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Les sondages sont-ils fiables? Répondez à notre sondage

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A dix jours de la votation sur la redevance SSR, les sondages se multiplient. Mais entre opinions mouvantes et surprises de dernière minute, ces ...
En Suisse, l’opinion peut évoluer très vite.Image: watson
Analyse

Les sondages sont-ils fiables? Répondez à notre sondage

A dix jours de la votation sur la redevance SSR, les sondages se multiplient. Mais entre opinions mouvantes et surprises de dernière minute, ces baromètres sont-ils fiables?
25.02.2026, 18:5825.02.2026, 18:58

Le 8 mars prochain, les Suisses seront appelés à voter sur la redevance radio-TV, avec l’initiative «200 francs, ça suffit!» lancée par l’UDC et le contre-projet du Conseil fédéral. Depuis des semaines, les sondages sortent de terre comme les perce-neige de février. Tamedia, gfs.bern, Sotomo et consorts dégainent leurs baromètres à intervalles réguliers.

Résultat, des chiffres, des pourcentages, des tendances… et parfois, un léger mal de crâne. Car au fond, peut-on vraiment faire confiance aux sondages?

Et vous, qu’en pensez-vous?
Au total, 70 personnes ont participé à ce sondage.

Des instantanés, pas des boules de cristal

Première chose à rappeler, un sondage n’est pas une prédiction. Il s’agirait plutôt d’une photo prise à un instant T. Il reflète l’état de l’opinion au moment où les personnes interrogées répondent, et rien de plus.

Or, en Suisse, l’opinion peut évoluer très vite. Les campagnes s’intensifient souvent dans les dernières semaines, les arguments se précisent, les débats s’enflamment. Entre un premier baromètre publié deux mois avant une votation et le résultat final dans les urnes, l’écart peut être très significatif.

On l’a vu à plusieurs reprises ces dernières années. En 2021, la loi sur le CO₂ semblait promise à une acceptation selon plusieurs sondages. Sauf qu’à l’arrivée, retournement de situation: elle a été refusée à 51,6%. Une volte-face qui a rappelé que l’électorat suisse peut réserver des surprises jusqu’au dernier moment, et se tâter, stylo en l’air, jusqu’au dimanche où il court amener son enveloppe dans l’urne communale.

Même chose dans certains scrutins cantonaux ou communaux: une dynamique de fin de campagne, un débat télé qui marque ou une mobilisation particulière peuvent suffire à faire basculer un objet.

Dire ce qu’il «faut» pour se faire bien voir

Un autre phénomène bien connu des spécialistes des enquêtes d’opinion complique également la lecture des sondages, il s'agit de ce qu'on appelle «le biais de désirabilité sociale».

Concrètement, certaines personnes interrogées lors de ces fameux sondages ont tendance à répondre ce qui leur semble socialement acceptable plutôt que ce qu’elles pensent réellement. Par peur d’être jugées, pour donner une «bonne image» d’elles-mêmes ou simplement par réflexe de conformité.

Avez-vous déjà menti lors d'un sondage?
Au total, 40 personnes ont participé à ce sondage.

Une façon de faire qui peut avoir un fort impact sur des objets sensibles tels que l'immigration, la sécurité, la fiscalité, les médias publics… Dans ces cas-là, certains électeurs hésitent à exprimer une position perçue comme impopulaire ou polémique. Ainsi, l’opinion réelle peut être légèrement différente de celle qui apparaît dans les enquêtes.

Ce biais est particulièrement étudié dans les sciences politiques. Il ne rend pas les sondages inutiles, mais il rappelle qu’ils comportent toujours une part d’incertitude, difficilement mesurable.

Des surprises en Suisse… et ailleurs

Les exemples de décalage entre sondages et résultats ne manquent pas, en Suisse comme à l’étranger. Outre la loi sur le CO₂ en 2021, plusieurs votations ont montré des évolutions importantes en fin de campagne. Certaines initiatives données gagnantes à mi-parcours ont finalement été rejetées, et inversement.

La participation, souvent imprévisible, joue aussi un rôle clé: si un camp se mobilise davantage dans les derniers jours, l’équilibre peut totalement changer et inverser le cours d’un vote ou d’une élection. Sans parler d’un certain effet pervers: si la victoire d’un camp est annoncée avec une belle avance, certains votants peuvent parfois se dire «on gagnera de toute façon, avec ou sans mon vote». Et ainsi pécher par excès de confiance, et perdre une votation ou une élection.

A l’international, on peut citer un exemple particulièrement révélateur, celui de l’élection présidentielle américaine de 2016. De nombreux sondages donnaient Hillary Clinton favorite face à Donald Trump. Si la démocrate a effectivement remporté le vote populaire, c'est bien le républicain qui a gagné au nombre de Grands Electeurs, et donc la présidence.

Là encore, les enquêtes n’étaient pas entièrement fausses, mais elles n’avaient pas tenu compte de toute la complexité du système électoral américain, ni certains mouvements d’opinion de dernière minute, ou un certain manque de motivation à se déplacer le jour du vote.

Le Brexit a lui aussi déjoué de nombreuses prévisions, avec une victoire du «leave» alors que les enquêtes annonçaient un scrutin très serré, et même souvent légèrement en faveur du maintien.

Doit-on jeter les sondages avec l'eau du bain?
Au total, 30 personnes ont participé à ce sondage.

Les sondages, des outils encore utiles?

Les sondages restent des outils précieux pour comprendre les tendances, identifier les arguments qui portent, mesurer l’évolution de l’opinion.

Mais les prendre pour argent comptant serait une erreur. Méthodologie, taille de l’échantillon, marge d’erreur, moment de la collecte… Les éléments qui peuvent influencer les résultats sont nombreux. Et surtout, un sondage ne remplace jamais un vote.

Alors à l’approche de la votation sur la redevance SSR, les prochains baromètres continueront d’alimenter les discussions. Ils donneront des indications, dessineront des tendances, parfois contradictoires. Mais au final, comme toujours en démocratie directe, le seul sondage qui compte vraiment est celui qui se déroule dans l’urne. Jusqu’à la dernière seconde le dimanche matin.

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Au total, 18 personnes ont participé à ce sondage.

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source: glacier 3000
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