Dolce & Gabbana à l'origine d'un nouveau scandale
C’est un retour de flamme dont se serait bien passée la maison de luxe Dolce & Gabbana. Comme le rapporte le Huffington Post, la controverse a éclaté lors de la Fashion Week de Milan, où le choix de la scénographie a immédiatement fait grincer des dents.
Cette polémique a été largement amplifiée sur les réseaux sociaux, notamment par le créateur de contenu Lyas. Dans une vidéo devenue virale, ce dernier a pointé du doigt le manque flagrant de diversité du casting. Il explique notamment à ses quelque 400 000 abonnés:
Avant de pointer du doigt «l’audace» du nom de la campagne promotionnelle du show: «THE PORTRAIT OF MAN» (en français, «Portrait d’homme»). De quoi, selon ses mots, souligner le décalage persistant entre les discours d'inclusion de l'industrie et la réalité des podiums de la marque italienne.
La vidéo de Lyas 👇
Mais c’est l’intervention publique de Bella Hadid qui a mis le feu aux poudres. Le mannequin star n’a pas mâché ses mots dans la colonne commentaires de Lyas.
La preuve 👇
Bella Hadid a fustigé Dolce & Gabbana, rappelant les années de «racisme, sexisme, sectarisme et xénophobie» reprochées au duo de créateurs, Domenico Dolce et Stefano Gabbana, par le passé. Elle a notamment exhorté l’industrie de la mode à cesser de fermer les yeux sur des comportements qu’elle juge systémiques au sein de la marque.
Pour de nombreux amateurs de mode, ce défilé marque un faux pas majeur au moment même où d’autres maisons, à l’instar de Prada, choisissent des orientations plus engagées et politiques. «J'étais un grand partisan de cette marque à l'époque, mais plus maintenant», réagit notamment un internaute. «Je ne suis pas surpris, expose un autre. Ils nous ont souvent montré qui ils étaient».
Une longue série de controverses
De fait, Domenico Dolce et Stefano Gabbana sont devenus des habitués des sorties de route médiatiques. En 2015, Dolce avait déclenché un tollé mondial en qualifiant les enfants nés par fécondation in vitro de «chimiques» et de «synthétiques» lors d’une interview. Ce dérapage avait poussé des personnalités comme Elton John à appeler au boycott total de la griffe.
Mais le passif de la marque ne s’arrête pas là. En 2018, Dolce & Gabbana avait dû annuler en urgence un défilé majeur à Shanghai après la diffusion de vidéos jugées racistes, montrant une femme chinoise tentant maladroitement de manger des plats italiens avec des baguettes.
La situation s'était envenimée avec la fuite d’un échange privé sur Instagram entre Stefano Gabbana et la mannequin Michaela Phuong Thanh Tranova. Dans ces messages, le créateur tenait des propos polémiques, qualifiant notamment les Chinois de «mangeurs de chiens».
Quelques années plus tôt, la commercialisation de «sandales d'esclaves» (Slave Sandals) avait aussi suscité l’indignation. Ces polémiques à répétition dessinent aujourd'hui le portrait d'une maison en décalage permanent avec les enjeux de diversité de son époque.
Pour l’heure, la marque italienne n’a pas encore officiellement répondu aux propos de Bella Hadid.
Malgré les tentatives de réhabilitation de la maison ces dernières années, cette nouvelle crise pourrait marquer un point de rupture. Comme le souligne le Huffington Post, Dolce & Gabbana est désormais «étrillée» par une partie de la communauté de la mode toujours plus sensible à la notion d'inclusivité au sein de l'industrie artistique.
(jod)
