Comment l'armée suisse a «perdu» 350 millions
Avec la guerre en Ukraine et les récentes tensions diplomatiques, de nombreuses voix s'élèvent pour des crédits supplémentaires pour l'armée suisse. La semaine dernière encore, l'Association des sociétés militaires suisses (ASM) s'indignait du budget «honteusement» faible alloué à la sécurité et de «l'immobilisme» helvétique en la matière.
Si plusieurs solutions sont étudiées pour un financement additionnel, au premier rang desquelles une hausse de la TVA, de nouvelles informations viennent nuancer ce besoin criant de fonds.
Selon 20 Minuten, une partie du budget militaire n'a en effet pas été dépensé en 2025. Et ce alors que le Parlement avait validé une hausse de 530 millions pour cette même année.
D'après le média alémanique, il s'agirait d'environ 350 millions de francs de crédits non utilisés, principalement liés aux retards de livraison du système de défense aérienne Patriot. Le Conseil fédéral aurait communiqué ce montant à la commission des finances la semaine dernière.
Des chiffres différents
Ces fonds se retrouvent désormais «perdus» pour l'armée suisse, relate 20 Minuten. Le média rappelle que la constitution de réserves est strictement limitée pour ce qui est du budget fédéral. Les «restes de crédit» non dépensés se retrouvent en effet automatiquement affectés à la réduction de la dette de la Confédération.
A noter que le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), articule des chiffres sensiblement différents. Contacté par 20 Minuten, il affirme que les dépenses inférieures aux prévisions ayant un effet sur le frein à l’endettement s’élèvent à environ 410 millions de francs.
Sur cette somme, près de 394 millions de francs devraient être versés dans des réserves affectées. Le DDPS contribuerait en outre à la réduction de la dette fédérale à hauteur d’environ 16 millions de francs.
Une volonté «absurde»
Quoi qu'il en soit, ces révélations viennent donner du grain à moudre aux opposants à un financement supplémentaire pour l'armée. Parmi eux, la socialiste bâloise Sarah Wyss, présidente de la commission des finances du Conseil national.
Elle déclare à 20 Minuten:
Egalement joint par le média alémanique, l'UDC saint-gallois Michael Götte comprend la réallocation des fonds à la dette fédérale, vu qu'il s'agit d'une obligation légale. «Mais nous avons voté ces crédits pour renforcer la défense. Il est donc évidemment frustrant qu’ils ne puissent pas être utilisés à cette fin», ajoute-t-il. (jzs)
