L'ex-prince Andrew est libre
La BBC a diffusé peu avant 19h30 heures un cliché du prince déchu à l'arrière d'une voiture, quittant le poste de police où il avait été interrogé. Dans un communiqué transmis à la chaîne britannique, les forces de l'ordre ont confirmé que: «Nos recherches dans le Norfolk sont maintenant terminées.»
L'ex-prince Andrew, qui a fêté ses 66 ans aujourd'hui, a été interpellé par la police lors d'une perquisition menée à 8 heures du matin à son nouveau domicile de Wood Farm, sur le domaine de Sandringham. Il est le premier membre de la famille royale de l'époque moderne à être arrêté.
Il semblerait que l'ancien duc d'York ait été arrêté pour avoir transmis des informations sensibles au financier pédophile condamné Jeffrey Epstein, alors qu'il agissait en tant qu'envoyé commercial du gouvernement britannique.
Plus tôt dans la journée, interpellé par des journalistes, Charles III n'a pas répondu aux questions concernant l'arrestation de son frère cadet, alors qu'il assistait à un événement dans le centre de Londres. Le roi s'est toutefois fendu d'un communiqué dans lequel il annonçait collaborer avec les autorités.
«Tant que ce processus est en cours, il ne serait pas approprié que je fasse d'autres commentaires à ce sujet. Entre-temps, ma famille et moi-même continuerons à accomplir notre devoir et à vous servir tous», conclut la déclaration.
Allégations d'agressions sexuelles
Ces derniers jours, la police avait indiqué examiner des documents contenus dans la dernière livraison des dossiers Epstein, publiés le 30 janvier par le ministère américain de la Justice. De nouvelles accusations en avaient émergé à l'encontre de l'ex-prince, déchu de tous ses titres royaux par le roi en octobre.
La police de Thames Valley avait notamment indiqué se pencher sur des allégations selon lesquelles une femme avait été envoyée au Royaume-Uni par Epstein en 2010 pour avoir des relations sexuelles avec Andrew, dans sa résidence de Windsor. La police n'a pas évoqué ces accusations jeudi. On ignore si elle pourrait l'interroger sur ce sujet.
Andrew a aussi été accusé par l'Américaine Virginia Giuffre d'agressions sexuelles remontant à l'époque où elle avait 17 ans - des accusations qu'il a toujours démenties dans le passé. Les frères et soeurs de Virginia Giuffre se sont dit eux jeudi «réconfortés de savoir que personne n'est au-dessus des lois, pas même la royauté», ajoutant qu'Andrew n'avait «jamais été un prince».
En 2022, une action en justice intentée par Virginia Giuffre contre Andrew s'était soldée par un accord à l'amiable de plusieurs millions de livres.La tentaculaire affaire Epstein - dans laquelle jusqu'ici une seule personne, Ghislaine Maxwell, ex-compagne d'Epstein, a été condamnée - a mis en cause de multiples personnalités à travers le monde.
Mais la monarchie britannique est en première ligne, et cette arrestation, inédite depuis le XVIIe siècle, «met à l'épreuve sa transparence et ses responsabilités», a estimé l'historienne de la monarchie Anna Whitelock, de la City University de Londres.
Pour l'expert royal Ed Owens, «Andrew est comme une bombe non explosée» que la reine Elizabeth II - dont Andrew avait la réputation d'être le fils préféré - aurait léguée à Charles. La police demandera-t-elle des informations sur sa période d'envoyé au commerce, ses relations avec Ghislaine Maxwell, ou voudra-t-elle interroger les membres de la famille royale? «Toutes ces questions sans réponse doivent contribuer à l'anxiété du roi», a-t-il estimé. (mbr avec afp)
