
Mathias Reynard s'est longuement entretenu avec Blick au sujet du drame de Crans-Montana.Image: Keystone / watson
Mathias Reynard s'est livré à Blick et revient, dans une longue interview, sur les premières heures après le drame du Constellation. Il révèle avoir eu recours à un soutien psychologique pour encaisser le choc. Les moments forts en citations.
05.02.2026, 14:1305.02.2026, 16:01
Le président du gouvernement valaisan s'est entretenu avec Blick, plus d'un mois après le terrible drame qui a touché la station de Crans-Montana, ôté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés.
Lors de l'hommage du 9 janvier à Martigny, Mathias Reynard avait touché au cœur tout un pays par la profondeur et la justesse de son discours, porté par le silence solennel d'une nation meurtrie.
Depuis, son gouvernement et lui-même travaillent corps et âme pour épauler les victimes de cette tragédie. Ils viennent de débloquer dix millions de francs destinés à une fondation indépendante, chargée de soutenir les proches touchés par le drame. Le Valais assumera l'intégralité des frais de rapatriement et de funérailles, indépendamment de la situation financière des familles.
Les premiers instants après le drame?
«Je ne me suis pas réveillé, parce que je ne me suis pas couché»
Des proches touchés par le drame?
«Comme président du gouvernement, je devais gérer la crise, mais j’avais évidemment peur pour les miens aussi. J’ai donc fait des téléphones et des messages, attendant avec fébrilité les réponses»
Sur son arrivée à Crans-Montana:
«On a de la peine à réaliser sans avoir vu»
Soutien psychologique et phase critique
Pour digérer, Mathias Reynard a demandé un soutien psychologique:
«Pour que je puisse continuer à bien faire mon travail, j’ai eu besoin de soutien, sinon j’aurais eu de la peine à continuer»
«Et je pense que c’est important de le dire. Ce n’est pas une honte ou un tabou»
Il poursuit:
«On doit pouvoir prendre un minimum soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres. Si on n’arrive pas à dormir, si on n’a pas les instruments pour faire face, à la fin, on ne tient pas le coup»
Il souligne le travail admirable, mais...
«on est aujourd’hui dans une phase où les critiques et les doutes sont parfois formulés, et c’est légitime»
«Il y a de nombreux blessés très graves. L’un d’entre eux vient de décéder, d’autres sont encore entre la vie et la mort»
Après le drame, rencontrer les familles n'était pas simple:
«Pour moi, c’était le moment le plus terrible»
«Parce que nous n’avions pas de réponse»
«Les hôpitaux avaient des difficultés à identifier certains patients qui étaient très, très gravement blessés»
«C’est clair que des liens se sont tissés. Ces moments sont vraiment très forts. Ces liens resteront sans doute pour toujours»
Il revient sur ses paroles ce fameux 9 janvier
«J’ai essayé d’écrire ce que j’avais dans les tripes. Et puis, aussi, pour donner un peu d’espoir à la jeunesse. Ce n’est pas normal, à cet âge-là, de vivre ça. C’est insupportable!»
Emmanuel Macron, sans micro pour prendre la parole, pourquoi?
«Le président Macron a été un très fort soutien pour nous, il a tenu à venir alors qu’il n’y avait pas de prise de parole prévue»
Et les médias dans tout ça?
«L’agressivité envers les équipes et les pressions sur les familles ne sont pas acceptables»
Mais...
«J’aimerais souligner qu’il s’agit d’attitudes minoritaires et que l’immense majorité des journalistes a travaillé avec respect, dignité et retenue»
Et concernant l'épisode de l'Hôpital de Sion...
«ça ne s’est pas produit»
Mais par contre...
«L’Hôpital a toutefois dû mettre en place un système de sécurité parce que certains journalistes étaient assez intrusifs, ce qui est regrettable»
Les failles de l'enquête
Reynard ne peut rien dire, sauf...
«La séparation des pouvoirs est très forte dans notre pays. C’est un principe fondamental et fondateur des démocraties»
Et de poursuivre:
«Si le gouvernement commençait à se mêler de l’enquête et à donner son avis sur la justice, ce serait une faute grave»
Pour le copinage reproché au canton du Valais, Reynard explique:
«Les clichés sur le canton, je me suis toujours battu pour la transparence et contre les conflits d’intérêts»
Et de tacler certains avocats...
«Ce grand théâtre auquel on assiste parfois, mis en scène par certaines personnes dans ces moments terribles, qu’est-ce que ça apporte?»
L'après Crans-Montana
Reynard le martèle, la Suisse doit être irréprochable:
«Dans notre pays, on doit pouvoir sortir s’amuser sans se mettre en danger. Ce qui est arrivé est insupportable»
«Ce drame nous rappelle aussi que les lois ne sont pas là pour embêter les gens»
Mais le plus important, après le drame du Nouvel An:
«De vivre ensemble. On n’oubliera jamais. Un important travail doit être fait pour qu’on n’oublie jamais»
Et affirme...
«nous travaillons à la création d’une Fondation en soutien aux victimes et à leurs proches. Je veux dire aux familles qu’on n’oubliera pas, qu’on ne tournera pas la page»
Il conclut:
«Nous avons une responsabilité collective d’être présents sur la longue durée»
(svp)
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