerie avec tous les modèles 3D qui se débloquent au fur et à mesure des parties jouées et de l’avancement dans les niveaux.
Et justement, du côté des décors, c’est une autre paire de manches, c’est assez fade et très classique, il n’y a clairement pas d’effet waouh du côté des graphismes. C’est même un peu plan-plan, surtout dans les premiers niveaux, mais on est très loin d’un jeu laid, heureusement que la plupart du temps l’écran est rempli de tirs de part et d’autre, cela permet d’apporter un peu de peps à ces défilements de niveaux pas toujours inspirés même si par moment on a droit à quelques rares mouvements de caméra bien sentis.
Masahiro Yuge aux commandes de la BO
Une direction artistique, selon moi, c’est aussi et surtout pour un shmup son habillage sonore. Pour Truxton Extreme c’est un sans-faute! Certaines partitions musicales des anciens titres ont été retravaillées avec brio et d’autres sont entièrement nouvelles et très efficaces. On ne sera pas étonné de ce résultat quand on sait que la partie musicale du jeu a été confiée à Masahiro Yuge, le compositeur historique de la série!
Pour la partie des effets audio, impacts, explosions et récupération d’items, là aussi c’est très efficace, pas agressif pour nos tympans et le tout se distingue bien dans le feu de l’action.
Techniquement, j’ai testé le jeu sur une PS5 Pro, le jeu n’est jamais pris en défaut, tout reste parfaitement fluide, ce qui est la moindre des choses au vu de la puissance de la machine, mais on n’est jamais à l’abri d’une optimisation faite avec les pieds. Heureusement, ici, ce n’est pas le cas. Pour faire aussi court que les chargements des niveaux, il n’y a rien à noter de négatif du côté de la technique.
Verdict
Truxton Extreme est un bon shmup et s’adresse particulièrement aux joueurs qui apprécient le genre sans être des forcenés du 1CC.
Ces joueurs-là pourraient rapidement s’ennuyer en raison de la simplicité de la mécanique de jeu, alors que les joueurs plus occasionnels trouveront un très bon titre afin de se familiariser ou se perfectionner avec le genre, progresser partie après partie, et s’améliorer sans être dans la frustration pure et dure. J’ai vraiment aimé Truxton Extreme malgré son petit côté fainéant que l’on peut ressentir par moment.
Du bon gros shoot old-school sans prise de tête.
Note générale : 7/10
- Prise en main immédiate et sensations de tir excellentes.
- Bande-son excellente composée par Masahiro Yuge.
- Mode Histoire en BD apportant du liant.
- Hitbox précise et courbe de progression sans frustration excessive.
- Fluidité irréprochable (PS5 Pro).
- Décors 3D un peu fades et manque de punch visuel en arrière-plan.
- Effets de parallaxe/3D qui gênent parfois la récupération des items bonus.
- Lisibilité parfois entachée par la confusion entre étincelles d’explosions et tirs ennemis.
- Mécaniques très classiques pouvant décevoir les pros du «bullet hell» moderne.
C'est pour toi si...
- Tu aimes les shmups à l’ancienne
- La simplicité et l’efficacité
Ce n'est pas pour toi si...
- Tu veux du challenge haut niveau
- Tu cherches un shmup innovant
Truxton Extreme - Launch Trailer
Editeur: Clear River Games (Suède)
Date de sortie: 30 Juillet 2026
Classification: PEGI 12
Prix: CHF 24.90 (PlayStation Store) / Démo disponible
Plateformes: PS5, Switch 2, Steam, Xbox, GOG
Testé sur PS5 Pro (clé fournie par l’éditeur)
