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Guerre contre l'Ukraine

Séance question-réponse de Poutine: ce qu'il faut retenir

On a regardé le (très long) show de Poutine et voici ce que l'on a retenu

Le président russe Vladimir Poutine paraît toujours aussi sûr de lui. Elle la destruction de l'Ukraine, elle, semble bel et bien au programme.
20.12.2024, 05:31
Russian President Vladimir Putin speaks during his annual news conference and call-in show at Gostinny Dvor in Moscow, Russia, Thursday, Dec. 19, 2024. (Gavriil Grigorov, Sputnik, Kremlin Pool Photo v ...
Comme chaque année, le président russe Vladimir Poutine s'est prêté à une séance de questions-réponses à la télévision.Keystone
Inna Hartwich, Moscou / ch media
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Ce que Vladimir Poutine pense de l'Ukraine, il le dit – presque de bonne humeur – après environ 40 minutes de son «bilan de l'année». Le président russe a pris la parole, jeudi, dans un mélange entre une conférence de presse et un format «Ligne directe», dans lequel des Russes triés sur le volet demandent au maître du Kremlin de résoudre leurs problèmes par téléphone, par vidéo ou par SMS.

On a donc tenté de synthétiser cette séance de psychothérapie annuelle – mise en scène bien évidemment –, dans une salle de conférence moscovite... Revenons à l'Ukraine.

Le président se cale dans son siège, s'éclaircit la gorge et propose une «expérience», le show propagandiste commence. Le but? Raconter la puissance de la Russie. L’Occident, dit-il avec son habituelle dose de cynisme, pourrait choisir un «objet au cœur de Kiev», l’équiper de «tous les systèmes de défense disponibles» et «la Russie le frapperait alors avec le “Oreshnik”», le meutrier missile que Moscou vend comme son arme «dernier cri».

«Nous verrons alors ce qui se passera. Nous sommes prêts.» Difficile de de ne pas comprendre qu'il voit l'Ukraine comme un terrain d’entraînement pour la Russie et ses nouvelles armes. Mais quoi de plus normal, ce n'est, à ses yeux, pas un Etat, il pose le décor:

«Ce pays, aux yeux de nombreux Russes, n’est même pas un Etat légitime. Il n’a ni véritable président, ni institutions solides. Il n’a qu’une illusion d’existence.»
Vladimir Poutine

Dans ce contexte, il assure qu’il pourrait négocier avec «n’importe qui» en Ukraine, mais pas avec Volodymyr Zelensky, qu’il juge illégitime et donc incapable de signer un quelconque accord.

Une session participative

Cette intervention de Poutine – qui a duré quatre heures et demie tout de même – était retransmise à travers la Russie et dans les territoires occupés d'Ukraine. Là-bas, elle est imposée dans les jardins d’enfants, les hôpitaux et les centres culturels. Il est donc largement question de l'«opération militaire spéciale», car, oui, c'est toujours comme ça que le régime parle de sa guerre contre Ukraine.

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A partir de là, les questions posées par les spectateurs tournent autour les avantages accordés aux participants ladite opération, sur la solde des soldats de la région de Koursk qui - «oh, je ne le savais pas», dit Poutine - ne sont pas considérés comme des participants à l'opération militaire spéciale et reçoivent, par conséquent, dix fois moins d'argent. Dans la même veine, le maître du Kremlin évoque la réhabilitation des soldats et le déroulement de «l'opération militaire» en général...

Poutine parle de négocier

Mais il est aussi question de négociations et des compromis que la Russie pourrait envisager pour achever cette guerre qui n'en est pas une pour Moscou. «Bien sûr», affirme Poutine, la Russie est toujours prête à négocier, «sans préconditions». Pourtant, il renvoie à son discours de juin 2024, dans lequel il avait clairement fixé des préalables aux discussions: le retrait de l’Otan d’Europe de l’Est, la limitation de la présence américaine en termes d’armement sur le continent et la garantie que la Russie assurerait elle-même la sécurité en Ukraine.

Si Kiev accepte ces conditions – qui équivalent à une capitulation – alors la Russie «serait ravie de négocier». Mais Moscou ne bougera pas d’un iota.

Et les thèmes qui fâchent?

Poutine esquive les questions les plus gênantes. La Syrie? «Une défaite russe, nous dit-on. Ce n'est pas le cas. Nous avons atteint tous nos objectifs là-bas», assure-t-il.

Koursk? «Il n'y a aucun doute, nous allons tout libérer», tente-t-il de rassurer une interlocutrice qui a dû fuir son village dans la région concernée, occupée depuis cet automne par l'Ukraine.

Il ne mentionne pas les soldats nord-coréens ni les pertes subies par la Russie dans la région, mais préfère parler de nouvelles routes, de nouveaux hôpitaux et gymnases en Russie et dans les territoires occupés. «Ça avance», répète-t-il en assénant des phrases comme: «Nous avons la souveraineté au cœur, alors que l’Ouest est dépourvu de foi.»

Poutine, pour convertir les plus frileux à ses positions, adopte un ton désinvolte: «Chez nous, c’est toujours pareil: quand tout est calme, on s’ennuie. On veut plus d’action. Mais dès que les balles sifflent, on prend peur. Mais je vous le dis: la Russie progresse.» Une guerre par ennui? «J’ai sauvé la Russie de l’abîme», déclare-t-il avec assurance.

Une journaliste russe lui demande, en guise de conclusion: «Si vous pouviez revenir en février 2022, changeriez-vous votre décision?» Poutine répond, avec son assurance habituelle: «Nous aurions dû tout commencer encore plus tôt.» Le maître du Kremlin, fidèle à lui-même, termine: «Nous aurions dû tout commencer encore plus tôt.»

Vladimir Poutine dans tous ses états
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Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
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Attaque drone sur Odessa, en Ukraine
Video: watson
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