La Suisse s'est immobilisée à 14h00 vendredi lors de la journée nationale de deuil en hommage aux victimes du dramatique incendie de Crans-Montana du 1er janvier. Une minute de silence a été observée, alors que les cloches des églises résonnaient dans tout le pays. Sur le plan juridique, le propriétaire du bar où s'est produite la tragédie a été arrêté.
A Martigny (VS), une cérémonie inédite dans l'histoire suisse, a rassemblé près de 700 invités, dont 150 proches des victimes, des officiels et des secouristes. Des représentants politiques d'une trentaine d'Etats, de l'Union européenne et du Parlement européen, dont les présidents français Emmanuel Macron et italien Sergio Mattarella, étaient sur place.
Une délégation du Conseil fédéral comprenant Ignazio Cassis et Beat Jans, emmenée par son président Guy Parmelin, ainsi que plusieurs gouvernements cantonaux étaient présents.
«La mémoire de cette épouvantable nuit éclaire les visages des 156 victimes, leurs jours heureux, leur insouciance», a dit le président de la Confédération. Notre pays est «consterné» face à cette tragédie, a-t-il relevé. Et d'ajouter: la Suisse «s'incline devant la mémoire de celles et de ceux qui ne sont plus, elle est au chevet de celles et de ceux qui s’apprêtent à entamer un long chemin de reconstruction».
En ce jour de deuil national, la Suisse tout entière forme «une seule et même famille d'affligés», a continué Guy Parmelin. Il a évoqué «un jour de mémoire que nous devons aux disparus et aux blessés», mais aussi un «jour d'amour» pour les familles, proches et amis, ainsi que pour toutes les personnes qui ont pris part «au drame national de Crans-Montana».
Le Vaudois a aussi mentionné la justice qui, «sans retard ni complaisance», devra dévoiler «les manquements au grand jour et les sanctionner». C'est «une responsabilité morale en plus d'être un devoir d'Etat», a-t-il affirmé.
Seconde personnalité politique à prendre la parole à Martigny, le président du gouvernement valaisan, Mathias Reynard, a aussi évoqué «ce moment de fête et d'amitié qui s'est transformé en cauchemar». Des sanglots dans la voix, il s'est adressé aux proches des victimes, affirmant qu'il n'y avait pas eu «un seul instant» sans que ces personnes soient «dans nos pensées».
Il a ajouté que «des jeunes ont perdu la vie, sans que rien dans tout cela ne soit de leur faute». Et de continuer: «Alors nous, comme adultes, nous comme responsables politiques, la moindre des choses que l'on puisse faire, c'est de présenter des excuses au nom de toute la communauté», a-t-il dit.
Mathias Reynard a aussi remercié, en allemand, anglais et italien, les pays qui ont «tendu la main» pour aider la Suisse à faire face à ce drame. Il a particulièrement remercié les présidents français Emmanuel Macron et italien Sergio Mattarella, présents à Martigny, dont les pays ont aussi été «durement touchés» par la tragédie.
