On a navigué dans la boîte mail de Jeffrey Epstein
A l’ouverture de Jmail, le décor est immédiatement reconnaissable. A gauche, une colonne listant «Inbox», «Starred», «Sent». Au centre, une succession de mails datés, avec expéditeur, objet et aperçu du message. En haut, une barre de recherche.
L’ensemble imite presque à l’identique l’interface de Gmail. A ceci près qu’aucune connexion n’est demandée, la boîte est déjà ouverte. Et elle est présentée comme celle de Jeffrey Epstein.
Le site a été lancé fin novembre 2025 par deux Américains. Luke Igel, patron d’une entreprise de montage vidéo basée sur l'IA et Riley Walz, ingénieur et «artiste d’internet».
Leur Jmail ne prétend pas révéler des documents secrets. Tous les courriels accessibles proviennent d’archives judiciaires rendues publiques aux Etats-Unis, notamment dans le cadre de procédures liées à l’affaire Epstein. Des milliers de pages, longtemps disponibles sous forme de PDF peu lisibles et indigestes, ont été réorganisées pour être consultées comme si l’on se promenait sur une vraie messagerie en ligne.
Elon Musk, Bill Gates, Ghislain Maxwell…
En cliquant sur un message, le contenu s’ouvre dans une fenêtre centrale, avec date, expéditeur, destinataire et corps du texte. Certains échanges sont courts, d’autres plus détaillés.
Une fonction de recherche permet de taper un nom, un mot-clé ou une adresse, comme on le ferait dans sa propre messagerie. En quelques secondes, on peut ainsi faire apparaître tous les mails contenant un patronyme précis ou une expression récurrente.
J'ai testé avec Marco Rubio:
Sur la gauche de l’écran, une section «People» liste des correspondants dont les noms figurent dans les archives. Des personnalités connues, issues des mondes politique, académique, économique ou culturel, comme sa compagne et complice Ghislaine Maxwell, Bill Gates ou encore Elon Musk.
Leur présence ne signifie pas qu’elles soient toutes mises en cause; elles apparaissent parce que leur nom ou leur adresse figure dans les échanges rendus publics. Le site se contente de donner accès aux documents tels quels.
Jmail ne se limite pas à la boîte mail. D’autres sections, accessibles depuis le menu, renvoient à des documents complémentaires issus des mêmes archives publiques, comme des images, des fichiers ou des données liées aux déplacements d’Epstein. Là encore, le principe est identique: rendre consultables, pour tout un chacun, des éléments auparavant disséminés dans des milliers de pages officielles, et ce de manière fluide, «user friendly».
Un résumé de ce qu'on y trouve:
@ninon.ia Jmail.world (non, pas de risques de malware je sais pas d’où vient cette rumeur)
♬ Spooky, quiet, scary atmosphere piano songs - Skittlegirl Sound
Le site, que vous pouvez consulter vous aussi, précise que les contenus n’ont pas été modifiés et qu’ils renvoient systématiquement vers leurs sources d’origine. Il est alimenté régulièrement avec de nouvelles pièces. Jmail est «simplement» une mise en scène de l’accès à l’information. Une boîte mail comme les autres… sauf que celle-ci ressemble à celle qui appartenait à l’un des hommes les plus sombres des dernières décennies.
