L'oreille droite de Donald Trump a-t-elle été éraflée par une balle de carabine AR-15? Cette question n'enlève rien au fait que le candidat républicain a bien réchappé à une tentative d'assassinat. En revanche, elle a posé une colle au directeur du FBI, auditionné mercredi par la commission judiciaire de la Chambre des représentants.
Le lendemain de la démission de Kimberly Cheatle, la patronne du Secret Service, agence chargée de protéger Trump ce dramatique 13 juillet 2024 en Pennsylvanie, Christopher Wray a dévoilé quelques nouveaux éléments de l'enquête en cours.
On apprenait notamment mercredi que Thomas Crooks, le tireur âgé de 20 ans, avait fait planer un drone non loin du lieu du rassemblement, deux heures avant de tenter de tuer Donald Trump. De plus, le jeune homme aurait fait des recherches sur Internet, à propos de l'assassinat de JFK, peu avant de presser sur la gâchette, «ce qui renseigne déjà beaucoup sur son état d'esprit», déclarait le patron des fédéraux.
Si le FBI n'a pas encore «une idée claire» du mobile du tueur, son patron affirme avoir mis la main sur toutes les douilles, huit au total, et «pense avoir comptabilisé tous les projectiles de ces cartouches».
Thomas Crooks a bel et bien abattu un partisan MAGA et blessé un autre, mais l'objet qui a blessé l'oreille droite de Trump fait débat depuis les premières minutes après l'attentat. Le média TMZ, par exemple, avait affirmé très tôt que le 45ᵉ président a été touché par un bris de verre du prompteur situé devant lui. Mercredi au Congrès, Christopher Wray a renforcé ce flou:
It's disturbing that 11 days after the attempted assassination of Donald Trump, the FBI still is unclear if the bullet, or shrapnel, hit him.
— John Greenewald, Jr. (@blackvaultcom) July 25, 2024
How is that possible 11 days after as they are in charge of the investigation?
(The teleprompter shrapnel theory is debunked.) pic.twitter.com/ux9bRNMjdM
En gros, ce que l'on sait c'est qu'on ne sait rien. Et c'est suffisant pour renforcer les déjà nombreuses théories alternatives qui circulent depuis la tentative d'assassinat. Rappelons également que l'équipe de Trump s'était empressée de publier un communiqué, une heure après le drame, affirmant que le candidat a bien été blessé à l'oreille par une balle.
Si le 45e président des Etats-Unis a bien été visé par une attaque, le débat qui fait rage sur l'objet qui l'a touché vient saper le récit du clan MAGA. Il faut dire que la blessure de guerre du républicain a été au centre de sa communication pendant une longue semaine, symbolisée par un imposant pansement blanc, dévoilé pour la première fois lors de la Convention nationale du parti. Au point que le public a décidé d'arborer un faux pansement, en hommage à leur héros qui a échappé au pire.
Comment souvent dans ce type d'enquête nous ne sommes pas au bout des révélations.
(fv)