Le Premier ministre israélien est arrivé mercredi au Congrès américain pour y prononcer un discours devant des élus très divisés. Israël et les Etats-Unis doivent «rester unis», a dit Benjamin Netanyahou au début de son discours après avoir été longuement applaudi à son entrée par les élus républicains, debout pour l'accueillir. A l'inverse, une partie des élus démocrates sont restés assis.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est dit «confiant» quant à l'issue des négociations pour faire libérer les otages détenus par le Hamas. «Je suis convaincu que ces efforts peuvent être couronnés de succès», a déclaré le dirigeant, remerciant le président Joe Biden «pour ses efforts inlassables» en faveur des otages. Dans l'assemblée pour écouter le leader israélien se trouvait notamment Noa Argamani, ex-otage de 26 ans.
Le Congrès américain est divisé sur la conduite de la guerre d'Israël à Gaza. Mais les Etats-Unis restent le premier allié et principal soutien militaire d'Israël. Benjamin Netanyahou a partagé sa «vision pour Gaza». «La démilitarisation et la déradicalisation» du territoire pourraient «conduire à un avenir de sécurité et de paix» avec l'appui d'une «administration civile», a-t-il déclaré.
«Israël ne cherche pas à réoccuper Gaza. Mais dans un avenir proche, nous devrons y maintenir un contrôle de sécurité prépondérant afin d'empêcher la résurgence de la violence et de faire en sorte que Gaza ne constitue plus jamais une menace pour Israël», a-t-il déclaré. Il a demandé une aide militaire à Washington pour «accélérer la fin de la guerre», désormais dans son dixième mois. «Gaza doit avoir une administration civile dirigée par des Palestiniens qui ne cherchent pas à détruire Israël», a encore déclaré Benjamin Netanyahu.
Selon Netanyahou, la «victoire» d'Israël serait aussi une victoire des Etats-Unis. Il s'exprimait après plus de neuf mois de guerre dans la bande de Gaza. «Nous ne nous protégeons pas seulement nous-mêmes. Nous vous protégeons. Nos ennemis sont vos ennemis, notre combat est votre combat, et notre victoire sera votre victoire», a déclaré le dirigeant ajoutant que son pays ferait «tout le nécessaire» pour «rétablir la sécurité» à sa frontière nord.
Il a également rendu un vibrant hommage à Donald Trump, dénonçant la tentative d'assassinat «ignoble» qui a visé le candidat républicain. Il a également remercié le président démocrate Joe Biden pour «ses efforts acharnés en faveur des otages».
Le Premier ministre israélien a en outre dénoncé «l'axe de la terreur» de l'Iran. «Au Moyen-Orient, l'axe de la terreur de l'Iran défie les Etats-Unis, Israël et nos amis arabes. Il ne s'agit pas d'un choc de civilisations, mais d'un choc entre la barbarie et la civilisation», a-t-il assuré. Il a qualifié les manifestants pro-Gaza d'«idiots utiles de l'Iran». Téhéran finance ces manifestations, a-t-il affirmé.
«J'ai un message pour ces manifestants: lorsque les tyrans de Téhéran qui pendent les homosexuels à des grues et assassinent les femmes qui ne se couvrent pas les cheveux vous applaudissent et vous financent, alors vous êtes officiellement devenus les idiots utiles de l'Iran», a-t-il déclaré alors que des milliers de manifestants se sont rassemblés autour du Congrès.
A l'extérieur du bâtiment justement, vers 19h30, de légers heurts ont éclaté entre des manifestants portant des drapeaux palestiniens et la police, qui a utilisé du gaz au poivre contre la foule pour la repousser alors qu'elle s'approchait du Capitole.
Auparavant, avec des slogans comme «Palestine libre», elle criait sa colère contre la venue du dirigeant israélien, contre lequel le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé un mandat d'arrêt pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
«Nous sommes horrifiés par la destruction du système de santé à Gaza», dit-il, alors que le territoire palestinien est assiégé et bombardé sans relâche par l'armée israélienne depuis l'attaque sans précédant du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.
«L'hypocrisie des hommes politiques a complètement dépassé les limites», dit Mo, un manifestant de 58 ans qui n'a pas souhaité donner son nom complet. Pour lui, le soutien américain à Israël est «la question numéro un» pour l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis.
«Recherche la paix et poursuis-la», peut-on lire sur une pancarte, reprenant une citation de la Bible. Des manifestants montrent Benjamin Netanyahou sur une affiche de criminel recherché quand d'autres demandent sur leurs pancartes: «Arrêtez ce criminel de guerre».
Le Premier ministre israélien doit s'entretenir jeudi avec le président américain Joe Biden. Il doit aussi rencontrer sa vice-présidente et désormais candidate démocrate à la présidentielle Kamala Harris ainsi que le candidat républicain Donald Trump.
(sda/ats/afp)