Ils doivent passer leurs examens en plein deuil national: «Je suis choquée»
A quelques jours ou quelques heures du début des épreuves, les révisions de dernière minute se heurtent aux larmes, à la peine, à l’impossibilité de se concentrer, et aux agendas des universités, dont les examens semestriels sont prévus de longue date. Avec une même question sur les lèvres des étudiants inquiets et en deuil: que se passe-t-il si l’on n’arrive pas à se présenter?
Pour Louise*, Lausannoise de 18 ans et étudiante à Genève, le choc est encore difficile à digérer. «Ce sont des gens que je connaissais de loin, pas d’amis proches, mais je suis choquée quand même», confie-t-elle. Elle ajoute:
Elle s'indigne par ailleurs que les examens aient été maintenus le vendredi 9 janvier, jour de deuil national, alors qu'une minute de silence est prévue à travers le pays à 14 heures. Un point que son université dit comprendre. «Il est prévu que chacun puisse observer une minute de recueillement à 14 heures, y compris dans le cadre d’examens, dont certains débutent cette semaine», nous répond Antoine Guenot, attaché de presse pour l'Université de Genève.
Et de préciser que les étudiants comme les collaborateurs ont été informés mardi. «Si l’impact de ce drame devait empêcher un-e étudiant-e de se présenter à un examen, la procédure appliquée serait identique à celle prévue en cas d’inaptitude à présenter des évaluations pour raison de santé», ajoute l'université. A savoir la présentation d'un certificat médical et un formulaire d’«absence à un examen» à compléter.
A l’Université de Neuchâtel, un examen prévu ce vendredi 9 janvier à 14 heures sera décalé de quelques minutes pour respecter l'hommage, et l’institution rappelle qu’un étudiant qui se présente «atteste par sa présence de son aptitude à le passer». Ceux qui ne peuvent pas doivent déposer «une demande d’absence accompagnée de justes motifs», explique Nando Luginbühl, porte-parole de l'établissement. Autrement dit, là encore, pas d’indulgence automatique, mais des possibilités de s’arranger, à condition de fournir les pièces demandées.
Entre règles strictes et assouplissement ponctuel
Joseph*, 19 ans, vit et étudie à Lausanne. Il a découvert que l'horaire de son premier examen, prévu vendredi à 15 heures, en plein hommage national, n'a pas été modifié.
Du côté de l’Université de Lausanne, on assure avoir transmis un message clair en interne: les facultés «sont invitées à déplacer l’examen à un autre jour ou retarder le début de l’épreuve d’une demi-heure ou d’une heure» lorsque cela est matériellement possible, détaille Géraldine Falbriard, responsable des relations médias. Ceci afin de respecter la minute de silence, suivie du carillon des cloches des églises suisses.
L’Unil n’accorde pas de passe-droit, mais là encore, ses règles permettent aux étudiants de se retirer d’un examen grâce à «un certificat médical attestant de l’incapacité de travail», à fournir «généralement sous trois jours, sauf empêchement majeur attesté par un document écrit officiel».
Un report facilité pour les premières années
Pour Jason*, 19 ans, étudiant à l’EPFL, la question n’est pas logistique, mais mentale. «Je n’arrive pas à réviser.»
L’école polytechnique a pris les devants: «Les étudiants en première année pourront bénéficier d’examens différés, qui seront organisés du lundi 2 février au vendredi 13 février», assure Corinne Feuz, directrice adjointe et porte-parole de l'école.
Les autres étudiants «qui ne seraient pas en mesure de passer les examens» peuvent simplement ne pas se présenter, puis transmettre rapidement un certificat médical.
L’EHL adopte un ton plus personnel
L'Ecole hôtelière de Lausanne, qui a communiqué sur la perte d’un de ses étudiants dans l'incendie, nous répond que les examens commencent comme prévu, mais affirme que tout étudiant affecté peut se reporter sur une prochaine session.
Par ailleurs, l’école dit prévoir une cérémonie commémorative interne.
Pas de session annulée, mais des solutions
Ainsi, aucune université ou haute école ne prévoit de suspension générale de sa session d’examen, mais toutes mettent en avant des mécanismes existants. Comme le martèle avec inquiétude Louise:
Quid du sort d’un élève en deuil qui raterait ses examens? Sur ce point, seule l’Université de Neuchâtel s’est prononcée, expliquant qu’il existe «des procédures spéciales de repêchage des cas-limites si des étudiants sont en échec définitif.»
