Trump fait la guerre à l'Iran depuis Mar-a-Lago
Retranché dans sa luxueuse résidence de Floride, Donald Trump ne s'est pas adressé en direct à ses concitoyens après le début de la guerre contre l'Iran, qu'il a choisi de chroniquer essentiellement sur son réseau Truth Social.
C'est sur cette plateforme qu'il a fondée que le président a écrit l'une des pages les plus importantes de l'histoire du Moyen-Orient et des Etats-Unis, en rompant avec les annonces solennelles faites en de semblables circonstances par ses prédécesseurs, depuis la Maison Blanche.
En col de chemise et coiffé d'une casquette blanche, il a annoncé le début de l'opération militaire à 2h30 du matin (heure locale) par un message vidéo sur Truth Social, enregistré dans son club de Mar-a-Lago. Il a choisi de confirmer la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei par écrit sur ce réseau qu'il utilise comme un canal de communication officiel, autant que comme un défouloir personnel.
L'allocution de Donald Trump 👇
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) February 28, 2026
Dimanche, après avoir republié sur Truth Social un article affirmant que le père de la star Lady Gaga le soutenait, et diffusé plusieurs messages complimentant son récent discours sur l'état de l'union au Congrès, le dirigeant républicain a diffusé un autre message vidéo consacré au conflit.
Et contrairement à son habitude, il n’a engagé aucun échange impromptu avec la presse, que ce soit dans l’avion ou à son retour dimanche soir à Washington. Il a seulement fait l’article de deux nouvelles statues décorant la roseraie de la Maison Blanche, sans répondre à des questions sur l’Iran.
Trump bombarde l'Iran «pour nos enfants»
En cravate cette fois, sans casquette, sur un ton grave dont il n'est pas coutumier, il a promis de «venger» la mort de trois militaires américains mais a aussi préparé l'opinion publique aux autres pertes que les Etats-Unis subiraient «probablement».
Trump promet de «venger» la mort de militaires américains
«Nous menons cette opération massive non seulement pour assurer notre sécurité ici et maintenant, mais aussi pour nos enfants et leurs enfants», a dit le milliardaire républicain, qui avait promis de ne pas engager les Etats-Unis dans de nouvelles guerres. Avant de tenter de justifier ses bombardements auprès d'une opinion publique pour l'instant réticente:
Le président américain n'a pas fait d'allocution solennelle en direct comme l'avait fait, par exemple, Barack Obama pour annoncer la mort d'Oussama Ben Laden en 2011. Le président démocrate avait publié une photo devenue immensément célèbre et qui a ensuite été imitée à plusieurs reprises, le montrant dans la «Situation Room», local ultra-sécurisé de la Maison Blanche, pendant l'opération.
Une «situation room» dans son club de Mar-a-Lago
Donald Trump, lui, a fait diffuser des clichés pris dans son club de Palm Beach. La résidence à la décoration ultra-chargée est devenue une véritable annexe de la Maison Blanche, où il a mis en place une sorte de quartier général déjà utilisé pour superviser la capture début janvier du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.
Samedi, la Maison Blanche a publié des photos du président américain, coiffé de sa casquette blanche et entouré de hauts responsables, dans un espace surmonté de poutres apparentes et délimité par des draperies sombres, équipé de téléphones et d'une carte du Moyen-Orient.
Les journalistes accompagnant le président américain en Floride ne l'ont pas vu pendant presque 48 heures. Il a toutefois multiplié dimanche matin les coups de fil avec divers reporters, assurant que l'offensive se déroulait bien et prédisant qu'elle durerait «quatre semaines».
Aucun ministre n'est allé défendre l'opération «Fureur épique» pendant les traditionnelles interviews politiques réalisées le dimanche matin par la télévision américaine. Ni le chef du Pentagone Pete Hegseth ni le secrétaire d'Etat Marco Rubio ou le vice-président JD Vance, par exemple, ne se sont exprimés.
Donald Trump faisait une levée de fonds
Si Donald Trump n'est pas allé jouer au golf, son activité de prédilection quand il est à Mar-a-Lago, il a toutefois fait une apparition samedi soir à un dîner de levée de fonds organisé dans son club pour des donateurs fortunés. Ce dîner au profit du parti républicain était «plus important que jamais», a justifié sa porte-parole Karoline Leavitt.
Donald Trump, pendant son premier mandat, avait suivi au départ un protocole traditionnel pour annoncer en octobre 2019 la mort du chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, tué dans une opération américaine. Il avait fait une allocution en direct depuis la Maison Blanche, sur un ton solennel, puis avait choisi de répondre aux questions de journalistes présents dans la pièce, de manière beaucoup plus familière. Comme lorsqu'il relatait la manière dont il avait suivi la mission menée en Syrie:
