«On a couru pour faire une photo»: Berset a séduit Lausanne
«On vient voir Alain», plaisante un étudiant et son amie à un membre de la sécurité avant de prendre place dans l'auditoire Amphimax de l'université de Lausanne. 1150 personnes ont répondu présent pour assister à la conférence d'Alain Berset, président du Conseil de l'Europe depuis 18 mois. Les retardataires se pressent en silence avant le début du discours et on ne peut s'empêcher de remarquer une grande diversité du public venu accueillir l'ancien conseiller fédéral.
Des étudiants, des professeurs, des seniors, mais aussi des politiques, notamment la conseillère d'Etat vaudoise Nuria Gorrite. Derrière nous, des élèves d'une classe du gymnase Marcelin de Morges se réjouissent de le voir sur l'estrade.
Ambiance feutrée, lumière tamisée, la conférence intitulée «Quelle sécurité démocratique dans une Europe qui se réarme?» peut démarrer. Peu importe ce qui se dira, le public est déjà conquis et écoutera attentivement le discours du président du Conseil de l'Europe.
Un homme d'action
«La dernière fois que j'étais ici, c'était en novembre 2023 avec le Président Emmanuel Macron et franchement, c'était presque une autre époque», lance Alain Berset en guise d'introduction, le ton est donné.
L'ancien conseiller fédéral déroule, sous les regards conquis des spectacteurs. Il plaidera pour «la création d'un Conseil de sécurité européen» et constate que «le monde voit la déconstruction du droit international». «Je dois vous avouer que lorsque j'ai pris mes fonctions, je pensais que le débat en Europe portait sur la manière d’améliorer l’ordre international, non de savoir s'il existait encore», analyse le président du Conseil de l'Europe.
Les visages sont attentifs, mais aussi inquiets, le discours a quelques longueurs, après plus de 40 minutes, le président du Conseil européen raconte sa visite à Kiev, les gymnasiens se redressent sur leur chaise.
Il détaille alors les conditions de vie des Ukrainiens, mais aussi du personnel du Conseil de l'Europe qui «vit dans des locaux à moins de 7 degrés» et qui «est épuisé». Ce récit a convaincu les gymnasiens derrière nous qui ont relevé le côté «homme d'action» du président du Conseil de l'Europe.
Sa camarade de classe ajoute que sa personnalité le rendait accessible, «Il renvoie une image de politique proche des gens, en tout cas son discours est vivant».
«Monsieur Covid»
La conférence se termine et des dizaines de personnes tentent d'approcher l'ancien conseiller fédéral afin de le remercier ou de poser pour une photo. Amina, étudiante en droit, repart avec un selfie. Elle nous explique avoir tenté de participer en vain à la conférence du président français Emmanuel Macron en 2023, à laquelle le Fribourgeois était aussi convié, mais sans succès. Cette fois, «elle n'allait pas rater Berset», qu'elle considère comme une «figure politique importante qui a marqué les jeunes durant le Covid.»
Le trouvant «charismatique», Amina apprécie particulièrement que le président du Conseil de l'Europe ait parlé de la position de l'institution sur Gaza. «Je pense que c'est un sujet important pour les jeunes et qu'une personnalité comme lui qui s'exprime sur le sujet montre qu'il entend les préoccupations, mais en soi, sa réponse était assez généraliste», explique-t-elle.
Alors que l'ancien conseiller entouré de sa sécurité rapprochée rejoint sa voiture, nous remarquons un groupe d'étudiants qui s'agite joyeusement à son passage. Eva, Lucie, Emma et Valerio, n'ont pas pu assister à la conférence avec regret, mais l'ont reconnu «grâce à son crâne», s'amusent-ils.
«Berset c'est Monsieur Covid, il a fait partie de nos vies, c'est impressionnant de le voir en vrai», commente Lucie. La joyeuse troupe semble encore émue d'avoir croisé la route de l'ancien conseiller fédéral «qui parle aux jeunes». «A l'époque du Covid, il y avait des vidéos Tiktok humoristiques sur lui et on le voyait toutes les semaines à la télé, c'est lui qui décidait si on allait devoir rester bloquer chez nous ou pas», expliquent les étudiants en médecine.
Alors que les amis se remémorent la période covid, nous leur faisons remarquer que Monsieur Berset n'a plus de fonction officielle en Suisse. «Ah oui, on sait qu'il n'est plus conseiller fédéral, mais le poste qu'il a maintenant apporte encore de prestige à la Suisse et il reste un politique accessible. Il va peut-être aider le Conseil de l'Europe à intéresser les jeunes, en tout cas, on le trouve assez cool pour un politique», conclut le groupe.
