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Trump porte ses droits de douane mondiaux à 15%

Trump porte ses droits de douane mondiaux à 15%

Au lendemain d’un revers infligé par la Cour suprême des États-Unis, Donald Trump a annoncé relever avec effet immédiat ses nouveaux droits de douane mondiaux de 10 à 15%.
22.02.2026, 13:5522.02.2026, 13:55
Victoria LAVELLE / afp
epa12767415 US President Donald Trump speaks during the Governors Dinner in the East Room of the White House in Washington, DC, USA, 21 February 2026. EPA/Samuel Corum / POOL
Le président Donald Trump.Keystone

Donald Trump a annoncé samedi faire passer ses nouveaux droits de douane mondiaux de 10 à 15% «avec effet immédiat», en réponse au revers majeur infligé la veille par la Cour suprême à sa politique commerciale agressive.

«En tant que président des États-Unis d'Amérique, je vais augmenter avec effet immédiat les droits de douane mondiaux de 10%. Au niveau pleinement autorisé (...) de 15 %.»

Cette augmentation est fondée sur un «examen approfondi» de la décision de vendredi de la plus haute cour américaine, a-t-il indiqué, la qualifiant une nouvelle fois de «ridicule» et d'«extraordinairement anti-américaine».

Après s'être déchaîné la veille contre les juges de la Cour suprême ayant mis à bas une grande partie de ses droits de douane, il avait annoncé avoir signé depuis le Bureau ovale un décret imposant cette nouvelle taxe douanière mondiale de 10%.

Ce dernier devait entrer en vigueur le 24 février, pour une durée de 150 jours, avec des exemptions sectorielles notamment pour l'industrie pharmaceutique ainsi que pour les biens entrant aux Etats-Unis dans le cadre de l'accord Etats-Unis-Mexique-Canada, avait précisé la Maison Blanche dans un communiqué.

Ce nouveau taux s'applique aux pays ou blocs ayant signé des accords commerciaux avec Washington, tels que l'Union européenne (UE), le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan.

«Contrepouvoirs»

Les partenaires commerciaux des Etats-Unis ont réagi avec prudence, mais intérêt, à l'annonce de la décision de la Cour suprême.

Le président français, Emmanuel Macron, s'en est félicité samedi, jugeant «bien» qu'il y ait:

«Des pouvoirs et des contrepouvoirs dans les démocraties»

«Nous voulons continuer à exporter (...) et le faire avec les règles les plus loyales qui soient (...) et ne pas subir des décision unilatérales», a-t-il déclaré, estimant qu'il fallait «être dans une logique d'apaisement».

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a lui affirmé samedi vouloir mener des discussions avec ses alliés européens afin de trouver une réponse commune avant une rencontre avec le président Donald Trump à Washington.

«Nous aurons une position européenne très claire à ce sujet, car la politique douanière relève de l'Union européenne, et non des États membres de façon individuelle.»

Le président brésilien Lula a de son côté appelé dimanche Donald Trump a traiter tous les pays sur un pied d'égalité: «nous ne voulons pas d'une nouvelle Guerre froide. Nous ne voulons aucune ingérence dans aucun autre pays, nous voulons que tous les pays soient traités de manière égale», a-t-il déclaré aux journalistes à New Delhi, où il est visite.

Par une majorité de six juges sur neuf, la Cour suprême américaine a tranché vendredi que Donald Trump ne pouvait pas justifier ces droits de douane par une nécessité d'urgence économique.

Un avis d'autant plus remarquable qu'elle est composée en majorité de juges conservateurs et qu'elle est plusieurs fois allée dans le sens du républicain.

Remboursements

Donald Trump avait imposé ces surtaxes douanières en s'appuyant sur un texte de 1977 autorisant théoriquement l'exécutif à agir dans le domaine économique sans aval préalable du Congrès dès lors qu'une «urgence économique» était identifiée.

Or, selon le président de la Cour, John Roberts, le président doit «justifier d'une autorisation du Congrès claire» pour mettre en place des droits de douane.

Cette décision ouvre la voie à de possibles remboursements des surtaxes déjà payées par les entreprises.

Interrogé à ce sujet vendredi, le président américain a souligné que cette question n'avait «pas été abordée» par la Cour et estimé qu'elle occuperait les tribunaux pendant des années.

Les droits de douane collectés par les autorités américaines et visés par la décision de la Cour suprême ont dépassé 130 milliards de dollars en 2025, selon des analystes.

Un des juges dissidents, Brett Kavanaugh, a notamment justifié sa position par le fait que la décision «ne dit rien sur la manière dont le gouvernement devrait procéder pour rembourser les milliards collectés».

Les droits de douane visaient les pays avec lesquels les Etats-Unis affichaient un déficit commercial dans les échanges de biens. L'objectif de Donald Trump était aussi de fournir des ressources supplémentaires à l'Etat fédéral pour compenser des baisses d'impôts. (dal)

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