Patriot: ce groupe européen veut évincer les Etats-Unis
La livraison des nouveaux systèmes de défense anti-aérienne Patriot, que la Suisse avait commandé aux Etats-Unis, est retardée pour une durée indéterminée, comme l'a reconnu reconnu le Département fédéral de la défense (DDPS).
Selon certaines estimations, si elle s’en tient aux systèmes américains, il pourrait s’écouler au minimum trois ans, voire davantage, avant que la Suisse ne dispose à nouveau de moyens de défense antiaérienne modernes. Une perspective qui inquiète au vu de la situation sécuritaire actuelle.
Une proposition opportuniste
Ce manque de fiabilité de la part des Etats-Unis n’a pas échappé aux industriels européens de l’armement. Selon la NZZ am Sonntag, le groupe franco-italien Eurosam a formulé une offre concrète comme alternative aux Patriots américains.
Jérôme Dufour, secrétaire général de l’entreprise, a ainsi proposé à la Suisse le système de défense Samp/T, également connu sous le nom de «Mamba». Ce modèle a récemment été modernisé et, selon des experts, peut rivaliser avec le niveau des armes américaines.
L'intéressé l'assure:
Selon lui, le Samp/T se distingue non seulement par une production entièrement européenne, mais aussi par le fait qu’il nécessite beaucoup moins de soldats pour son exploitation (20 contre 90). Outre les armées française et italienne, le Danemark a également commandé de nouvelles unités. Le système est en outre déjà utilisé en Ukraine. Singapour en possède également deux exemplaires.
Un écho favorable à Berne
Au Parlement, l’offre reçoit un accueil favorable. La conseillère nationale PLR Jacqueline de Quattro juge la proposition française «intéressante». La Suisse doit examiner des alternatives, estime-t-elle, car elle figure tout en bas de la liste d’attente américaine pour les Patriots.
Selon elle:
Le conseiller aux Etats Vert Mathias Zopfi partage cet avis: «La situation avec les Etats-Unis est extrêmement difficile», selon lui. Il part du principe que la Confédération analysera l’offre européenne.
Une résiliation des contrats conclus avec les Etats-Unis ne serait toutefois pas simple selon la NZZ, bien qu'elle gagne du terrain sur le terrain parlementaire. D’une part, la Suisse a déjà versé un acompte de 700 millions de francs et, d'autre part, le contrat a été signé directement avec le gouvernement américain.
En cas de retrait, la Suisse devrait probablement compter sur la bonne volonté de l’administration de Donald Trump pour obtenir un remboursement, une perspective peu probable au regard du ton adopté par le président envers la Confédération.
Le PS et l'UDC sur la même ligne de défense
Face à l’incertitude d’un éventuel remboursement, d’autres idées circulent. Fait rare, des représentants du PS et de l’UDC se retrouvent sur une même ligne. La conseillère nationale socialiste Franziska Roth déclare à la NZZ:
Le conseiller national UDC Thomas Hurter abonde dans le même sens: si les Etats-Unis ne livrent pas, la somme devrait, selon lui, être créditée dans le cadre de l’achat des F-35. Il estime par ailleurs que la Suisse doit adopter une position plus ferme face aux Etats-Unis. (trad. btr)
