«Je vais me servir un verre de vin, ouvrir Twitter et pleurer. Je vais réserver un voyage quelque part, jeter mon téléphone dans l'océan jusqu'à un petit village de pêcheur, me faire pousser la barbe et démarrer une nouvelle vie.» Un chouïa exagérée, totalement dramatique, mais toujours extrêmement drôle, Olivia Cooke, sur le plateau de Jimmy Kimmel, résumait avec cet humour anglais piquant son état d'esprit après la sortie de la saison 2 de House of the Dragon, dans laquelle elle incarne la complexe et implacable Alicent Hightower.
Un nom de personnage – «haute tour» en français – qui fait sourire lorsqu'on sait que l'actrice britannique de 30 ans a le vertige. Une trouille qu'elle a voulu surmonter le jour de son 21e anniversaire en sautant en parachute. «J'avais décidé d'accepter ma propre mort», se souvient-elle dans une interview accordée à Elle. Un moment qu'elle décrit comme incroyable, mais qu'elle s'est juré de ne plus jamais revivre.
Cette expérience personnelle, le magazine la compare avec «la chute libre» de l'actrice dans l'univers de Game of Thrones, terrifiante, mais ô combien excitante: «Il y avait une certaine pression dans le fait de faire une nouvelle version de l'univers de Game of Thrones, et de vouloir désespérément qu'elle soit bien accueillie parce que nous avions travaillé si dur dessus», confie-t-elle.
Pari gagné: House of the Dragon a été, à l'époque de sa sortie en 2022, la plus grande première de HBO, avec 10 millions de téléspectateurs. Nominations aux Emmy Awards, Golden Globes et surtout maintien de ses fans: bref, le reste a suivi.
Pourtant, ce rôle, Olivia Cooke n'était même pas sûre de le vouloir. Et pour cause: actrice depuis une dizaine d'années déjà – Bates Motel, Ouija, This is not a love story, Ready Player One, Sound of Metal, Slow Horses –, le fait d'être définie par une série télévisée aussi énorme qu'House of the Dragon «n'était pas vraiment ce qu'elle avait en tête pour sa carrière», explique le Los Angeles Times.
Nous sommes alors en 2020. L'actrice vient à peine de rentrer en Angleterre, à Londres pour être précis, car elle avait le mal du pays après avoir passé cinq ans à New York. A Greenpoint, «juste à côté du McDonald’s», tient-elle à spécifier dans Elle. Pandémie oblige, les auditions pour House of the Dragon se feront à distance. Un processus qu'Olivia Cooke décrit comme «envoyer des cassettes démo dans le vide».
Cette absence d'échanges réels ne l'empêchera toutefois pas de séduire les patrons de la série. «Elle a apporté une complexité et une humanité au rôle dès la première lecture du scénario», se remémore Ryan Condal, dans le LA Times, qui a immédiatement su qu'elle était faite pour incarner Alicent Hightower.
Et ce n'est qu'au moment où elle a su qu'elle avait le job qu'elle a regardé pour la première fois Game of Thrones!
Un «détail» qu'elle a évidemment omis de mentionner lors des auditions. Au contraire: elle a assuré être une fan de la série. Oups! Autre petit mensonge? Le fait de savoir monter à cheval – enfin, si on ne compte pas les quelques balades à poney lorsqu'elle était petite. «J'ai menti», dit-elle en rigolant sur le plateau de The late show with Stephen Collbert.
S'en suit la diffusion d'une vidéo dans laquelle on la voit s'essayer à l'équitation pour les besoins du tournage. Le bémol? Ce jour-là, elle portait des jeans trop serrés et n'arrivait donc pas à grimper sur son destrier. La solution? Un escabeau.
Des anecdotes de ce genre, l'actrice en raconte volontiers lors de ses apparitions médiatiques, sans prise de tête et avec cette touche d'humour qui la caractérise. Elle se souvient par exemple de sa rencontre pour le moins originale avec Tom Cruise sur le tournage de Ready Player One de Steven Spielberg:
Née le 27 décembre 1993 à Oldham, dans le Grand Manchester, en Angleterre, Olivia Cooke a toujours aimé la comédie, car cela lui permettait justement «de déconner et de faire l'imbécile». Elle avoue n'avoir jamais pensé poursuivre cette voie sérieusement. Et pourtant! A 14 ans, elle décroche sa première audition et obtient un petit rôle dans Blackout, une mini série de la BBC. Neuf mois plus tard, elle est castée pour incarner Emma Decody dans Bates Motel.
D'ailleurs, peu de temps avant la sortie de la saison 1 de House of the Dragon, l'actrice britannique admet avoir eu peur de perdre cette vie privée qui lui était si chère, comme ce fût le cas pour les acteurs de Game of Thrones. Environ deux ans plus tard, même si elle est désormais reconnue, elle assure que sa notoriété n'affecte généralement pas son quotidien.
Au milieu de ces souvenirs, la comédienne se rappelle surtout à quel point elle s'est réjouie au fur et à mesure des discussions autour de son personnage avec les directeurs de House of the Dragon, notamment parce qu'Alicent et Rhaenyra Targaryen ne sont pas aussi présentes dans le livre, à l'inverse de la série. Et d'ajouter, au sujet de son personnage:
Une infériorité numérique qu'Olivia Cooke a elle aussi expérimentée dans la vraie vie, sur les tournages, dans «une industrie dominée majoritairement par les hommes», explique-t-elle.
D'ailleurs, lorsqu'on lui demande si Alicent et Rhaenyra ne devraient pas simplement faire la paix et gouverner ensemble, elle répond: «Absolument. Je veux une matriarchie immédiatement, s'il vous plaît!»
La suite au prochain épisode, ce lundi 24 juin.