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Le Milkshake

Un fan de Trump: «C'est un grand honneur d'être en otage»

Saviez-vous qu'en 2017, Trump a interrompu un briefing de la CIA à propos de l'Afghanistan pour commander des milkshakes?
Saviez-vous qu'en 2017, Trump a interrompu un briefing de la CIA à propos de l'Afghanistan pour commander des milkshakes?
Le Milkshake

«C'est un grand honneur pour moi d'être un otage»

Alexander Sheppard a 24 ans et il est «putain de fier». Il vient de se livrer dans une prison fédérale où il dormira les dix-neuf prochains mois. Le 6 janvier 2021, le gosse entrait par effraction dans le Capitole «en héros». Pour Donald.
03.11.2023, 19:0003.11.2023, 19:23
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Le Milkshake... what the hell?!
De la présidentielle 2024 aux déboires judiciaires de Donald Trump, la démocratie américaine a le feu au cul. Pour vous raconter au mieux ces petites et grandes américaneries, Marine et Fred vous serviront régulièrement un bon gros Milkshake bien frais. Un concentré de fast news comme seule l'Amérique sait nous en fourguer.

🌑 Un parmi d'autres. Beaucoup d'autres. Alexander Sheppard est un émeutier. Le 6 janvier 2021, visière MAGA sur le pif, étendard américain sur l'épaule, il fut l'un des premiers à violer le berceau de la démocratie, en l'honneur d'un président qui n'acceptera jamais sa défaite.

Il avait 21 ans à l'époque.

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Contrairement à la plupart de ses copains assaillants, ce jeune homme de Powell, un patelin de 11 000 habitants paumé dans l'Ohio, ne regrette pas son geste. Pendant trois ans, Alexander va se défendre la tête haute, persuadé d'avoir incarné un justicier de la vérité et d'avoir «manifesté pacifiquement» contre un cambriolage électoral orchestré par l'ennemi démocrate, ce deep state.

Pour l'anecdote, une fois à l'intérieur d'un Capitole qu'il est «fier» d'avoir «fait tomber avec de god damn heroes», il enregistrera une vidéo «à son propre honneur», selon les mots des procureurs fédéraux. Trois jours plus tard, sur les réseaux sociaux, Alex ira trop loin.

«Nous ne devrions pas pendre Mike Pence. C'est un peloton d’exécution qu'il mérite!»

Le 22 février 2021, chez ses parents à Columbus, des agents du FBI lui passeront les menottes. Une étape qu'il va vivre avec l'émotion d'une première communion ou d'une remise de diplôme. La consécration. On l'accuse notamment d'entrave à une procédure officielle et de conduite désordonnée dans un bâtiment du Capitole. Les enquêteurs ne tomberont en revanche jamais sur la moindre preuve de violence, malgré «la volonté manifeste d'inciter la foule à se rebeller». Un détail majeur, qui lui évitera la dizaine d'années de taule que ses copains se mangent, les uns après les autres, depuis plusieurs mois.

Le 6 septembre, un mardi, il sera condamné en stéréo avec le leader des méchants Proud Boys. Si Enrique Tarrio est privé de cheeseburger pendant 22 ans, Alexander Sheppard écope de dix-neuf petits mois de prison.

Et puis, jeudi 2 novembre, le garçon s'est rendu de son propre chef à la prison fédérale du district de Columbia.

«C'est un grand honneur pour moi d'être retenu en otage en tant que prisonnier politique dans ces Etats-Unis d'Amérique»
Alexander Sheppard, sur la plateforme X.

Les pouces levés à la manière de son mentor, il posera devant les grillages de sa nouvelle demeure, emballé dans un T-shirt «Let's go Brandon». Un célèbre slogan de ralliement, cuisiné par l'extrême droite et signifiant en réalité «Fuck Joe Biden». Il ponctue son dernier message d'homme libre par un «Au revoir... pour le moment» qui en dit long. Alexander Sheppard n'en a pas fini avec sa mission divine, puisque cette expérience le «rapproche comme jamais de notre grand Donald Trump».

Le voilà, lui aussi, dans la peau d'un martyre.

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Pourquoi l'accusé Trump, malgré les charges qui pèsent contre lui, trône-t-il lourdement au sommet des sondages électoraux? Pourquoi est-il toujours, malgré les menaces d'emprisonnement, le plus puissant et le plus sérieux candidat républicain à la Maison-Blanche?

Parce qu'Alexander Sheppard, 24 ans.

