Voici où vous pourrez croiser les robotaxis d'Uber en Suisse
Le prestataire de transport Uber entend mettre en circulation des taxis autonomes en Suisse. Selon l’agence de presse Reuters, l’entreprise américaine prévoit de lancer ce service d’ici la fin de l’année dans 15 villes à travers le monde. Outre Madrid et Hong Kong, Zurich fait partie des destinations retenues. Uber exploite déjà, en collaboration avec des entreprises comme WeRide ou Waymo, des taxis autonomes dans des villes américaines telles qu’Atlanta et San Francisco, ainsi qu’à Abu Dhabi.
Dara Khosrowshahi, PDG d’Uber, déclare que les «robotaxis» exploités via la plateforme Uber présentent un taux d’utilisation plus élevé et des temps d’attente plus courts que les services autonomes indépendants.
Il y a tout juste un mois, la start-up canadienne Waabi a annoncé avoir conclu un partenariat avec Uber. Les 25 000 premiers taxis autonomes qu'elle produira seront exclusivement réservables via Uber. Waabi investit 1 milliard de dollars dans l'opération. Le fournisseur de technologie qui sera retenu à Zurich n’a toutefois pas encore été annoncée.
Baidu s’installe à Zurich
Uber n’est pas la seule entreprise à expérimenter des véhicules autonomes en Suisse. A Arbon (TG), un bus de ligne autonome circule déjà, bien qu’il soit pour l'heure toujours accompagné d’un conducteur de sécurité.
Dans la vallée zurichoise de la Furta, deux véhicules autonomes sont en circulation depuis novembre, mais, eux aussi, sont toujours accompagnés de conducteurs de sécurité et sans passagers.
A l’avenir, une flotte plus importante devrait être intégrée au réseau des transports publics pour transporter des passagers sur un parcours de 110 kilomètres, avec environ 460 arrêts fixes. L’objectif est de mieux relier les habitants des zones peu densément peuplées aux gares. Les véhicules pourront être réservés via une application.
L'exploitation commerciale devrait démarrer au premier semestre 2026. A ce moment-là, les véhicules ne seront plus surveillés qu'à distance. Le projet, baptisé «Iamo», implique les cantons de Zurich et d’Argovie, les CFF et le Swiss Transit Lab. La technologie de conduite autonome est fournie par le prestataire chinois WeRide.
Un essai pour CarPostal
Un projet similaire est mené par CarPostal en Suisse orientale en collaboration avec les cantons de Saint-Gall, Thurgovie, les deux Appenzell, le TCS, l’Office fédéral des transports et l’Office fédéral des routes. Les premiers essais accompagnés ont débuté en décembre, alors que des clients sont attendus à bord dans le courant de l'année.
Les trajets à la demande seront ensuite intégrés à l’offre régulière des transports publics à partir de 2027. Les tarifs n’ont pas encore été fixés, mais ils devraient dépasser ceux des transports publics classiques. Le projet prévoit 25 taxis électriques autonomes fournis par le prestataire chinois Baidu. Selon CarPostal:
Le choix de ce partenaire n’est pas fortuit: Baidu a ouvert l’année dernière un centre européen pour la mobilité autonome à Zurich. La Suisse est, après Dubaï, le deuxième marché hors de Chine où Baidu lance son système nommé «Apollo Go».
Le transport à la demande pas plébiscité
Contrairement à Uber, Baidu ne souhaite toutefois pas déployer de taxis autonomes en milieu urbain. «Nous ne voulons pas créer une offre supplémentaire là où un système bien développé existe déjà», a déclaré Yong Gessner, directeur Europe du groupe Intelligent Driving de l’entreprise, dans un entretien avec le promoteur de sites Greater Zurich Area. Les robotaxis devraient circuler là où aucune offre n’existe encore, c’est-à-dire dans les régions périphériques.
Les expériences menées avec le transport à la demande, soit la possibilité de réserver des taxis ou minibus via une application comme partie intégrante de l'offre de transports publics, ont déjà montré qu’ils peinent à s’imposer dans les villes suisses face à la densité de l’offre des transports publics classiques. Zurich a, par exemple, arrêté son service «Pikmi» en 2022, estimant son potentiel insuffisant.
Les véhicules autonomes sont désormais autorisés en Suisse grâce à une modification législative survenue l’année dernière. L'Office fédéral des routes peut autoriser ces services sur des trajets approuvés spécifiquement.
(traduit et adapté par btr)
