Le chef des espions suisses réclame plus de moyens
Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a besoin d'une plus grande force de frappe, a déclaré jeudi son directeur Serge Bavaud. Il doit faire face à plus de tâches, plus de pression et plus d'attentes. Mais les moyens restent inchangés. Les demandes d'augmentation des ressources financières et en personnel ont été déposées et motivées.
«Je suis réaliste: tout ne peut pas fonctionner du premier coup», a lancé devant les médias Bavaud pour son bilan après quatre mois. Il ajoute:
Et sa priorité va à ses collaboratrices et collaborateurs et à la stabilité du service. Cela passe par une communication ouverte et une réforme de la direction.
La restructuration du SRC, en cours depuis plusieurs années, était nécessaire, mais trop ambitieuse. Les employés du SRC ont supporté une double charge et la fatigue se ressent. «Malgré tout, le service a toujours fonctionné.» Des mesures ont déjà été prises et portent leurs fruits.
Le nouveau directeur a déjà demandé les ressources nécessaires auprès du Conseil fédéral. Si le projet du gouvernement d'augmenter de 0,8 point la TVA pour la sécurité est accepté, le SRC pourrait bénéficier d'une centaine de collaborateurs supplémentaires.
Le SRC protège la Suisse en première ligne
«Actuellement, la sécurité de la Suisse nécessite plus de moyens», a-t-il estimé. Son travail sera aussi de convaincre la politique que le SRC est «la première ligne de défense de la Suisse» et qu'il faut le doter des moyens nécessaires.
Bavaud souhaite achever d'ici la fin de l'année la transformation du SRC. D'ici là, «je veux un service plus léger, plus efficace et doté de structures plus claires», a poursuivi le nouveau directeur. Le but est de «faire du renseignement».
Le SRC veut moderniser ses instruments
Et pour ce faire, il faut des instruments modernes. La nouvelle loi sur le renseignement y contribuera. Elle donnera davantage de moyens au SRC pour combattre l'espionnage, les cyberattaques et l'extrémisme violent.
Mais il faut également des investissements technologiques. Le renseignement est en effet fortement touché par les changements dans ce domaine. Et l'avantage n'est pas du côté des Etats.
Et Bavaud de souligner qu'Amazon dépense en six heures ce que le SRC dépense en une année. Et les «Big 4» (Google, Apple, Meta et Amazon) dépensent eux ces 123 millions en deux heures. «Il n'y a pas de comparaison possible.»
En attendant ces moyens supplémentaires, «nous travaillons avec les ressources que nous avons», a précisé Bavaud.
Il faut développer la collaboration
Serge Bavaud met également la priorité sur la collaboration avec les cantons et les partenaires internationaux. «Aucun service de renseignement ne peut agir isolément.»
Les partenaires ont déjà massivement augmenté leurs moyens. Et ils attendent de même de la Suisse, a encore souligné le directeur.
En conclusion, il a rappelé que le scénario le plus probable était le renforcement de la guerre hybride qui existe déjà. Celle-ci comporte plusieurs facettes, comme la désinformation, les attaques d'infrastructures essentielles et les tests à distance de drones. La Suisse est déjà touchée. (tib/ats)
