Pour finir à Bâle, Wawrinka a renoncé à une dernière chance
Stan Wawrinka n'est plus un joueur de tennis professionnel. Mardi, le Vaudois s'est incliné 7-5 7-6 (7/2) face au Tchèque Jiri Lehecka au premier tour du tournoi de Bâle, le dernier de sa longue et riche carrière.
A 41 ans, le vainqueur de trois tournois du Grand Chelem a plus que jamais livré la marchandise pour son ultime match sur le circuit. Jusqu’au bout, il aura tenu la distance sur le plan physique et donné du fil à retordre au 21e joueur mondial.
C’est la preuve que Wawrinka a lui-même choisi le moment de tirer sa révérence. Sa retraite ne lui a été dictée ni par une blessure, ni par une incapacité à rivaliser au plus haut niveau. Tous les athlètes n’ont pas le luxe de finir ainsi. Lara Gut-Behrami en sait quelque chose.
Stan Wawrinka a aussi choisi le lieu de ses adieux. Bâle, et rien d’autre. Un tournoi à domicile. Le plus grand du pays. Là où tout a commencé pour lui. «Stan the Man» avait en effet disputé les Swiss Indoors lors de sa première année sur le circuit ATP, en 2003.
Ce choix semble évident. Mais en réalité, il ne l’était pas tant que ça. En Suisse, Wawrinka n’a pas toujours reçu la reconnaissance qu’il méritait et est souvent resté dans l’ombre de Federer. C’est encore plus vrai outre-Sarine, où il était parfois perçu comme le «welsch» moins talentueux et qui ne parle pas allemand. Dans ce contexte, terminer à Bâle, sur les terres de Roger Federer, n’allait pas totalement de soi.
A la place, Stan Wawrinka aurait pu choisir de mettre un terme à sa carrière au Rolex Paris Masters la semaine prochaine. C’était le dernier grand tournoi auquel il pouvait potentiellement participer en cette fin de saison.
Paris avait aussi du sens. Après tout, il y a remporté Roland-Garros en 2015, douze ans après son sacre dans le tournoi juniors. Une victoire fondatrice. Le Vaudois, dont le premier entraîneur était français, a également noué, au fil des années, des liens étroits avec le public, des joueurs et des personnalités tricolores. Il a par ailleurs été ambassadeur du TGV Lyria reliant Lausanne et Genève à Paris.
Dans la «Ville Lumière», ses adieux au tennis auraient eu lieu en Masters 1000, la catégorie de tournois la plus prestigieuse derrière les Grands Chelems. Dans une arène plus de deux fois plus grande que la Halle Saint-Jacques, et où le spectacle son et lumière atteint son paroxysme.
A Paris, l’atmosphère aurait sans doute été survoltée. Wawrinka aurait aussi pu s’exprimer longuement et librement en français, une langue qui lui est chère et dans laquelle il parvient le mieux à transmettre ses émotions, comme il l’avait lui-même confié par le passé.
Roger Federer aurait peut-être été de la partie. Le Bâlois n’a pas souhaité faire le déplacement à Bâle, entre différends avec les organisateurs des Swiss Indoors et volonté de ne pas voler la vedette à son ancien coéquipier de Coupe Davis. Son retour dans «son» tournoi se fait toujours attendre.
Mais Stan Wawrinka ne voulait pas de cette fin, dont il avait déjà eu un avant-goût en mai à Roland-Garros, et, dans une moindre mesure, la semaine dernière à Lyon. Contacté par watson, le Rolex Paris Masters indique que «Wawrinka n’a pas formulé de demande de wild-card auprès du tournoi».
S'il en avait demandé une, il l’aurait très certainement obtenue. Paris se serait fait un plaisir de le célébrer pour les raisons évoquées précédemment. Son absence en France la semaine prochaine n’est donc aucunement liée à un refus des organisateurs.
Le vainqueur de seize tournois professionnels avait simplement un autre plan. Il a opté pour son pays. L’unité nationale. Une relative discrétion. Et beaucoup de modestie. Il était prêt à renoncer à un dernier grand tournoi du calendrier pour s’offrir une sortie qui lui correspond.
