Lors de la réunion du conseil d'administration de fin août, qui a duré dix heures, le ton est monté. L'élément déclencheur a été la preuve des rémunérations exorbitantes de l'ex-Miss Suisse Lolita Morena. L'éminente Romande fait partie du comité central depuis plus de 16 ans et, peu de temps après ses débuts, elle avait déjà commencé à tourner des vidéos réalisées de façon artisanale sur les refuges pour animaux et les animaux domestiques abandonnés.
C'était une affaire lucrative: pour une quarantaine d'interventions d'une durée de dix à vingt minutes, elle facturait à chaque fois 200 000 francs par an à la PSA - sur la base d'un mandat sans prestations définies. Pour le voyage depuis le Valais, elle encaissait en plus 700 francs de frais par séance du comité, car elle arrivait en voiture au lieu d'utiliser les transports publics comme le prévoit le règlement des frais.
Pour le comité central, dont la moitié des membres sont nouvellement élus, il a rapidement été clair que les choses ne pouvaient pas continuer ainsi. Le jour même, il a adopté un nouveau règlement intérieur. Il empêche les membres du comité directeur ou de la direction de s'octroyer des mandats rémunérés à eux-mêmes ou à des proches. Et il garantit la séparation entre le travail stratégique au sein du comité directeur et le travail opérationnel dans les affaires courantes. Il est déjà entré en vigueur début septembre.
Il a été rédigé par Peter V. Kunz, professeur de droit économique et spécialiste de la gouvernance d'entreprise. Après son élection au comité central, Kunz a découvert des incohérences et a pris la direction des deux départements clés, le droit et les finances. Il ne veut pas s'exprimer dans les médias et se contente de dire:
Kunz dirige un groupe de travail interne qui examine à la loupe toutes les rémunérations des membres du comité et de la direction, comme il le confirme à ce journal.
Le nouveau directeur de la PSA, Marco Mettler, cadre de longue date chez Pro Juventute et en poste depuis début mai, a lui aussi rapidement reconnu la gravité de la situation. Dès son entrée en fonction, il a clairement indiqué au comité central:
Deux semaines après l'entrée en vigueur du nouveau règlement, il a résilié le contrat avec Lolita Morena pour la fin de l'année. Si des vidéos devaient encore être réalisées à l'avenir pour des chaînes locales, un briefing serait établi à cet effet, différentes offres seraient demandées et une décision serait ensuite prise. Les travaux de Morena n'auraient aucune chance - en raison du prix et de la qualité.
Le cas Morena le montre: on fait enfin le ménage à la PSA. Le groupe de travail interne passe au crible les huit à dix dernières années - soit non seulement la période présidentielle de la banquière biennoise Nicole Ruch, mais aussi la dernière phase du règne du couple Lienhard, qui a duré des décennies.
D'innombrables rumeurs circulent au sein de l'association sur la manière dont ils gèrent les biens immobiliers et les antiquités qu'ils ont reçus en héritage, et les frais et honoraires excessifs d'autres membres du comité directeur sont documentés. Les clarifications pourraient servir de base à d'autres plaintes pénales et demandes de dommages et intérêts. Depuis plus d'un an, une enquête pénale du ministère public bâlois est en cours contre l'ensemble de l'ancien comité directeur.
En plus de l'enquête coûteuse sur les agissements passés, un «groupe de réforme» du juriste bâlois Jascha Schneider-Marfels s'occupe de l'orientation future. Ce groupe a lancé en juin un sondage auquel 71% des sections ont participé. Conclusion: la grande majorité des sections estime qu'une réforme est nécessaire et urgente. Plus de 90% demandent des comptes annuels transparents ainsi qu'une révision ordinaire, 86% veulent éviter les conflits d'intérêts, 78% exigent:
C'est une satisfaction pour Martina Munz et Michel Roux, membres déchus du comité, ainsi que pour Lukas Berger, ancien juriste de l'association, dont les revendications ont été bloquées pendant des mois.
Le sondage montre également que les réformateurs ont le soutien des sections qui ont souffert de la querelle au sein du comité central et qui se battent injustement contre une baisse des dons. Nombre de leurs revendications sont prises en compte dans un projet de statuts fortement remanié que ce journal a pu consulter - et d'autres ont déjà été mises en œuvre. Ainsi, pour la première fois, l'exercice 2023 a fait l'objet d'une révision ordinaire au lieu d'une révision limitée.
Le nouveau règlement de gestion devrait contribuer à faire disparaître la PSA de la liste noire. Le directeur Mettler prépare d'ores et déjà, avec la nouvelle responsable des finances, tout ce qui est nécessaire pour que les comptes annuels soient à l'avenir établis selon la norme Swiss GAAP FER21 pour les organisations à but non lucratif.
Samedi, le comité directeur informera en détail sur la suite de la procédure lors d'une conférence des présidents. Grâce à une procédure participative, les sections pourront s'exprimer sur le projet de statuts à la mi-novembre, celui-ci devant être adopté début 2025. Il contient entre autres une limitation de la durée des mandats à douze ans, ce qui coupe court aux anciens liens de l'ère Lienhard/Ruch. Rien n'est encore décidé.
Pour Morena, en revanche, la situation risque d'être tendue: elle a vendu sa propriété de Lens, en Valais, et s'est installée en Italie, où elle possède une ferme à Cantiano, son lieu de naissance, et veut créer à Roncosambaccio (province des Marches) une pension pour personnes et animaux avec vue sur la mer. Elle n'a pas pu être contactée durant toute la semaine pour un commentaire.
Les jours du nouveau président Piero Mazzoleni sont également comptés. Il avait été élu par intérim en janvier lors d'une assemblée des délégués mouvementée et avait «oublié» de mettre en place une commission de recherche pour sa succession. Son rôle sera également examiné - par exemple lors de la vente d'un terrain hérité au Tessin.
De plus, sa grande proximité avec la reine de beauté Morena pourrait lui être fatale. Il l'avait nommée au printemps comme son adjointe - et avait signé un nouveau contrat pour les vidéos, dans le style de ses prédécesseurs Lienhard et Ruch: sans en informer le comité directeur. (aargauerzeitung.ch)