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Des chercheurs suisses démontent un mythe sur la fatigue

Des chercheurs suisses démontent un mythe sur la fatigue

Les chercheurs suisses démontent le mythe de la fatigue printanière.
La fatigue printanière ne serait pas un phénomène biologique.Image: Shutterstock
Une étude menée par l’Université de Bâle suggère que la fatigue printanière ne serait pas un phénomène biologique, mais plutôt culturel et lié à nos attentes.
09.03.2026, 11:1809.03.2026, 11:18

Avec l'arrivée du printemps, beaucoup de gens se sentent épuisés et souffrent de ce qu'on appelle couramment «la fatigue printanière». Une étude bâloise démontre désormais que ce terme spécifique influence le phénomène, qui est donc davantage culturel que biologique.

Comme il existe un terme établi, beaucoup de personnes prêtent plus attention à leur fatigue au printemps et interprètent leurs symptômes d’épuisement en conséquence, souligne lundi l'Université de Bâle dans un communiqué. Ainsi, la fatigue printanière se confirme encore et encore.

Des spécialistes du sommeil du Centre de chronobiologie de l’Université de Bâle et des cliniques psychiatriques universitaires de Bâle se sont penchés pour la première fois sur le phénomène, en collaboration avec l’Inselspital à Berne. Ils démontrent que la fatigue printanière semble être un phénomène culturel – surtout répandu en Suisse, Allemagne et Autriche – plutôt qu’un véritable syndrome biologique, saisonnier et mesurable.

Enquête en ligne

Les chercheurs ont examiné si les gens sont réellement plus fatigués au printemps qu’à d’autres périodes de l’année. Ils se sont basés sur une enquête en ligne auprès de 418 participants, contactés toutes les six semaines pendant un an entre avril 2024 et septembre 2025. Au début de l’étude, environ la moitié des participants avaient déclaré souffrir de fatigue printanière.

Les participants devaient indiquer à quel point ils s’étaient sentis épuisés au cours des quatre dernières semaines et fournir des informations sur la somnolence pendant la journée et la qualité du sommeil. L’enquête, ainsi répétée, couvrait différentes saisons.

Les analyses n'ont toutefois révélé aucun signe de fatigue accrue au printemps. «Si la fatigue printanière était un véritable phénomène biologique, elle devrait être particulièrement évidente dans cette phase de transition, par exemple parce que le corps doit s’adapter», explique Christine Blume, directrice de l'étude à l'Université de Bâle.

Ecart entre données et perception

Or la vitesse d'allongement des jours n’a pas eu d’impact sur l’épuisement des participants. De même, il n’y avait aucune différence entre les mois ou les saisons individuelles. Pour les chercheurs, la discrépance entre mesures et perception indique que la fatigue printanière est bien un phénomène influencé culturellement.

Certes, beaucoup de gens se sentent plus fatigués pendant la saison sombre et dorment un peu plus, ce que des études chronobiologiques ont prouvé. Le fait que la nuit biologique, contrôlée par l’horloge interne, dure un peu plus longtemps pendant les mois d’hiver pourrait être une explication. Mais cela signifie aussi que nous devrions réellement nous sentir plus en forme lorsque les jours redeviennent plus longs, avance Christine Blume.

Selon la chercheuse, avec le retour du printemps, les gens ont le sentiment qu’il faut être plus actifs et profiter du beau temps. Il peut donc exister un fossé entre nos aspirations et notre niveau d’énergie subjectif, poursuit-elle.

La «fatigue printanière» permet alors de justifier cet écart, voire de l’excuser. L'experte conseille à ceux qui manquent d’énergie au printemps de profiter au maximum de la lumière du jour, de faire de l’exercice et de dormir suffisamment. (jah/ats)

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