Tesla atteint un niveau 2+ aux Pays-Bas et voici ce que cela implique
Le constructeur américain est désormais autorisé à faire circuler des véhicules équipés de ce système sur les routes néerlandaises. Il s’agit de la première mise à disposition en Europe, dans des voitures clients, du Full Self-Driving (FSD).
Le nom peut prêter à confusion. Le «Full Self-Driving» suggère une voiture capable de se conduire seule, laissant au conducteur la liberté de regarder Netflix ou de lire un journal. En réalité, cette perspective reste très hypothétique. Thomas Rohrbach, de l’Office fédéral des routes (Ofrou), rappelle une distinction fondamentale:
Dans le cas de Tesla, on parle uniquement de conduite assistée.
Les systèmes d’automatisation sont classés de 0 à 5. Le niveau 2, déjà généralisé dans les véhicules modernes, permet, par exemple, le freinage et l’accélération automatiques. Le niveau 5 correspond à une autonomie totale, sans conducteur requis du début à la fin du trajet. C’est seulement à ce stade qu’il serait possible d’envisager des activités comme regarder un film en roulant.
Un système qualifié de «niveau 2+»
Aux Pays-Bas, le FSD de Tesla correspond en réalité à un niveau 2+, soit une conduite hautement assistée, mais pas automatisée. Le système peut freiner, accélérer ou changer de voie, mais le conducteur doit rester attentif en permanence. Tesla insiste sur ce point: une supervision active est indispensable à tout moment. «Un fonctionnement autonome du véhicule n’est pas possible», précise l’entreprise. Le conducteur reste, en outre, légalement responsable.
Tesla met toutefois en avant des gains en matière de sécurité. «Avec le FSD supervisé activé, les collisions sont jusqu’à sept fois moins probables par kilomètre parcouru que lors d’une conduite exclusivement manuelle», affirme le constructeur, en s’appuyant sur environ 14 milliards de kilomètres déjà parcourus. En Suisse, une dizaine de véhicules équipés du FSD sont actuellement en phase de test depuis janvier, selon l’Ofrou.
Le système repose principalement sur les caméras du véhicule et sur des algorithmes d’intelligence artificielle. Les données issues de la flotte mondiale alimentent un apprentissage continu, permettant d’améliorer les performances du logiciel. Avec l’accord des utilisateurs, certaines informations sont transmises à Tesla.
La Suisse autorise déjà le niveau 3
Depuis le 1er mars 2025, la Suisse autorise la conduite automatisée de niveau 3 dans trois cas précis, sous conditions techniques strictes. Ces systèmes concernent notamment des véhicules de BMW, Mercedes et Audi.
Dans ce cadre, le conducteur peut, par exemple, activer un pilote autoroutier et retirer les mains du volant. Les véhicules peuvent également se garer seuls dans des parkings ou circuler sans conducteur sur des itinéraires définis, sous surveillance à distance.
Ce niveau 3 va donc nettement plus loin que le système actuellement proposé par Tesla. Aucun constructeur ne commercialise encore, à ce jour, de véhicules équipés de telles fonctionnalités en Suisse. Les coûts restent élevés et la demande encore limitée, rappelait récemment Helmut Ruhl, directeur d’Amag, lors d’un symposium consacré à la conduite autonome. (aargauerzeitung.ch) (trad. tib)
