La ministre de la Justice accusée d'«étouffer» l'affaire Epstein
Les élus démocrates au Congrès ont accusé mercredi la ministre de la Justice, Pam Bondi, d'«étouffer» l'affaire Epstein. Cela en ne respectant pas la loi obligeant l'administration Trump à faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
Il faisait notamment référence à deux manifestants protestant contre la police de l'immigration (ICE) tués en janvier par des policiers fédéraux.
«Du côté des auteurs»
«Vous êtes du côté des auteurs de crimes et vous ignorez les victimes. Ce sera votre bilan, à moins que vous ne changiez rapidement de cap. Vous dirigez du ministère de la Justice un étouffement massif de l'affaire Epstein», a poursuivi l'élu démocrate.
Sur les «plus de trois millions de pages» du dossier Epstein publiées le 30 janvier par le ministère de la Justice, «vous avez caviardé les noms des exploiteurs et des complices, apparemment pour leur éviter la gêne et le discrédit, ce qui est exactement le contraire de ce que la loi vous a ordonné de faire», a souligné Jamie Raskin.
La ministre a défendu la publication des documents par ses services. «J'ai passé toute ma carrière à me battre pour les victimes et je continuerai à le faire», a-t-elle assuré, se disant «profondément navrée» pour toutes les victimes, en particulier de Jeffrey Epstein, criminel sexuel mort en prison en août 2019 avant son procès pour exploitation sexuelle.
La masse de documents publiée le 30 janvier ne contient pas d'élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait prévenu le numéro 2 du ministère de la Justice, Todd Blanche.
L'administration Trump s'est acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la transparence sur cette affaire, avait affirmé Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.
Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent l'onde de choc des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.
Les démocrates ont par ailleurs interpelé la ministre sur les poursuites pénales engagées contre des cibles désignées nommément par le président Trump.Ils se sont néanmoins félicités que des juges les aient annulées, comme pour l'ex-directeur du FBI James Comey ou la procureure générale de New York, Letitia James, en novembre, ou que des jurys de citoyens aient refusé de les inculper, notamment mardi dans le cas de six élus démocrates qui avaient exhorté les militaires à désobéir aux «ordres illégaux» de l'administration.
«Vous avez transformé le ministre de la Justice au service du peuple en instrument de vengeance de Trump. Trump commande des inculpations comme il commanderait des pizzas, et vous vous exécutez», a raillé Jamie Raskin. «Vous obéissez au doigt et à l'oeil», a-t-il insisté. (mbr/ats)
