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Punir ou ne pas punir mon bébé de 1 an, telle est la question

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Punir ou ne pas punir mon bébé de 1 an, telle est la question

Ma fille a un peu plus de 1 an (13 mois pour les gens obtus) et elle commence à faire des crises, à me désobéir et parfois même à me frapper. Je suis actuellement dans une phase de réflexion pour savoir si oui ou non, il est trop tôt pour la punir.
13.10.2024, 07:03
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Avant ses 1 an, ma fille était inoffensive. Elle avait un «bon caractère» comme disent les jeunes parents. Et puis les choses ont commencé à changer et elle a commencé à avoir «son p'tit caractère». Je suis convaincue que lorsque je dis à ma fille «ne mange pas les graviers, c'est dangereux» et qu'elle me regarde puis met une grosse poignée dans sa bouche, c'est une provocation.

Quand elle se jette par terre en hurlant parce que je n'ai pas voulu lui donner le couteau qui trainait dans la cuisine, c'est une frustration ou quand elle me frappe, plusieurs fois d'affilée, c'est une autre provocation. Rien d'anormal, c'est un enfant. Pour autant, je me suis demandé si je devais laisser faire ou agir. Et si j'agissais, de quelle manière?

Pour répondre à ces questions, je me suis rendu compte qu'il y avait deux grandes écoles: ceux qui laissent faire et ceux qui punissent.

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Les premiers pratiquent ce qu'on appelle «l'éducation positive» ou bienveillante. L'idée principale étant de laisser l'enfant faire ses caprices, car au final, c'est sa façon de s'exprimer, de privilégier la communication plutôt que la punition. On se dit que ces petites frustrations finiront par disparaître à l'âge adulte (donc dans très longtemps).

La seconde préfère mettre des limites éducatives, limites demandées par l'enfant à travers ses frustrations - et ces limites se traduisent par des punitions. En gros, il s'agit d'être ferme. Devinez laquelle des deux méthodes j'ai choisi après m'être pris plusieurs claques d'affilée?

J'ai choisi la punition

Dit comme ça, ça semble radical, vieux jeu et dépassé, mais je n'ai fait que suivre les conseils d'une célèbre pédopsychiatre française nommée Caroline Goldman (qui n'est autre que la fille de Jean-Jacques Goldman). Elle a écrit plusieurs livres dont le dernier est sorti il y a quelques mois et je recommande à tous jeunes parents d'écouter ses podcasts qui l'ont fait connaître du grand public (plus de 1 million d'écoutes).

Caroline Goldman est connue comme le loup blanc en France dans le domaine de la petite enfance. Son avis tranché sur l'éducation positive lui vaut d'être régulièrement critiquée. Elle n'y croit absolument pas et elle pense même que cette méthode est source de troubles du comportement chez certains enfants et qu'elle a des répercussions sur le comportement de ces enfants en devenant adultes. Pour sa défense, elle avance que ces conclusions proviennent d'observations scientifiques et de consultations cliniques soutenues. Elle voit des enfants tous les jours dans son cabinet, elle sait de quoi elle parle.

Dans l'épisode ci-dessus, qui a été crucial dans ma vie de maman, elle défend la méthode du «Time Out». En gros, c'est la mise au coin (mais dit en anglais, ça passe mieux.) Il consiste à mettre son enfant à l'écart de la vie commune pour un temps limité lorsque celui-ci fait une bêtise ou qu'il désobéit. Il est donc envoyé dans sa chambre, porte fermée, mais pas à clé.

Et comme elle l'explique dans son podcast, le but n'est pas de lui faire vivre le Goulag. Il a le droit de jouer avec ses jouets, aucune raison de l'en priver. S'il s'y amuse, tant mieux. Et la longueur de la punition doit être proportionnelle à la faute commise. En gros, c'est la bonne vieille méthode utilisée depuis des décennies, le «file dans ta chambre!», mais dit avec le plus grand des calmes, comme le recommande Caroline Goldman: «Vous êtes une girafe face à une fourmi.»

