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Amérique du sud

Venezuela: la broche de Delcy Rodriguez fait polémique

Une broche portée par la présidente du Venezuela Delcy Rodriguez au centre d'une polémique
La broche représente la carte du Venezuela incluant l'Essequibo, une région que Caracas réclame au Guyana.Image: AFP

Cette broche de la présidente du Venezuela fait polémique

Un accessoire arboré par Delcy Rodriguez lors d'une visite officielle dans les Caraïbes a fait vivement réagir Irfaan Ali, président du Guyana.
29.04.2026, 09:3429.04.2026, 09:34

Une broche dorée portée par la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez et représentant la carte de son pays incluant l'Essequibo, une région que Caracas réclame au Guyana, a débouché sur une polémique diplomatique.

Le président du Guyana, Irfaan Ali, s'est plaint mardi de la forme de la broche de Rodriguez lors de deux visites officielles dans les Caraïbes, jugeant «profondément regrettable» cette «exhibition ostentatoire de symboles» affirmant la revendication territoriale du Venezuela.

Guyanese President Mohamed Irfaan Ali meets with U.S. Secretary of State Antony Blinken at the United Nations headquarters, Monday, Sept. 23, 2024. (Bryan R. Smith/Pool Photo via AP)
Mohamed Irfaan Al ...
Irfaan AliKeystone

Rodriguez lui a répondu en fin de journée:

«Ils sont là en train de faire tout un scandale parce que j'utilise toujours la carte du Venezuela avec son extrémité, la seule carte que j'aie connue de toute ma vie»

«Maintenant, ça les dérange même de voir comment on s'habille. Et j'ai dit au ministre des Affaires étrangères: "eh bien, dis-leur qu'ils viennent aussi brûler les livres d'histoire, parce que les droits du Venezuela sur l'Essequibo sont historiques, ils sont irréfutables". Il n'y a aucune possibilité que nous nous laissions entraîner à un dépouillement ou à légitimer un vol» de l'Essequibo, a-t-elle ajouté.

Crainte d'un conflit armé

L'Essequibo, territoire de 160 000 km2 riche en pétrole, est administré par le Guyana depuis plus d'un siècle mais se trouve au cœur d'un différend avec le Venezuela, les deux pays s'opposant sur le tracé de leur frontière commune. Les appels répétés du président déchu Nicolas Maduro en faveur d'une annexion de l'Essequibo ont fait craindre un conflit armé.

Ancienne vice-présidente, Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro après sa capture par l'armée américaine le 3 janvier, était notamment responsable du dossier de l'Essequibo devant la Cour internationale de justice (CIJ). Lors de ses deux visites officielles à l'étranger ce mois-ci, Rodriguez a arboré la broche.

«L'utilisation des réunions de la Caricom pour projeter ou promouvoir une revendication territoriale contre un Etat membre risque d'être interprétée comme un consentement ou une tolérance», a estimé le président guyanien dans une lettre envoyée à la Communauté des Caraïbes (Caricom). Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien Yvan Gil a lui ironisé sur les réseaux sociaux:

«Il est vraiment insolite que le président Irfaan Ali prétende désormais se poser en arbitre et en styliste, allant jusqu'à vouloir dicter la manière de s'habiller des autres chefs d'Etat»

La Caricom a publié un communiqué soulignant «que les plateformes et les engagements de la Communauté ne doivent pas être utilisés, directement ou indirectement, pour promouvoir ou donner l'impression de légitimer des revendications». «Le soutien de longue date et sans équivoque de la Communauté à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Guyana, ainsi qu'au règlement pacifique de la controverse par le biais de la CIJ, demeure ferme et inchangé», conclut-elle.

Une menace de Caracas

Le gouvernement Maduro avait relancé des revendications territoriales à partir de 2019 sur l'Essequibo. En 2023, il a organisé un référendum sur la création d'un nouvel Etat faisant partie du Venezuela, puis il a choisi en 2025 un gouverneur pour cette zone, sur laquelle Caracas n'exerce aucun pouvoir. Le président du Guyana a déclaré début février que le renversement de Maduro «n'élimine ni ne réduit» ce qu'il considère comme une menace de Caracas.

Georgetown fait valoir que le tracé de sa frontière, datant de l'époque coloniale anglaise, a été entériné en 1899 par une Cour d'arbitrage à Paris et souhaite que la Cour internationale de justice (CIJ) ratifie celui-ci. Le Venezuela assure pour sa part qu'un accord signé en 1966 avec les Britanniques à Genève - avant l'indépendance du Guyana - jette les bases d'un règlement négocié hors de la CIJ et soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l'époque de la colonisation espagnole. (jzs/afp)

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