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Hockey: la malédiction de Gottéron frappe Reto Berra

Torhueter Reto Berra (HCFG) reagiert im zweiten Eishockey Playoff Finalspiel der National League zwischen HC Fribourg-Gotteron (HCFG) und HC Davos (HCD), am Montag, 20. April 2026, in der BCF-Arena in ...
Reto Berra a été moins bon que Sandro Aeschlimann lundi lors de l’acte deux de la finale.Image: KEYSTONE

La malédiction de Gottéron frappe Reto Berra

Brillant lors de l’acte un de la finale, le gardien de Fribourg, plus expérimenté que Sandro Aeschlimann, a connu une soirée plus difficile lundi à domicile. Il semble rattrapé par le sort des gardiens finalistes de Gottéron.
21.04.2026, 16:4621.04.2026, 18:33
Klaus Zaugg
Klaus Zaugg

Le hockey est un sport singulier: d’un côté, il est considéré à juste titre comme le dernier véritable sport d'équipe. Chaque joueur de l'effectif a un rôle essentiel. Dans le feu de l’action, lorsque la combativité et l'intelligence comptent autant que le talent, ce ne sont pas les superstars qui font la différence, surtout en play-offs. C’est à cette période de la saison que les joueurs de deuxième ligne ont les plus grandes chances de briller.

D’un autre côté, à l’exception du quarterback au football américain, aucun joueur en sport collectif n’exerce une influence aussi grande que le gardien de but au hockey sur glace, surtout en play-offs. Certes, les attaquants, en tant que premier rideau défensif, contribuent à la performance du portier. Mais le dernier rempart a le pouvoir d’amener ses coéquipiers à jouer plus vite, plus fort et avec davantage de courage qu’à l’ordinaire. C’est un athlète individuel dans un sport collectif.

On le voit encore dans cette finale 2026. Voici les statistiques des deux gardiens.

  • Match 1: Davos-Gottéron (2-3)
    Taux d'arrêts de Sandro Aeschlimann: 84,21%
    Taux d'arrêts de Reto Berra: 93,94%
  • Match 2: Gottéron-Davos (1-3)
    Taux d'arrêts de Reto Berra: 88,81%
    Taux d'arrêts de Sandro Aeschlimann: 96,88%

Bien sûr, le nombre de buts encaissés dépend aussi de facteurs sur lesquels le gardien n’a aucune emprise. Et pourtant: c’est bien lui qui fait la différence. L’une des particularités de cette finale est que, jusqu’à présent, l’équipe qui a tiré le plus au but, et qui, statistiquement, aurait dû l’emporter, a perdu.

  • Match 1: Davos-Gottéron (2-3)
    Nombre de tirs pour Davos: 33
    Nombre de tirs pour Gottéron: 19
  • Match 2: Gottéron-Davos (1-3)
    Nombre de tirs pour Gottéron: 32
    Nombre de tirs pour Davos: 27

Gottéron dispute sa cinquième finale, après celles de 1992, 1993, 1994 et 2013. Lors de chacune des finales précédentes, l’adversaire disposait toujours d’un meilleur gardien. Il s’agissait en 1992 de Renato Tosio (CP Berne), en 1993 et 1994 de Reto Pavoni (Kloten) et en 2013 de Marco Bührer (CP Berne). Les héros tragiques de Gottéron se nomment Dino Stecher (1992, 1993, 1994) et Benjamin Conz (2013).

Goalie Dino Stecher, HC Fribourg-Gotteron, abgeschirmt von zwei seiner Verteidigern, haelt den Puck sicher unter Kontrolle, aufgenommen im April 1992 in einem Plyoff Finalspiel gegen den SC Bern im Al ...
Dino Stecher a trop souvent perdu le duel des gardiens en finale.Image: KEYSTONE

Mais tout semblait désormais différent avec Reto Berra. Bien qu’il ait fêté ses 39 ans en janvier, il tient une très grande forme à l’approche de la fin de sa carrière. Ce gardien imposant physiquement est capable de faire la différence dans une série intense, ou lorsque le jeu s’accélère devant son but. Médaillé d’argent au Championnat du monde 2013, champion avec Davos en 2009 et passé par la NHL, où il a cumulé plus de quatre millions de dollars de revenus bruts, il présente un pedigree impressionnant. En face, Sandro Aeschlimann, 31 ans, n’a pas connu un tel parcours, même s’il s’est imposé comme un élément solide du championnat national.

