Ce burger a gagné l’Award de la meilleure street food de Romandie
Ça sonne. Longtemps. Pas de réponse. Ça rappelle dans la foulée, mais nous n’aurons que des bruits de frottement au bout du fil avant que la voix de Stefan Yanev se fraie enfin un chemin. Sans nous laisser le temps de nous présenter, le voilà qui s’excuse de ne pas avoir décroché du premier coup. Quelques secondes plus tôt, il revenait tout juste d’un autre événement, répondait à un gros client et... «bientôt plus de batterie, si ça coupe je vous rappelle».
Ce n’est jamais simple de stopper un entrepreneur pour le forcer à papoter un moment. Surtout quand il vient tout juste de remporter l’étape romande des European Street Food Awards, avec son «Food Bus».
Une manifestation qui s’est déroulée ce week-end à Nyon avec pour objectif de sélectionner les meilleurs pour représenter la petite excroissance francophone du pays, à Bâle, lors de la finale suisse à la fin du mois. Ensuite? La grande finale européenne à Saarbrücken, en Allemagne, en septembre, face à quinze autres pays.
Nous n’en sommes pas (encore) là. Dimanche, l’équipe de «The Food Bus», basée à Fribourg, s’est donc particulièrement distinguée en devenant «Best of Romandie», doublé du «People‘s Choice».
Stefan Yanev s’attendait-il à cette victoire?
Cet aplomb pourrait facilement passer pour un gros shoot d’arrogance, si ce n’était pas juste le résultat de la persévérance d’un couple d’entrepreneurs aussi passionné que perfectionnistes.
La preuve? Stefan Yanev a fait réaliser une planche de présentation spéciale pour l’événement, «réalisée par trois artisans de la région». Pour faire court, tout a été pensé pour que leur star éclipse la concurrence.
Et la star, la voici:
Un burger que l’entrepreneur de 44 ans bichonne et perfectionne depuis dix ans, sans le moindre diplôme de cuistot en poche. S’il n’a pas la fausse humilité d’un Federer, il possède en revanche l’intensité du guerrier chère à Nadal. «Avant, quand je n’avais pas d’enfant, je travaillais comme barman et j’ai quitté le monde la nuit avec l’idée de lancer un food-truck et des burgers avec mon épouse. Vous allez me dire que ce n’est pas forcément plus reposant, hein (rires)»
Il suffit d’ailleurs d’une rapide balade sur les réseaux sociaux pour réaliser que ce qui se trame à Fribourg depuis une décennie est à prendre au sérieux.
Un succès qui s’imprime aussi sur l’agenda de The Food Bus. Présent à Fribourg trois jours par semaine à trois emplacements différents, ce véritable gang du «fine burger» taille la route des festivals (deux trucks au Paléo par exemple) et propose son servir de traiteur aux quatre coins de pays.
Pourquoi un Award est-il important pour un projet qui cartonne déjà? «Je n’ai pas participé dans l’espoir d’avoir plus de clients. Nous sommes une adresse locale et nous avons la chance de pouvoir compter sur une clientèle très fidèle», assure Stefan Yanev (tout en répondant manifestement à trois questions en même temps autour de lui).
D’accord. Mais alors pourquoi dépenser autant d’énergie pour participer aux European Street Food Awards? «Ce prix est une reconnaissance, une carte de visite et la preuve que l’on est dans le juste, que notre équipe travaille dur. Et pour ceux qui ne nous connaissent pas encore, c’est un moyen de facilement nous décrire maintenant», explique celui qui semble tout aussi confiant de ses recettes pour la finale suisse qui se déroulera à Bâle du 29 au 31 mai.
Avant de le laisser vaquer à ses mille et une obligations, on lui demande encore si c’est simple de vendre de la bouffe dans un bus, en Suisse sans avoir de restaurant fixe: «Franchement, pour nous, ça va bien, j’adore ce que je fais. Et on peut compter sur des employés qui sont presque tous là depuis le début».
Aujourd’hui, le patron du Food Bus est doublement heureux. Quelques heures avant qu’il ne ramène ses deux spatules de vainqueur romand des European Street Food Awards, «Gottéron a ramené la coupe la coupe à la maison et c’est un week-end que je n’oublierai jamais».
On veut bien le croire.
