Marco Odermatt: «Je n'ai pas besoin de Kitzbühel»
Comme toujours, Marco Odermatt est très sollicité. A l’approche du lancement de la saison, dimanche à Sölden, presque tout le monde souhaite recueillir quelques mots de sa part. Après un bref échange avec Mikaela Shiffrin à la demande de la Fédération internationale de ski (FIS) et une interview pour la télévision suisse, il nous accorde quelques minutes en attendant la séance de questions-réponses avec l'ensemble des médias.
A nos côtés, «Odi» surprend en expliquant que la victoire dans la descente de Kitzbühel n’est plus sa grande priorité cette saison. «Je me suis simplement rendu compte que, pour moi, rien ne change, que je gagne cette course ou non», confie-t-il.
Marco Odermatt, avez-vous envie de montrer dès la première course que vous êtes toujours le patron?
Cette envie est toujours aussi grande. Bien sûr, rien ne garantit que j’y parviendrai, mais c’est bel et bien l’objectif.
Que faudrait-il pour que vous puissiez dire: «Sölden a été un excellent week-end»?
Un podium, c’est bien. Une victoire, c’est encore mieux. Aujourd’hui, ces objectifs sont «malheureusement» devenus la norme pour moi.
Il y a un an, avant l’ouverture de la saison à Sölden, vous vous demandiez ce que vous pouviez encore accomplir ou gagner. Qu’en est-il cette année?
C’est complètement différent. Je ne me suis même pas mis à cogiter. Je n’en suis pas arrivé au point de me poser ces questions.
Comment cette sérénité se traduit-elle?
Je ne suis pas encore en mode compétition. Cette saison, tout se met en place un peu plus lentement: le ski, le moment où l’on trouve son rythme. Je vais donc aborder la course de dimanche comme elle vient. Je verrai comment je me sens, où j’en suis mentalement, puis je tirerai des enseignements pour les semaines suivantes.
Est-ce aussi parce que vous vous êtes blessé pendant la préparation que les attentes sont un peu moins élevées?
C’est difficile à dire. Ce n’était qu’un petit problème, mais il a tout de même quelque peu chamboulé le programme. J’ai eu moins de journées d’entraînement au Chili et je suis arrivé sur la Diavolezza avec moins de ski au compteur. Cela a peut-être retardé un peu le moment où je me suis pleinement focalisé sur la nouvelle saison. Mais c’est peut-être aussi tout simplement le fruit de l’expérience acquise (Rires).
Lucas Pinheiro Braathen a annoncé qu’il voulait remporter le classement général de la Coupe du monde. Cela vous inquiète-t-il?
Non, je trouve tout à fait logique qu’il ait cette ambition. J’ai moi aussi terminé deuxième du classement général de la Coupe du monde (réd: lors de la saison 2020/2021). A partir de là, mon objectif était de ne pas terminer une nouvelle fois à cette place.
Vous attendez-vous à un duel serré?
J’espère que non (Rires). Mais c’est évidemment possible.
Vous avez déjà remporté cinq fois le classement général de la Coupe du monde. Vous avez été champion du monde à trois reprises. En revanche, il vous manque encore et toujours la victoire en descente à Kitzbühel. Si vous pouviez choisir, quel succès voudriez-vous décrocher cette saison?
Heureusement, je n’ai pas à choisir. En théorie, tout est possible. Il est difficile de hiérarchiser ce genre de choses. Peut-être que Kitzbühel serait plus fort sur le plan émotionnel.
Lors du «Race Talk» de la FIS, vous avez laissé entendre que vous aviez peut-être un peu trop voulu gagner la descente de Kitzbühel ces dernières années et que vous souhaitiez désormais aborder cet objectif avec davantage de détachement. Pouvez-vous nous en dire plus?
Je ne pense pas m’être trop crispé sur cette course. En janvier dernier, il ne m’a manqué que sept centièmes pour gagner. On ne peut donc pas parler d’un échec total. Je me suis simplement rendu compte que, pour moi, rien ne change, que je gagne cette course ou non.
Qu’entendez-vous par là?
Cette victoire reste bien sûr un grand objectif. Mais, vous savez, pour tant de skieurs, Kitzbühel représente une occasion unique de se faire un nom, d’accomplir quelque chose de grand. Or j’ai déjà accompli tellement de grandes choses que je n’ai finalement pas besoin de Kitzbühel. C’est ce qui m’a amené à voir les choses de cette manière.
Est-ce vraiment le cas? Ou est-ce une manière de relâcher un peu la pression?
Non, je crois que je suis authentique. Je ne le dirais pas si je ne le ressentais pas vraiment.