S’il y a donc quelqu’un capable de chasser les vieux démons de Gottéron, c’est bien Reto Berra. Mais ceux-ci semblent de retour. Lundi, Fribourg a gâché la meilleure position de départ de son histoire, après avoir remporté samedi le premier match de l'ultime série. Cette défaite 1-3 à domicile fait à nouveau du HCD le grand favori de la finale. Désormais, Gottéron doit s’imposer deux fois à Davos pour devenir champion.

Cependant, les démons de la vallée du Gottéron, incarnés par un dragon, risquent bien de faire encore obstacle à un premier titre. Comme on le dit, en cas de sacre, les locaux deviendraient orgueilleux. Le club ne serait ainsi pas destiné à devenir champion, comme pour mieux se prémunir de toute arrogance.

Gottéron était-il trop prétentieux après sa victoire surprenante, presque sensationnelle, samedi dans les Grisons? Non, bien sûr que non. Peut-être juste un peu trop sûr de lui. Dans une entame de match courageuse, les Davosiens ont pris les Fribourgeois à la gorge grâce à un forechecking acharné. Ils ont remporté les duels, notamment dans la zone de Reto Berra, et ont rapidement pris deux buts d’avance, avant même que tout le monde ait pu prendre place dans l’arène.

Bien sûr, il restait encore suffisamment de temps pour renverser la situation. Mais le but en supériorité numérique de Lukas Frick, pour porter le score à 3-1 peu avant la première pause, a pesé lourd pour un Gottéron courageux, mais de plus en plus désespéré. Davos a certes subi la pression par moments, mais n’a jamais véritablement été mis en difficulté. Grâce à cette victoire, le HCD a égalisé dans la série et peut désormais devenir champion avec trois succès à domicile.

Reto Berra était le seul à pouvoir empêcher cette défaite, mais il a été impuissant face aux trois buts davosiens. L’entraîneur des Grisons, Josh Holden, aura noté avec satisfaction que cette victoire est à mettre au crédit de son attaquant Brendan Lemieux. Le joueur s’est si habilement placé devant le but que Reto Berra avait souvent la vue obstruée.

Michael Kapla (HCFG), Brendan Lemieux (HCD) und Torhueter Reto Berra (HCFG), von links, beim Tor zum 1-3 im zweiten Eishockey Playoff Finalspiel der National League zwischen HC Fribourg-Gotteron (HCFG ...
Brendan Lemieux a passablement gêné Reto Berra.image: Keystone

L’expert de MySports, Sven Helfenstein, avait réclamé avec véhémence une suspension pour le Canado-Américain après les événements survenus lors du premier acte à Davos. Mais la justice de notre hockey a statué sans se laisser influencer et n’a pas suspendu Brendan Lemieux. Après tout, il n'y avait pas lieu de le faire.

Cette décision s’est révélée déterminante. Lors de ce deuxième match, Brendan Lemieux a incarné les qualités du HC Davos. Il n’a pas seulement été un joueur robuste et un véritable fer de lance. Imperturbable, il a conservé son sang-froid bien qu’il ait été provoqué et malmené plus que ses coéquipiers. Son calme et sa maîtrise ont été des éléments clés de la victoire davosienne, pendant que le gardien Sandro Aeschlimann réussissait un nouvel examen de passage sur la route du titre.

Les nombreuses statistiques qui existent au hockey présentent un avantage: un journaliste peut toujours choisir celles qui servent son propos, donnant ainsi l’impression d’être un expert. En ce sens, il semblerait qu’une statistique puisse, à elle seule, révéler toute la vérité. En saison régulière, Aeschlimann a arrêté 92,52% des tirs, contre «seulement» 92% pour Berra.

Si Gottéron ne remporte pas le titre cette année, Dino Stecher, héros tragique des finales de 1992, 1993 et 1994, sera enfin innocenté. Il pourra dire: «Si même Reto Berra n’a pas réussi à faire de Gottéron un champion, comment aurais-je pu y parvenir?» Contrairement à Berra, Stecher n'a jamais été champion. Il n'a jamais joué en NHL et ne compte qu'une poignée de convocations en équipe nationale. Il n’était qu’un simple habitant d’Olten, pris dans la malédiction des gardiens de Gottéron.

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