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Voici ce qui pousse 2000 Colombiens à combattre en Ukraine

In this photo taken on Oct. 25, 2025 and provided by Ukraine's 24th Mechanised Brigade press service, a serviceman walks at the front line, amid Russia's attack on Ukraine, near the frontlin ...
Dans son combat contre la Russie, l'Ukraine a grandement besoin d'aide extérieure. Image: keystone

Voici ce qui pousse 2000 Colombiens à combattre en Ukraine

Sur le front, on trouve un important contingent de militaires sud-américains. Parmi eux, les Colombiens sont les plus nombreux. Un média allemand a rencontré certains d'entre eux.
18.11.2025, 16:5518.11.2025, 16:55

Sur le front, plusieurs milliers de volontaires étrangers combattent actuellement en Ukraine contre les troupes russes. Une grande partie d’entre eux, environ 40%, vient d’Amérique du Sud, les Colombiens formant le plus grand contingent.

Selon les autorités ukrainiennes, quelque 2000 Colombiens sont déjà entrés dans le pays en tant que soldats sous contrat.

Une présence sud-américaine qui s'intensifie

Comme l’a constaté un reporter de Welt lors d’une visite dans l’un des camps d’instruction secrets, cet immense afflux conduit à une organisation militaire inhabituelle. Les brigades ukrainiennes forment désormais des compagnies composées presque exclusivement de Sud-Américains, avec principalement des Colombiens, mais aussi des Chiliens et des Brésiliens. Cela simplifie leur formation, puisqu’en général, seuls l’espagnol et l’ukrainien doivent être parlés.

Le commandant ukrainien d’une unité de ce type, dont le nom de guerre est «Le Musicien», était professeur de piano avant la guerre. Il forme désormais ces Sud-Américains à devenir des soldats de première ligne dans le nord-est du pays.

Le Musicien.
«Le Musicien».Image: welt

Un cruel manque de personnel

Au début, seuls les volontaires ayant une expérience militaire pouvaient entrer dans la Légion internationale. En raison du grand besoin de soldats en première ligne, l’Ukraine a toutefois assoupli ces critères, et beaucoup de recrues arrivent aujourd’hui sans aucune expérience du combat. Quelques anciens membres de forces spéciales ou certains policiers venus de Colombie ou du Brésil servent aussi, mais ils restent minoritaires.

Pour Kiev, ces soldats étrangers sont plus essentiels que jamais. Après bientôt 4 années de guerre, l’armée ukrainienne souffre d’un manque crucial de soldats sur le front. L’âge de la mobilisation est fixé à 25 ans, et, dernièrement, les programmes de recrutement pour les plus jeunes n’ont pas rencontré un franc succès.

Cette infériorité numérique fait que sur certaines portions du front, la supériorité de l'armée russe atteint un ratio de 7 contre 1, ce qui lui permet d’avancer lentement, mais régulièrement, malgré de lourdes pertes.

L'argent comme motivation principale

Pour beaucoup de Sud-Américains, cet engagement est principalement un choix économique. Oliver (37 ans), un Colombien qui a servi durant 14 ans dans son pays et effectue désormais sa deuxième mission en Ukraine, le confirme. Alors que la solde dans son pays est extrêmement faible, les soldats déployés en première ligne en Ukraine gagnent jusqu’à 3000 euros par mois.

Grâce à cette solde, Iberson Raul Martinez (29 ans), qui combattait des criminels dans son pays, veut lui aussi acheter un terrain en Colombie et construire une maison pour sa famille. Il explique:

«Pour la plupart d’entre nous, nos familles sont la motivation»

Beaucoup disent toutefois aussi apprécier, tout simplement, la vie militaire et la guerre.

Iberson Martinez raconte à Welt pourquoi il combat en Ukraine.
Iberson Martinez raconte à Welt pourquoi il combat en Ukraine.Image: screenshot youtube

Ce choix comporte un risque immense, puisque des centaines de milliers de soldats sont déjà tombés au combat. Mais, contrairement aux Ukrainiens, les étrangers peuvent résilier leur contrat à tout moment. Iberson Martinez veut rester aussi longtemps que possible, tandis qu’Oliver, père de deux enfants, souhaite rentrer en Colombie après sa mission et «simplement profiter du temps avec [sa] famille».

La plupart des volontaires sud-américains combattent seulement quelques mois sur la ligne de front, d’autres restent plus longtemps, jusqu’à 3 ans. L’Ukraine, en tout cas, a grand besoin de leur aide. (pre)

Traduit de l'allemand par Joel Espi

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Exilé en France, l’Iranien Mahmoud Moradkhani connaît intimement l’ayatollah Ali Khamenei. Le guide suprême est son oncle. Un dirigeant despotique «capable de tout», affirme aujourd’hui le médecin.
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