Le patron d’un kebab a eu a coeur de livrer la commande d’un client à temps – et ce au détriment de la loi: le prévenu a changé la plaque d'immatriculation de la voiture de livraison, ce qui a valu à un collaborateur d’être arrêté par la police. Et ce n'est qu'un des nombreux délits commis par le prévenu cette année.
L'accusé ne semble pas trop se formaliser avec les papiers des véhicules: en août déjà, il avait été arrêté, à Berne, au volant alors qu'il avait déposé son permis de conduire pour plusieurs mois. Il est, en outre, accusé d’usurpation d’identité: lors de ce contrôle de police, il aurait refusé de donner son nom et inscrit une fausse date de naissance avec le nom de son frère.
L’office de la circulation de Lucerne n'est pas non plus en bons termes avec ce Syrien d'origine qui vit dans l'agglomération de la capitale suisse. En raison de factures impayées, il n'a pas rendu – malgré un rappel – une plaque d'immatriculation lucernoise et un permis de circulation.
En plus des infractions au code de la route, les autorités ont aussi constaté des infractions au code du travail. Ainsi, le prévenu a vendu de la bière dans son kebab sans disposer de l'autorisation nécessaire. Ce n'est pas un oubli, comme l'écrit le ministère public:
En outre, l'accusé employait en cuisine un requérant d'asile qui, en raison de son statut de séjour, ne peut travailler qu'avec une permission. L'accusé possède également un snack-bar à Lucerne, où il a également fait livrer des pizzas par deux requérants d'asile (statut de séjour N) avec leurs propres voitures.
Tout ceci va lui coûter cher, notamment parce qu'il avait déjà été condamné à des peines pécuniaires en 2023 et au printemps 2024. Celles-ci ont maintenant été révoquées et une peine globale a été prononcée.
Avec la peine pécuniaire, l'amende et les frais, l'homme doit payer un total de 11 000 francs.
Un coup d'œil sur le menu du kebab permet de faire le calcul: pour gagner une telle somme, il devra vendre près de 800 kebabs. Espérons que cette fois-ci, les employés seront embauchés légalement et que les voitures porteront de vraies plaques d'immatriculation.
Traduit de l'allemand par Anne Castella