International
Chine

Armée chinoise: Xi Jinping procède à une purge sans précédent

Xi Jinping mène une «purge stupéfiante» au sein de l'armée chinoise

Ces dernières années, la direction du Parti communiste chinois a écarté des dizaines de responsables militaires, des dirigeants de l'armement et même des ministres de la Défense. Cette fois, ce sont les généraux les plus hauts gradés du pays qui sont visés.
27.01.2026, 19:0227.01.2026, 19:02
Chinese President Xi Jinping, centre, reacts during a meeting with Canada's Prime Minister Mark Carney (not in the picture), at the Great Hall of the People in Beijing, China, Friday, Jan. 16, 20 ...
Xi Jinping, le 16 janvier 2026, à Pékin. Ce jour, il recevait la visite du premier ministre canadien.Keystone
Fabian Kretschmer, Séoul, Bojan Stula / ch media

Un porte-parole du ministère chinois de la Défense a confirmé, ce week-end, ce que la plupart des experts sur la Chine suspectaient déjà: Zhang Youxia, le général le plus haut gradé du pays, fait l'objet d'une enquête pour «violations graves de la discipline du Parti et de la loi». Liu Zhenli, également membre de la Commission militaire du Parti communiste, est lui aussi visé. Dans le journal officiel de l'Armée populaire de libération, rédigé dans un langage bureaucratique alambiqué, il est indiqué que Zhang Youxia a «gravement violé et sapé le système de responsabilité du président».

Les médias occidentaux présentent une tout autre version. Selon un reportage exclusif du Wall Street Journal, Zhang Youxia serait en réalité accusé d'espionnage et d'avoir divulgué des secrets nucléaires aux Etats-Unis. Parallèlement, des médias d'opposition chinois ont laissé circuler la rumeur selon laquelle la hiérarchie militaire du pays aurait tenté de renverser Xi Jinping lors d'un putsch, que le chef de l'Etat et du Parti aurait réussi à empêcher in extremis.

Ce qui est vrai dans tout cela reste difficile à établir avec précision à ce stade. Beaucoup d'experts considèrent que l'espionnage nucléaire et le putsch supposé relèvent du fantasme. Mais quelle qu'en soit la raison, il s'agit d'une vague de purge d'une ampleur sans précédent. Si Xi Jinping a déjà limogé des centaines d'officiers, destitué deux ministres de la Défense et évincé de nombreux dirigeants d'entreprises d'armement ces dernières années, ces mesures étaient souvent liées à de graves scandales de corruption et ont également visées des responsables des célèbres forces de missiles.

Mais cette fois, c'est apparemment le centre de pouvoir suprême de l'Armée populaire de libération qui a été démantelé, Xi ayant lui-même choisi et promu ses membres à ces postes clés. Sur l'ancienne Commission militaire, qui comptait sept membres, il n'en reste plus que deux, dont Xi Jinping lui-même.

L'invasion de Taïwan par la Chine impossible pour l'instant?

Dans les cercles d'analystes internationaux, les conséquences potentielles de cette vague de purges font l'objet de vifs débats. «Tant que la structure de commandement est compromise à des postes clés, je doute fortement que l'Armée populaire de libération puisse mener efficacement des opérations ambitieuses», commente l'expert militaire indépendant Alex Luck, faisant visiblement allusion à une éventuelle invasion de Taïwan.

Velina Tchakarova, fondatrice de la société de conseil géopolitique FACE basée à Vienne, abonde dans le même sens:

«Il s'agit d'un processus de purge d'une ampleur tout simplement stupéfiante. Et c'est une très bonne nouvelle pour Taïwan, le Japon et les Etats-Unis.»

La logique est simple: si Xi Jinping ne maîtrise plus son armée, Taïwan et les pays voisins de la Chine n'ont pas de quoi s'inquiéter outre mesure.

Cela se confirme également par le limogeage de Zhang Youxia, dernier général chinois à avoir une réelle expérience du combat. A la fin des années 1970, un conflit frontalier bref mais sanglant opposa la République populaire de Chine au Vietnam. La jeune génération de l'armée chinoise peut certes être à la hauteur sur le plan rhétorique face à l'ennemi impérialiste américain, mais elle n'a encore participé à aucune opération militaire sur le terrain.

Selon Lyle Morris, de l'Asia Society Policy Institute et l'un des principaux experts de l'armée chinoise, de nombreux éléments suggèrent que Zhang Youxia avait accumulé trop de pouvoir. Une transgression que Xi Jinping, adepte du contrôle absolu, ne saurait tolérer.

Il convient toutefois de nuancer l'idée que cette vague massive de purges soit une bonne nouvelle pour Taïwan. Xi Jinping cherche visiblement à centraliser davantage les processus décisionnels au sein de l'armée afin d'exercer un contrôle absolu. Vu de l'extérieur, cela ressemble à quelqu'un qui, sous une pression temporelle intense, tente de réformer profondément l'Armée populaire de libération pour concrétiser son rêve de «mère patrie unifiée». A 72 ans, Xi n'a d'ailleurs plus beaucoup de temps pour y parvenir.

Traduit et adapté par Noëline Flippe

Après un sujet compliqué, voici des chats moches...
1 / 13
Après un sujet compliqué, voici des chats moches...
source: imgur
partager sur Facebookpartager sur X
Le «for sure» de Macron devient viral
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Trump tente d'éteindre l'incendie à Minneapolis
Le président américain cherche à calmer le jeu après le drame survenu lors d'une manifestation samedi dernier. Des agents fédéraux commenceront à quitter la ville ce mardi.
«Des agents des services fédéraux déployés à Minneapolis vont commencer à quitter la ville dès demain», a annoncé le maire lundi. Au même moment, Donald Trump multiplie les gestes d'apaisement après la mort d'un deuxième Américain tué par la police de l'immigration.
L’article