«Les poussées de croissance chez les ados brûlés sont un défi»
Les cliniques de réadaptation de Sion et de Bellikon, en Argovie, prendront en charge les victimes de brûlures de la tragédie de Crans-Montana. Gianni Roberto Rossi, directeur général des deux établissements, explique comment les deux cliniques se préparent, et ce qui attend les patients.
👉 L'actualité en direct sur le drame de Crans-Montana, c'est par ici
Monsieur Rossi, lorsque vous avez entendu parler de la tragédie de Crans-Montana, qu’est-ce qui vous est venu à l’esprit?
Gianni Roberto Rossi: J'ai d'abord eu un profond sentiment de compassion pour les personnes directement touchées. J’ai pensé aux victimes, mais aussi à leurs familles et à leurs proches. Ensuite, s’est posée rapidement pour nous la question de savoir comment, en tant que cliniques, nous pouvions nous préparer à temps à l’accueil des patients. Nous avons l’habitude de la réadaptation des victimes de brûlures, c’est notre spécialité, et nous voulons répondre aux demandes de la meilleure manière possible.
Nous mettrons tout en œuvre pour pouvoir aider toutes les personnes qui auront besoin de nous.
Combien de victimes de brûlures de Crans-Montana les cliniques peuvent-elles accueillir?
Je ne peux pas donner de chiffre précis, et il n’existe pas de plafond maximal.
Jusqu’à présent, nous traitions chaque année entre 30 et 40 victimes de brûlures dans les deux cliniques Suva de Bellikon et de Sion. La gravité des blessures varie: chez certains patients, 30% de la surface corporelle est touchée, chez d’autres jusqu’à 70%. Il est clair que nous devons désormais augmenter nos capacités.
L’enjeu pour nous est d’estimer au mieux le nombre de patients à venir. Nous ne savons par exemple pas encore précisément combien de patients actuellement à l’étranger viendront chez nous.
Quand est prévue l'arrivée des premiers patients?
Dans notre clinique de Sion, dès cette semaine. Il s’agit de patients présentant des blessures relativement légères, que nous pouvons pour l’instant prendre en charge sans difficulté.
A quoi ressemble la réadaptation des victimes de brûlures?
La réadaptation vise à restaurer les fonctions et à traiter les troubles apparus à la suite d’un accident ou d’une maladie. Pour cela, nous disposons d’une équipe pluridisciplinaire. Le programme de réadaptation est élaboré individuellement pour chaque personne, en collaboration avec les chirurgiens de l’hôpital universitaire.
Celui-ci est assuré par une équipe infirmière spécialisée ainsi que par une équipe thérapeutique spécialisée qui accompagne la mobilisation progressive. Le suivi psychologique est également central, comme pour d’autres types de blessures.
Combien de temps faut-il avant de pouvoir dire qu’une victime de brûlures est rétablie physiquement et psychiquement?
Cela varie beaucoup d'une personne à l'autre. Pour les blessés graves, je peux seulement dire qu'il faut plusieurs mois avant que le patient arrive chez nous. Et le séjour chez nous durera également plusieurs mois. Le programme de réadaptation est conçu et adapté en continu en fonction de l'évolution de l'état du patient. La durée nécessaire pour surmonter les blessures est également très individuelle, et cela prend plusieurs années.
En quoi la réadaptation des adolescents diffère-t-elle de celle des adultes?
Chez les adolescents, la question de l’environnement est différente. Les parents jouent un rôle important. A ma connaissance, les plus jeunes victimes de brûlures de Crans-Montana sont des adolescents, et, dans l’ensemble, la thérapie ne diffère pas de manière significative de celle des adultes.
A quel moment les victimes de brûlures peuvent-elles quitter la clinique de réadaptation?
Il arrive un moment où un centre comme le nôtre, avec un cadre stationnaire intensif, n’est plus nécessaire. Mais cela ne veut pas dire que la guérison est terminée pour autant. La thérapie et le suivi peuvent se poursuivre en ambulatoire.
Traduit de l'allemand par Anne Castella
