Harry et Charles III auraient noué une «alliance secrète»
Voilà des mois que la rumeur d'un réchauffement des relations entre le père et son fils exilé bruisse dans les couloirs feutrés de Buckingham Palace. D'aucuns soupçonnent désormais que cela va même un peu plus loin. Bien que Charles et Harry se soient rencontrés en personne pour la dernière fois en septembre dernier, lors d'un thé d'une cinquantaine de minutes dans la résidence du roi, les échanges iraient bon train de part et d'autre de l'Atlantique.
Le journaliste reconnu du Daily Mail, Richard Eden, évoquait déjà l'automne dernier l'hypothèse d'un «Projet Dégel», visant à faciliter le retour du fils cadet du roi dans la vie publique au Royaume-Uni, avec l'aide d'un groupe de fonctionnaires de Sa Majesté.
Désormais, c'est au tour de l'expert royal chevronné du Daily Beast, Tom Sykes, de soupçonner une collaboration de plus en plus étroite.
Des similitudes
Correspondant du Daily Beast à Londres, Tom Sykes en veut pour preuve plusieurs similarités troublantes entre les discours et les apparitions publiques du souverain britannique et de son fils Harry ces dernières semaines.
Il y a quelques jours, par exemple, Charles III marquait l'ouverture du Parlement avec un discours passionné contre l'antisémitisme. La même semaine, le rejeton exilé de la Couronne prenait la plume pour une longue tribune dans le média britannique New Statesman pour mettre en garde contre la montée de la haine envers les Juifs au Royaume-Uni.
Or, le fils du souverain ne s'était jusqu'alors jamais exprimé publiquement sur l'antisémitisme. (A raison, sans doute, puisqu'un homme qui ayant arboré un uniforme nazi à une soirée déguisée n'est probablement pas le mieux placé pour donner des leçons sur la question.)
Ce n'est pas du tout. Comme le fait remarquer le Daily Beast, quelques jours avant la visite d'Etat de Charles III chez Donald Trump, fin avril, le prince Harry se rendait en Ukraine pour afficher son soutien et enjoindre publiquement le président américain à respecter ses engagements envers ses allés historiques. Etait-il, comme le présume Tomy Sykes, chargé de «prendre la température» pour Charles et d'observer la réaction des Américains?
Quoi qu'il en soit, simple hasard ou non, les deux hommes ont fini par tenir des propos très similaires sur le rôle des Etats-Unis et de l'OTAN dans le conflit russo-ukrainien, à seulement quelques jours d'intervalle. Des sources ont indiqué au Daily Beast qu'Harry et Charles étaient d'accord sur la question et que le prince avait été très touché par le discours tenu par son père devant le Congrès fin avril.
Contacté par le Daily Beast, le bureau d'Harry et Meghan a toutefois démenti toute coordination avec les équipes du roi d'Angleterre et affirme n'avoir jamais reçu de note opérationnelle, arguant que les récentes similitudes relavaient d'une simple «coïncidence».
Rêves de retour à la maison
Alliance secrète ou non, il est certain que de plus en plus d'observateurs font part dans la presse que le rêve américain du prince britannique n'a que partiellement porté ses fruits. «La vie du prince Harry est caractérisée par la frustration, l'absence de réussite tangible et sa lutte constante pour se tailler une place dans un monde lucratif ou épanouissant», notait déjà Hilary Fordwich, experte de la famille royale britannique, l'an dernier sur Fox News Digital.
Au point que le duc de Sussex rêverait désormais de revenir vivre dans son pays natal. Tôt ou tard.
Une hypothèse impensable s'il ne dispose pas d'un soutien politique et institutionnel. Harry est convaincu que son père peut jouer sur la question de sa sécurité et de celle de sa famille, pour laquelle il se bat depuis des années devant les tribunaux. Plusieurs questions restent en suspens. «Son père l’encourage-t-il en ce sens? L’approuve-t-il tacitement? Ont-ils, en réalité, eu des contacts plus étroits qu’on ne nous l’a laissé entendre?» s'interroge Tom Sykes dans son éditorial.
Charles III, de son côté, a fait de sa réconciliation avec son fils cadet l'un des ultimes objectifs de son court règne. Le souverain garderait toutefois à l'esprit que réintégrer le fiston rebelle dans le giron royal menace de le rendre impopulaire auprès d'une partie de la vieille garde pro-monarchie, toujours très remontée contre les attaques à répétition des Sussex ces dernières années.
En attendant, une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu cet été entre clan américain et britannique. Harry retournera au Royaume-Uni pendant quelques jours en juillet, pour des engagements marquant le compte à rebours d'un an avant la tenue des Jeux Invictus à Birmingham, et pour soutenir l'association caritative WellChild, dont il est le parrain.
Selon des proches, il accepterait avec plaisir une invitation à Sandringham, la propriété de son père dans le Norfolk. «S'il était invité par le roi, il bénéficierait d'un dispositif de sécurité renforcé. Il aimerait être invité à Sandringham» glissait un ami au Times, en mars derniers.
Entre intérêts, egos et desiderata de toutes les parties prenantes, il ne fait aucun doute que le retour définitif du prince Harry au Royaume-Uni n'est pas pour demain. Mais les murmures d'une «alliance» restent les signes plus encourageants d'une réconciliation depuis le départ fracassant des Sussex vers les Etats-Unis, il y a plus de six ans.
