On sait ce qui a causé l'accident de funiculaire à Lisbonne
Dans son rapport préliminaire, le Bureau d'enquête sur les accidents aériens et ferroviaires (GPIAAF) a conclu que le câble reliant les deux cabines du funiculaire de la Gloria à Lisbonne, dont la déconnexion a provoqué le déraillement meurtrier d'une d'entre elles, n'était pas aux normes fixées par son opérateur Carris, ou «Companhia Carris de Ferro de Lisboa» (CCFL).
En attendant la publication de son rapport final, prévu dans un délai d'un an après l'accident, l'agence a recommandé que les autres ascenseurs de la capitale portugaise restent à l'arrêt, comme c'est le cas depuis l'accident du 3 septembre, afin de garantir qu'ils disposent de systèmes de fixation des câbles et d'appareils de freinage «capables d'immobiliser les cabines en cas de rupture du câble».
Doutes sur l'entretien
Le 3 septembre, une des deux cabines de l'emblématique «ascenseur de Gloria», l'un des trois funiculaires historiques de Lisbonne, a dévalé cette rue pentue à toute vitesse et déraillé avant de s'écraser contre un immeuble, faisant 16 morts et une vingtaine de blessés.
Parmi les personnes décédées – huit hommes et huit femmes âgés de 36 à 82 ans – se trouvaient cinq Portugais et onze étrangers: trois Britanniques, deux Sud-Coréens, deux Canadiens, une Française, une Suissesse, un Américain et un Ukrainien.
Le funiculaire de la Gloria, qui date de 1914 dans sa configuration actuelle, est composé de deux wagons jaunes, pouvant accueillir 42 personnes, qui montent et descendent alternativement par un système de contre-poids un dénivelé de 45 mètres sur 276 mètres de long.
Selon les premiers éléments d'enquête communiqués par le GPIAAF trois jours après l'accident, celui-ci a été provoqué par «la déconnexion du câble entre les deux cabines», au niveau du point de fixation de celle qui venait de commencer sa descente. Les enquêteurs avaient précisé:
Mais les points de fixation du câble aux cabines ne sont visibles qu'au moment de son remplacement, qui doit avoir lieu tous les deux ans. En l'occurrence, ce câble avait été installé à l'été 2024, a précisé le GPIAAF lundi. Les enquêteurs du GPIAAF ont en outre indiqué dans leur rapport que les opérations régulières d'entretien avaient bien été «enregistrées comme exécutées», sauf qu'ils ont également «recueilli des éléments selon lesquels ce registre ne correspond pas aux tâches réalisées effectivement».
«Bombe à retardement»
Carris avait jusqu'ici affirmé que les travaux de maintenance, effectués depuis plusieurs années par un sous-traitant, avaient toujours été réalisés dans les délais.
Les éléments préliminaires du GPIAAF avaient déjà établi que le conducteur de la cabine avait bien activé les deux systèmes de frein dont elle dispose, mais ceux-ci n'étaient pas conçus pour arrêter le wagon sans l'aide de l'effet de contrepoids.
D'après l'expert Carlos Neves, président du collège d'ingénierie mécanique de l'Ordres des ingénieurs, le déraillement de septembre a mis à nu «une faille structurelle de sécurité».
Avant de connaître le rapport dévoilé lundi, il avait déclaré:
(ag/ats)
