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Pour ces Suisses, la pandémie de Covid-19 n'est pas terminée

De nombreuses personnes doivent encore porter un masque dans les transports publics. Et ce n'est pas par paranoïa.
De nombreuses personnes doivent encore porter un masque dans les transports publics. Et ce n'est pas par paranoïa.

Pour ces Suisses, la pandémie de Covid-19 n'est pas terminée

Pour une grande partie de la population, la pandémie est terminée. Mais si les mesures sanitaires sont tombées, le virus circule encore. Du côté des personnes dont le système immunitaire est affaibli, rien n'a changé. Elles doivent toujours se protéger, au risque de limiter leurs contacts sociaux. Des voix s'élèvent pour demander l'autorisation rapide de nouveaux médicaments.
13.05.2023, 08:0013.05.2023, 11:03
Christoph Bernet / ch media
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La pandémie de Covid-19 n'est pas terminée. Si les mesures de protection ont désormais disparu et que pour beaucoup, le quotidien de 2023 ne ressemble plus à celui des années précédentes, la propagation du virus ne faiblit pas.

Ce sont des analyses de données issues des eaux usées qui le montrent: le Sars-Cov-2 circule toujours fortement en Suisse. Cependant, les hôpitaux ne sont pas surchargés et n'enregistrent plus que quelques admissions pour cas graves. La raison: l'immunité au sein de la population s'est considérablement renforcée.

Un taux d'anticorps bas

La pandémie n'a pourtant pas pris fin pour tout le monde. Notamment pour les personnes qui, en raison de maladies préexistantes, sont considérées comme des patients à haut risque et doivent absolument éviter une infection au Covid.

Pour nombre d'entre elles, leur système immunitaire est affaibli, que ce soit à cause de la maladie en tant que telle, de traitements ou de prédispositions héréditaires. Au centre du problème: le taux d'anticorps, qui reste bas malgré la vaccination ou une infection.

Pour David Haerry, qui vit depuis 40 ans avec le virus du VIH, la situation n'est pas tenable. L'homme de 62 ans est cofondateur et président de Conseil positif, un comité d'experts qui défend les intérêts des personnes vivant avec le Sida et l'hépatite. Et il lance un signal d'alarme:

«On a complètement oublié les personnes immunodéprimées»
David Haerry, président de Conseil positif

Les immunodéprimés, ce sont ces personnes dont le système immunitaire est particulièrement faible, notamment à cause des maladies infectieuses, auxquelles s'intéresse David Haerry.

Continuer à éviter les foules et porter le masque

L'homme comprend volontiers que la grande majorité de la population «en a marre du Covid» et souhaite aller de l'avant. Mais il rappelle que les patients immunodéprimés ne peuvent pas se permettre ce luxe. Pour eux, la situation est différente et reste hautement à risque.

Beaucoup d'entre eux n'ont d'autre choix que de continuer à éviter les foules et de porter un masque, comme le reste de la population au temps des mesures sanitaires. David Haerry témoigne:

«J'ai une connaissance atteinte de sclérose en plaques. Par peur de la contagion, elle reste à la maison et évite même les visites à l'hôpital»
David Haerry, président de Conseil positif

«La solidarité a disparu»

Anna Troelsen, 28 ans, est également immunodéprimée. Cette étudiante en droit et collaboratrice d'un cabinet d'avocats a été diagnostiquée à l'âge de 14 ans avec de l'arthrite et une scoliose. Traitée à la cortisone, elle développe une ostéoporose due au traitement.

Et si l'étudiante sort certes de chez elle et voit des amis, elle demande à ceux-ci, à chaque fois, s'ils sont malades ou pourraient l'être. «Pendant la phase intensive de la pandémie, s'il y avait le moindre doute, tout le monde restait chez soi pour ne pas mettre les autres en danger», relève-t-elle.

«Aujourd'hui, on me traite parfois d'hystérique lorsque je pose la question»
Anna Troelsen, 28 ans, immunodéprimée

Pour la jeune femme, la solidarité avec les personnes fragiles a disparu maintenant que la phase importante de la pandémie est terminée.

Efficacité perdue

L'automne dernier, l'autorité de contrôle des produits thérapeutiques Swissmedic a autorisé une combinaison d'anticorps du fabricant Astrazeneca, commercialisée sous le nom d'Evusheld. Ce médicament destiné à éviter la contraction du Covid-19 a apporté aux personnes vulnérables un petit espoir de retrouver une vie sociale exempte de danger.

Mais avec la mutation du virus, l'efficacité d'Evusheld a été perdue. L'autorité américaine de contrôle des médicaments (FDA) a même retiré l'autorisation de mise sur le marché du médicament en janvier, car il ne sert plus à rien contre les variantes virales en circulation.

Un autre produit dérivé de l'Evusheld, censé être efficace contre toutes les variantes du virus, est actuellement en phase de test. En France, il devrait être autorisé provisoirement sous peu.

Motion au Conseil fédéral

Par le biais d'une motion soutenue par l'ensemble des partis, la conseillère nationale Verena Herzog (UDC/TG) a requis une motion au Conseil fédéral afin d'entamer les négociations pour l'acquisition des médicaments correspondants dès que les données de sécurité et les données pharmacologiques sont disponibles, conformément au modèle français.

Cela devrait permettre un accès rapide à ces nouveaux médicaments anti-Covid. En mars déjà, la politicienne a interpellé le Conseil fédéral à ce sujet lors de la séance de questions au Conseil national.

Verena Herzog, Nationalraetin SVP TG, vom ueberparteilichen Abstimmungskomitee ''Nein zur Ehe fuer alle'' lanciert den Abstimmungskampf und praesentiert die Argumente des Komitees, ...
Verena Herzog.Image: keystone

La réponse de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) n'a pas suffi à Verena Herzog, qui se référait à l'époque à des résultats d'études cliniques encore en suspens.

«Plus vite les nouvelles thérapies seront accessibles, plus vite les personnes concernées seront protégées et pourront travailler et participer à la vie en société»
Verena Herzog, conseillère nationale (UDC/TG)

Les autorités devraient informer la population prochainement sur ce sujet.

Des autorisations trop lentes

David Haerry approuve cette demande. «La Suisse a un problème avec la vitesse d'autorisation des médicaments et des vaccins contre les maladies infectieuses», assure-t-il. On l'a vu par exemple avec le vaccin contre la variole du singe. Il n'y a pas d'autorisation d'urgence et les procédures accélérées ne sont possibles que dans une mesure très limitée.

L'autorité de contrôle des produits thérapeutiques Swissmedic renvoie quant à elle aux bases légales de l'ordonnance Covid et de la loi sur les produits thérapeutiques. Celles-ci autorisent l'administration de nouveaux médicaments pour les personnes immunodéprimées, sous conditions ou dans le cadre d'études d'efficacité, avant que la procédure formelle d'autorisation ne soit terminée.

«Je trouve cela injuste»

L'OFSP suit de près le développement de nouveaux médicaments prophylactiques contre le Covid-19 et explique être en contact avec les différents fabricants.

Anna Troelsen est elle aussi favorable à des procédures d'autorisation accélérées et simplifiées. Elle explique avoir souffert d'effets secondaires parfois violents avec des médicaments autorisés de série. Pour elle, ce sont justement les personnes à risque, qui restent exclues de la vie en société, qui devraient pouvoir faire une évaluation individuelle des risques sous conseil médical.

«Je trouve cela injuste que l'on nous prive d'un médicament qui pourrait nous soulager, de manière catégorique et pendant une période inutilement longue»
Verena Herzog, conseillère nationale (UDC/TG)

Traduit et adapté par Pauline Langel

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