«Tout part en vrille»: comment le retour d'Harry a viré au fiasco
Chez les Windsor, l'adage «Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?» est autant de rigueur que les bonnes manières. Alors que le Royaume-Uni se prépare depuis des semaines à voir Harry, le fils prodigue, rentrer fièrement au pays avec femme et enfants dans ses bagages pour d'émouvantes retrouvailles avec son père, la situation s'est subitement et excessivement compliquée ces derniers jours.
Au point que, ce qui avait commencé comme une simple visite des œuvres caritatives d'Harry en famille, a fini par dégénérer en véritable guerre de communication entre les deux camps, comme on n'en avait plus connue depuis la mort d'Elizabeth II et de sa célèbre formule «Les souvenirs peuvent varier».
L'invitation contrariée
Si vous n'avez pas eu le loisir de suivre cette affaire tordue et les échanges incessants depuis vendredi, petit topo: suite à l'annonce d'Harry et Meghan le 17 juin dernier de leur intention de se rendre au Royaume-Uni pour une série d'évènements, Charles III avait convié son fils et sa famille à résider au palais de Buckingham, sous la bonne garde des services de sécurité déjà en place.
Or, c'était mal connaître la méfiance naturelle d'Harry lorsqu'il se trouve dans son pays natal. Après le refus de Ravec, comité gouvernemental chargé d'assurer la protection des riches et puissants, de le protéger aux frais de l'Etat, le prince aurait mis plusieurs semaines à peaufiner un plan de sécurité «alternatif». Avant de finir par rejeter, samedi matin, l'offre de séjourner à Buckingham Palace... puis de se rétracter, quelques heures plus tard, et de faire savoir qu'il apprécierait résider au palais royal pour une nuit.
Manque de bol, le palais lui a fait savoir dans la foulée qu'il était trop tard, tout séjour sur place nécessitant un préavis minimum, par courtoisie envers le personnel.
Des jours d'angoisse
Le point final après plusieurs jours de flou artistique qui, selon le Times la semaine dernière déjà, provoquait au palais «un sentiment de lassitude parmi les courtisans», face à un schéma qui se répète inlassablement lors de chaque visite du duc de Sussex au Royaume-Uni: des briefings interminables, des fuites dans la presse, un plan qui change de jour en jour, les mêmes inquiétudes sur les mesures de sécurité, puis une tentative de dernière minute pour obtenir un créneau dans l'agenda du roi.
Pour compliquer encore les choses, le jugement imminent dans le procès du prince contre Associated Newspapers, éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday, a provoqué quelques sueurs froides au palais. Si Harry n'a finalement pas obtenu gain de cause dans le dossier, rendu ce mardi après-midi, les courtisans avaient fait savoir qu'ils craignaient un discours devant le château de Buckingham qui embarrasserait Sa Majesté.
Dans tous les cas, les versions sur le déclin de l'invitation divergent: pour certaines sources du Sun, le roi aurait fini par perdre patience face aux allers-retours incessants de son cadet et au climat ambiant de «chantage affectif».
Pour d'autres, le refus incombe davantage aux collaborateurs de Charles — ceux que Harry surnomme les «hommes en gris» dans ses mémoires, Spare — chargés du protocole. «Les courtisans. C'est toujours eux, évidemment», présume l'auteur et proche de la famille royale Hugo Vickers dans Page Six. «Si le roi veut voir Harry, ils se rencontreront. Les courtisans peuvent toujours arranger quelque chose, mais on dirait que c'est devenu beaucoup trop compliqué et que tout le monde en a assez.»
«Tout ce chaos autour de la situation, cependant, détourne l’attention de ce que la famille royale essaie réellement de faire: représenter le Royaume-Uni et le Commonwealth et œuvrer pour le bien commun», regrette encore l'expert royal. «Cela risque de donner une mauvaise image du roi et ne fait qu’attiser les divisions.»
Du côté de Montecito, l'annulation n'a pas manqué de susciter un mélange d'agacement et d'incompréhension. «Comment se fait-il qu'il n'y ait pas une seule chambre disponible pour le fils du roi, pour une seule nuit?», s'est insurgée notamment une source proche du prince dans Page Six.
De nombreuses inconnues persistent
Le résultat est le même: Harry est arrivé seul à Londres lundi après-midi et loge dans un hébergement privé. Quant à Meghan et leurs enfants, Archie et Lilibet, ils pourraient le rejoindre et séjourner en dehors de la capitale plus tard cette semaine.
On ignore encore si le roi profitera donc de cette occasion pour rencontrer ses petits-enfants pour la première fois depuis ces quatre dernières années. Mais, à en juger par son agenda bien rempli et par la logistique «sous-optimale» (l'euphémisme est d'une source dans le Times) de ces derniers jours, tout porte à croire que la rencontre sera une fois de plus reportée aux calendes grecques.
Bien qu'Harry espère encore obtenir un tête-à-tête discret avec son père ce mardi, alors qu'il commence tout juste sa tournée au Royaume-Uni et accuse le coup après la perte de son procès, l'avenir reste très incertain. Une seule chose ne fait aucun doute: il sera fidèle à lui-même, enchaînant sourires, poignées de main et accolades avec les enfants pour mener à bien ses engagements caritatifs.
Les autres questions, elles – quels membres de sa famille seront du voyage, la durée de leur séjour, leur lieu d’hébergement et la possibilité de voir le roi – restent sans réponse. Une semaine mouvementée s'annonce.
