En Italie, les propriétaires du bar «auraient été arrêtés»
L'incendie de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 119 blessés, aurait pu et «dû être évitée», a affirmé lundi devant la presse l'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado.
Présent lundi à l'aéroport de Sion pour le rapatriement des corps de cinq des six adolescents italiens décédés après le drame, l'ambassadeur a estimé que« cette tragédie aurait pu» et «dû être évitée grâce à la prévention et au bon sens». Il a pointé du doigt les «nombreuses lacunes en matière de sécurité et de prévention» du bar.
Le feu qui a ravagé le bar Le Constellation a été provoqué, selon l'enquête, par des bougies dites «fontaines» dans le sous-sol de l'établissement. Les victimes sont principalement des adolescents et de jeunes adultes.
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«Nous suivrons l'enquête de manière à ce que la vérité soit connue au plus vite et que justice soit rendue. Ce sera la demande pressante que nous adresserons à la Suisse», a ajouté le diplomate.
Les corps de cinq des six adolescents italiens décédés dans l'incendie du bar étaient en cours de rapatriement lundi en Italie, quatre jours après ce drame qui continue de soulever interrogations et critiques - notamment côté italien - à propos des potentielles erreurs commises. Les cercueils, de couleur crème, ont été transportés depuis le centre funéraire de Sion jusqu'à l'aéroport militaire.
L'avion transportant les corps, qui a décollé peu après 12h, devait d'abord déposer quatre cercueils à Milan avant le cinquième à Rome, selon les autorités italiennes.
Une décision controversée
Une enquête pénale a été ouverte contre le couple de Français propriétaires du bar, Jacques et Jessica M., pour «homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence».
Ils n'ont pas été placés en détention provisoire ou assignés à résidence, les autorités valaisannes estimant qu'«il n'y a aucun soupçon» qu'ils veuillent prendre la fuite. Une décision qui a également suscité des critiques. «En Italie, ils auraient été arrêtés», a affirmé lundi l'ambassadeur italien, Gian Lorenzo Cornado.
L'enquête doit notamment faire la lumière sur la conformité des travaux réalisés par les gérants, les matériaux utilisés, les voies de secours, les moyens d'extinction ainsi que sur le respect des normes en matière d'incendie, selon les autorités. La commune de Crans-Montana, elle, a annoncé s'être portée partie civile pour «apporter activement sa contribution à l'établissement complet des faits». (jzs/afp)
