Le patron de Mercedes envisage un virage radical
Mercedes-Benz ne parvient pas à sortir de la crise et réfléchit désormais à une réorientation radicale. Après Volkswagen, le constructeur automobile allemand envisage également une entrée dans l'industrie de l'armement. Le directeur du groupe, Ola Källenius, a ainsi déclaré au Wall Street Journal:
Des médias avaient auparavant spéculé sur le fait que Mercedes pourrait céder son usine de Ludwigsfelde, aux portes de Berlin, au fabricant franco-allemand de chars KNDS. À la place du fourgon Sprinter, le blindé Boxer pourrait alors y être produit.
Une industrie en pleine expansion
L’industrie automobile allemande traverse une crise où chiffres d’affaires et bénéfices s’effondrent. Non seulement les équipementiers souffrent, mais ils lorgnent aussi vers de nouveaux secteurs d’activité. Dernièrement, le fabricant de presses d’imprimerie Heidelberger Druckmaschinen a ainsi annoncé son entrée dans le secteur des drones.
En pleine expansion, le secteur de la défense attire désormais aussi Mercedes. Le patron du groupe, Ola Källenius, a souligné que les constructeurs automobiles étaient «extraordinairement performants» dans la fabrication de «machines de précision de haute qualité». Comparé à la production automobile, le secteur de l’armement représenterait toutefois à l’avenir une part plus modeste des activités de son entreprise. Selon Ola Källenius:
Mercedes-Benz a cependant aussi déclaré que «la paix, la sécurité et la liberté» constituaient «les fondements de notre société». Les protéger serait une mission collective. «En tant qu’entreprise, nous y apportons notre contribution».
Déjà des véhicules militaires Mercedes
Mercedes explique également qu’avec des véhicules modifiables pour les opérations de sécurité et de défense, le constructeur «renforce depuis des décennies la politique de défense et de sécurité de l’Europe et de l’Otan». Des variantes du modèle tout-terrain Mercedes-Benz Class-G sont ainsi utilisées comme véhicules militaires dans le monde entier. Le groupe rappelle:
Toujours selon le constructeur allemand, toutes les livraisons seraient effectuées «dans le respect des sanctions et des réglementations sur le contrôle des exportations».
Volkswagen collabore avec l'armée israélienne
Mercedes n’est pas le seul constructeur allemand à voir un avenir dans l’industrie de la défense. Selon Oliver Blume, patron de Volkswagen, le groupe est en contact avec des entreprises du secteur. Le site VW d’Osnabrück pourrait ainsi être adapté à cette activité. Il pourrait notamment être question d’une coopération dans le domaine de la défense antimissile, avait déclaré Oliver Blume en mars.
Selon un article du magazine Wirtschaftswoche, une reprise de l’usine Volkswagen d’Osnabrück par le groupe israélien d’armement Rafael Advanced Defense Systems se préciserait. Les Israéliens souhaiteraient y produire des composants du système de défense aérienne Iron Dome dans le cadre du bouclier antimissile européen.
Dans une interview accordée au journal Bild en avril, Oliver Blume a également évoqué les véhicules de transport militaire comme un secteur potentiel de développement dans la défense:
Retour dans les années 1980
L’entrée de Mercedes dans le secteur de l’armement n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle. À la fin des années 1980, le légendaire dirigeant de Daimler Edzard Reuter avait défendu la stratégie du «groupe technologique intégré».
Afin de réduire la dépendance du groupe au secteur automobile, Daimler avait investi dans des entreprises d’armement comme Dornier et Messerschmitt-Bölkow-Blohm. Cette stratégie avait ensuite été abandonnée. Aujourd’hui, Mercedes revient au projet de diversification voulu par Daimler Edzard Reuter. (t-online/afp/trad. btr)