«Évoquez vos valeurs: “Écoute-moi bien, je vais te dire quelque chose de très important. Dans notre famille il y a des règles: personne ne se tape, ne s'embête ou ne se fait de la peine. Tout le monde se respecte, et si possible, s'aime et se soutient. Ces lois ne changeront jamais et ne seront jamais remises en question. Tu seras gentil avec nous, et en échange, on veillera à ce que chacun ici soit gentil avec toi.”»
Caroline Goldman dans son livre File dans ta chambre!.

1 an, est-ce trop tôt?

En m'entretenant avec ma pédiatre, j'ai compris qu'un bébé qui tape, que ce soit pour rire, pour exprimer sa colère ou par maladresse, est une chose fréquente. C'est la traduction d'une pulsion. Je me suis demandé si mettre mon bébé dans sa chambre pour le canaliser n'était pas extrême, surtout à un peu plus de 1 an. Selon la pédopsychiatre Caroline Goldman, le Time Out peut commencer à cet âge-là.

Ça ne me réjouissait pas du tout d'en arriver là et plusieurs fois, j'ai repoussé ce moment: quand c'était la fin de la journée et que je sentais ma fille fatiguée, quand je m'apprêtais à partir quelque part. Et je sais très bien qu'elle fait parfaitement la différence entre taper et caresser, par exemple.

Avec le chien de la famille, elle a appris à être douce. Alors pourquoi pas avec moi?

Un jour, elle était agitée. Elle m'a tapé et là aucune excuse, c'était le milieu de l'après-midi et je n'étais pas pressée. Je l'ai regardé en lui disant: «Ça fait mal, on ne fait pas mal aux gens.» Elle a recommencé. Je lui ai dit: «Si tu continues, je te punis.» Elle a recommencé. Je l'ai donc mise dans son berceau pendant environ 30 secondes. Evidemment, elle a pleuré même si je l'ai sentie à deux doigts de faire une sieste et depuis elle n'a pas récidivé.

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Je ne dis pas que c'est une méthode miracle et que je n'aurai pas à nouveau à faire face à des épisodes de violence, que ce soit avec moi ou à la crèche. Mais dans mon cas, la méthode «ne rien faire» ou juste dire «c'est pas bien» n'avait jusque-là pas fonctionné.

Bien sûr, chaque enfant est différent, on ne cessera jamais de le rappeler. Ce qui ne change pas, c'est l'amour qu'on leur porte. Dans un portrait pour Le Monde, Caroline Goldman racontait qu'elle avait vu dans ses consultations des enfants «agités» qui ne manquaient pourtant de rien; des petits «choyés jusqu’à la démesure», mais qui vivaient dans «un manque préoccupant de limites éducatives.» Elle va jusqu'à dire que certains enfants peuvent faire l'objet d'un diagnostic erroné de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou de HPI (haut potentiel intellectuel).

Pour que cette méthode fonctionne, il faut également que les deux parents soient sur la même longueur d'onde, que chacun soutienne l'autre. Si maman dit «fais tes devoirs», papa doit valider par un: «écoute ta mère et va faire tes devoirs» et vice versa. Dans mon cas, les devoirs ne sont pas encore agendés, même si ma fille est très avancée pour son âge (évidemment, elle est plus intelligente que la moyenne). Mais il est bon de savoir que les parents forment une team et qu'il faut être cohérent dans ses choix.

Un autre truc que Caroline Goldman conseille: ne cessez jamais de dire à vos enfants que vous les aimez. On ne dit pas trop à un enfant qu'on est fier de lui, c'est d'ailleurs le sujet d'un autre de ses podcasts. Elle aborde également des thèmes liés aux écrans, à la télé-réalité au sommeil ou encore aux repas en famille.

21 bébés terrifiants photoshopés avec des dents d'adultes

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