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Au deuxième jour du cessez-le-feu, la trêve est fragile

Vice President JD Vance speaks to reporters before boarding Air Force Two to return to Washington, at Budapest Ferenc Liszt International Airport in Budapest, Hungary, Wednesday, April 8, 2026. (Jonat ...
JD Vance a pris position en rentrant de Budapest.Keystone

«Si l'Iran veut que cette négociation échoue, c'est leur choix»

Après l'annonce d'une trêve entre l'Iran et les Etats-Unis, la communauté internationale s'inquiète que les frappes meurtrières d'Israël sur le Liban n'enrayent tout le processus. Téhéran et Tel Aviv menacent de reprendre les armes.
09.04.2026, 06:1209.04.2026, 07:15

Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran entre jeudi dans sa deuxième journée. Le vice-président JD Vance, qui doit conduire samedi la délégation américaine lors de discussions avec l'Iran au Pakistan, a jugé qu'il appartenait aux dirigeants iraniens de décider si la trêve échouait à cause du Liban. Il a déclaré mercredi en quittant Budapest:

«Si l'Iran veut que cette négociation échoue à cause d'un conflit dans lequel ils se font étriller au Liban, qui n'a rien à voir avec eux, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est leur choix»
JD Vance, vice-président américain

Des frappes israéliennes simultanées sur le Liban mercredi, en particulier des zones résidentielles de Beyrouth, ont fait 182 morts et 890 blessés, selon le ministère de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé avoir mené sa «plus grande frappe coordonnée» contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, disant avoir visé «des centaines» de membres du mouvement pro-iranien, dont un commandant. Les frappes ont visé, sans avertissement, plusieurs quartiers au coeur de la capitale, provoquant des scènes de panique.

Le Liban, point clé de l'accord

Or, un cessez-le-feu au Liban constitue l'une des «conditions essentielles» de l'Iran énoncées dans son plan en dix points, base de la trêve avec les Etats-Unis, a insisté mercredi le président iranien Massoud Pezeshkian, selon l'agence Isna.

Malgré l'arrêt des bombardements israélo-américains sur l'Iran, après 39 jours d'un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, le calme est encore loin d'être revenu dans la région et le flou subsiste sur les termes de l'accord.

Le président français, Emmanuel Macron, a insisté auprès de ses homologues américain, Donald Trump, et iranien, Massoud Pezeshkian, sur la nécessité d'étendre au Liban le cessez-le-feu conclu avec l'Iran, «condition nécessaire» selon lui pour qu'il soit «crédible et durable».

Négociations au Pakistan

Le Pakistan, médiateur du cessez-le-feu, a appelé les parties à la «retenue». «Des violations du cessez-le-feu ont été signalées en quelques endroits dans la zone de conflit, ce qui sape l'esprit du processus de paix», a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Des représentants des deux parties doivent se retrouver samedi à Islamabad pour négocier un règlement à la guerre, au-delà de la trêve de deux semaines décidée dans la nuit de mardi à mercredi, in extremis, avant l'expiration d'un ultimatum de Donald Trump.

Une riposte du Hezbollah?

Les frappes israéliennes ont suscité de nombreuses condamnations, des Nations unies à l'Irak en passant par la Jordanie. Le Haut-Commissaire des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a jugé l'ampleur des tueries «épouvantable» et appelé la communauté internationale à aider à mettre fin au «cauchemar».

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a décrété une journée de deuil national jeudi. De son côté, le Hezbollah a dit être en «droit de riposter». Les Gardiens de la Révolution iraniens ont également menacé de répliquer après le «massacre brutal» à Beyrouth.

Le Premier ministre pakistanais avait pourtant déclaré que le cessez-le-feu s'appliquait «partout», y compris au Liban, ce que Washington a ensuite démenti.

Le détroit d'Ormuz et l'uranium en question

Autre élément à même de fragiliser davantage le cessez-le-feu, un haut responsable de la Maison Blanche a assuré qu'un plan en dix points diffusé publiquement par l'Iran n'était pas le document servant de base aux négociations avec les Etats-Unis.

Une liste publiée par la République islamique évoque notamment «le maintien du contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz, l'acceptation de l'enrichissement d'uranium, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires».

Donald Trump, qui avait menacé mardi d'anéantir «la civilisation iranienne», s'est dit prêt à «discuter» de «la levée des sanctions» asphyxiant l'économie de l'Iran, mais a assuré qu'il n'y aurait «aucun enrichissement d'uranium».

Ton martial du côté israélien

Le ton reste martial du côté de son allié israélien: le cessez-le-feu «n'est pas la fin de la campagne» contre l'Iran, a lancé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ajoutant qu'Israël était «prêt à reprendre le combat à tout moment». La police israélienne a cependant annoncé que les Lieux saints des trois religions monothéistes à Jérusalem rouvriront jeudi.

Dans le Golfe, la prudence est de mise alors que l'Iran a poursuivi ses attaques de représailles au Koweït et aux Emirats arabes unis, qui entend exiger que l'Iran paye pour «les dommages et réparations». Téhéran a dit avoir ainsi riposté à des frappes aériennes menées après la trêve contre ses propres installations pétrolières.

Les bourses réagissent positivement

Malgré ces incidents, l'annonce d'une réouverture au compte-gouttes du détroit d'Ormuz, couloir stratégique par lequel transitent normalement 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures, a provoqué une vague de soulagement sur les marchés mondiaux, se manifestant par une chute des cours du pétrole et un rebond des Bourses.

Trois navires, dont l'un grec et un autre battant pavillon du Libéria, ont pu franchir le détroit mercredi, mais certains acteurs du transport maritime ont décidé de ne pas encore s'y hasarder, alors que plus de 800 bâtiments sont immobilisés dans le Golfe.

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a annoncé jeudi que les navires passant le détroit d'Ormuz devaient emprunter deux routes alternatives, proches des côtes iraniennes, invoquant la possibilité de «mines» sur l'itinéraire habituel plus au large.

(ats/acu)

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