Ils sont plusieurs millions, comme lui, à avoir trouvé en Donald Trump un patriarche, un modèle, un gourou. Cette emprise psychologique, qui est parfois difficile à mesurer, vient de s'incarner violemment dans le corps et le destin de ce pauvre gosse, qui croit sincèrement avoir passé sa première nuit dans une fringue orange de «prisonnier politique». Quelques minutes après avoir partagé sa photo sur X, le compte officiel des fans MAGA enfoncera le dernier clou dans le cercueil idéologique:

«You are a hero»

C'est ça, Donald Trump. Et c'est glaçant.

***

Le fétichisme du jour

«Si Donald Trump parvient à rassembler ses couilles pour se présenter au débat, je porterai une botte sur la tête»
Ron DeSantis, le 2 novembre sur Newsmax

Allez, on vous la fait courte.

Du moins, autant que la taille supposée du candidat Ron DeSantis. Depuis que Trump se fout copieusement de celui qu'il surnomme, entre autres, «Tiny D.», les théories fusent. Notamment au sujet de ses affreuses bottes.

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Si le gouverneur de Floride «jure devant Dieu» ne pas y planquer de réhausseurs, trois cordonniers viennent d'assurer le contraire au très sérieux Politico. Bref, le #bootgate n'en finit plus d'enfler, mais ce n'est pas tout à fait anodin: William McKinley fut le dernier président des Etats-Unis à mesurer moins d'1,80 mètres et c'était en... 1897, comme nous le rappelait Marine, ici, non sans malice.

A une semaine du prochain débat des républicains, DeSantis a donc voulu retourner le (bad) buzz à son avantage, en défiant les parties génitales de milliardaire de Mar-a-Lago. Sans oublier d'arguer que «ce n'est pas le moment pour le fétichisme des pieds. Le pays a des problèmes plus sérieux à régler».

En jetant un rapide coup d'oeil à l'internet mondial, on réalise que l'effort fut vain. Jeudi, sur X, Trump Junior s'est non seulement souvenu de la forme du pays de la carbonara, mais des origines italiennes de celui qui, askip, mesure à peine 153 centimètres.

Povero Ronaldo.

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La résurrection du mois

«Where is Melania?» Bah, à Mar-A-Lago. Dans une soirée Halloween monstrueuse (dans tous les sens du terme), mais sans avoir poussé le bouchon jusqu'à dégainer un déguisement. Froide dignité oblige. L'ex-première dame est enfin réapparue publiquement aux côtés de son mari, après plusieurs mois d'un cache-cache au moins aussi effrayant que le contrat de mariage qu'elle vient «discrètement» de renégocier.

Pas de quoi s'exciter non plus, hein. Sur cette vidéo postée le fameux Día de los Muertos, Madame Trump n'a pas vraiment l'air de prendre un immense pied.

Celui de DeSantis? (Désolé, c'est vendredi.)

Le dialogue du siècle

«Et bien... vous savez... nous... Disons qu'il arrive un moment... peut-être toutes les six à huit générations, où le monde change en très peu de temps»
Joe Biden, président des Etats-Unis
«Nous y sommes»
Gabriel Boric, président du Chili

Le 2 novembre, dans la douce chaleur du Bureau ovale, Biden et Boric ont échangé sur la marche du monde, les conflits en cours, la réponse sanglante d'Israël (que le Chilien condamne et que l'Américain défend). En d'autres termes, l'avenir de l'humanité et un feu de bois furent, le temps d'une rencontre officielle, entre les mots et les mains de deux puissants, scrutés par les caméras.

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image: getty

Si nous étions dans une série Netflix, cette discussion pourrait parfaitement clôturer une saison, condamnant de facto la suivante à la catastrophe. Allez, faites chauffer les bouquins d'Histoire: nos héritiers risquent bien d'avoir à apprendre ce dialogue de fin du monde par coeur, sur les bancs d'école.

Voilà, c'est tout pour le Milkshake. Et god bless la franchise de Jill Biden!

«Wow, mais ce costume... Dieu merci, ce n'est qu'un seul rendez-vous!»
Jeudi soir, dans une collecte de fonds dans l'Upper East Side, la première dame a bien voulu raconter sa rencontre avec Joe, en 1975, dans un date arrangé qu'elle redoutait... tellement le costard du jeune Biden ne lui plaisait guère.

Bon... franchement... ça va, nan?

Le sénateur Joe Biden candidat à la présidence des Etats-Unis en 1987, avec sa femme Jill Biden. (Photo by Rick Maiman/Sygma via Getty Images)
Image: Sygma
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Video: watson
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