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Les Norvégiens agacent leurs propres voisins

Les Norvégiens agacent leurs propres voisins avec leur «Viking Row»
Depuis le début de la Coupe du monde, la Terre entière semble s'être prise d'affection pour le désormais célèbre «Viking R ...
En Suède, plusieurs voix estiment que la plaisanterie a suffisamment duré.Image: watson

Les Norvégiens agacent leurs propres voisins

Depuis le début de la Coupe du monde, la Terre entière semble s'être prise d'affection pour le désormais célèbre «Viking Row» des supporters norvégiens. La Terre entière? Pas tout à fait. En Scandinavie, certains commencent sérieusement à lever les yeux au ciel.
30.06.2026, 11:5830.06.2026, 11:58

Il y a deux semaines, des milliers de personnes découvraient avec émerveillement le «Viking Row». Depuis, les Norvégiens ont ramé dans les tribunes, à Times Square, dans le métro new-yorkais, sur des escalators, dans des écoles, des maisons de retraite...

Et probablement dans deux ou trois endroits où personne ne s'attendait à voir un drakkar imaginaire débarquer.

Un «Viking Row» qui fait des adeptes même jusque chez les agents de la police de l'aéroport DFW et de la police de Dallas, qui s'y sont mis pour accueillir l'équipe de Norvège avant son match des seizièmes de finale contre la Côte d'Ivoire ce mardi 30 juin.

Pendant que le reste du monde trouve ça formidable, leurs voisins, eux, commencent doucement à faire une indigestion de rame.

Une célébration un peu trop... familière

En Suède, plusieurs voix estiment que la plaisanterie a suffisamment duré. Comme l'écrit le journal britannique The Independant, le défenseur Gustaf Lagerbielke n'a d'ailleurs pas mâché ses mots lorsqu'on lui a demandé s'il participerait un jour au «Viking Row».

«Jamais de la vie.»
Le joueur suédois Gustaf Lagerbielke

L'international suédois explique que, chez lui, la réaction s’apparente surtout à un long soupir. La raison? «Les réalisateurs zooment dessus à chaque fois.» Par ailleurs, cette célébration ressemble selon lui énormément au célèbre «Thunder Clap», popularisé par les supporters islandais lors de l'Euro 2016.

Son coéquipier Elliot Stroud s'est montré un peu plus diplomate, tout en décochant tout de même lui aussi une petite flèche:

«Ça commence probablement à être un peu surexploité. On dirait qu'ils le font dès qu'ils en ont l'occasion. Mais bon... ça fonctionne pour eux.»
Le joueur suédois Elliot Stroud

Un léger parfum de seum

Mais c'est peut-être au Danemark, pays qui n'a pas réussi à se qualifier pour la compétition, que cette petite jalousie prend la tournure la plus savoureuse.

Dans les colonnes du média danois B.T., le journaliste Johnny Wojciech Kokborg reconnaît presque avec douleur que la Norvège est en train de vivre «la fête de sa vie» avec une sélection qui «joue enfin un très bon football». Il va même jusqu'à qualifier cette euphorie de «harcèlement nordique entre adultes». Le plus difficile à avaler?

«Nous devons admettre que nous ne sommes plus la meilleure nation de football en Scandinavie.»
Le journaliste Johnny Wojciech Kokborg

Avant de conclure, dans un mélange de résignation et de boutade: «C'est tout simplement insupportable. Vous vous moquez de nous, la Norvège.»

Il y a les bons et les mauvais Vikings

Comme si cela ne suffisait pas, la presse suédoise a décidé de sortir... les livres d'histoire.

Selon plusieurs médias, dont le Svenska Dagbladet, si les Norvégiens aiment aujourd'hui se présenter comme les rois de la rame, leurs ancêtres vikings naviguaient en réalité surtout... à la voile. Les véritables spécialistes de la pagaie auraient davantage été les Vikings suédois, qui remontaient les fleuves d'Europe de l'Est à coups de pagaie.

Autrement dit, les Norvégiens ne choisiraient pas les bons Vikings pour les représenter dans cette Coupe du monde.

Rassurez-vous, personne ne semble réellement à deux doigts de fermer la frontière ou de rappeler son ambassadeur. Selon les médias scandinaves, les diplomates suédois et norvégiens décrivent eux-mêmes cette petite guerre des Vikings comme une rivalité de frères et sœurs, faite de chambrage, d'une pointe de jalousie et de beaucoup d'autodérision.

Comme quoi, le «Viking Row» n'a pas seulement réussi à faire ramer Times Square. Il est aussi parvenu à réveiller quelques vieilles querelles fraternelles.

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source: sda / andre penner
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